Grande-Bretagne : le scandale lié aux masques Covid de la baronne Mone continue de susciter des controverses à Londres

Au Royaume-Uni, les révélations concernant le lucratif trafic de Michelle Mone, membre non élue de la Chambre des Lords, mettent en lumière les contrats douteux conclus par le gouvernement britannique pendant la pandémie.

Malgré le fait que le Royaume-Uni soit le pays le plus endeuillé de l’Ouest de l’Europe avec 220 700 décès liés au Covid-19, cela n’a pas affecté la sérénité de Michelle Mone, âgée de 52 ans. L’ex-mannequin écossaise, femme d’affaires dans le domaine de la lingerie et membre à vie de la Chambre des Lords (ce qui lui confère le titre de baronne), affirme ne pas comprendre ce qu’elle a fait de mal. Lors d’une entrevue dimanche sur la BBC, elle a admis avoir menti à la presse, mais estime que ce n’est pas un crime.

Michelle Mone est suspectée d’avoir obtenu environ 34 millions d’euros de fonds publics en revendant, en 2020, des masques et des blouses de protection acquis à Hong Kong par « PPE MedPro ». Cette société peu transparente aurait rapporté une grande partie de ses bénéfices au « Warren Trust », dont l’un des bénéficiaires est Douglas Barrowman, le mari de Michelle Mone.

Lorsque le scandale a éclaté l’année dernière, la baronne a vigoureusement nié toute malversation. Selon ses dires, le gouvernement était informé de la situation. Dépassée par la pandémie, l’équipe du Premier ministre Boris Johnson avait assoupli les critères d’appels d’offres afin de fournir rapidement du matériel aux hôpitaux. Face à l’afflux de malades, de nombreux professionnels de la santé étaient contraints d’utiliser des sacs-poubelles pour se protéger.

Les masques et blouses vendus à prix élevé par Michelle Mone auraient pu être des sauveurs s’ils avaient été fonctionnels. Malheureusement, ne répondant pas aux normes requises, ils ont été jugés inutilisables et n’ont donc jamais été distribués par le ministère de la Santé.

Face aux récentes déclarations de Michelle Mone, le Premier ministre conservateur, Rishi Sunak, a exprimé, ce lundi 18 décembre, un vif intérêt pour cette affaire. L’opposition travailliste, qui se dirige vers une victoire aux élections législatives d’ici janvier 2025, promet une enquête sur les lucratifs contrats liés au Covid. Déjà fin 2022, une commission parlementaire avait dénoncé des achats inappropriés d’équipements médicaux en pleine pandémie. Sur les 14 milliards d’euros de fonds publics dépensés, les trois quarts ont été gaspillés dans des produits soit non livrés, soit inutilisables.

Didier Maréchal

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