Tchad : un projet de nouvelle Constitution approuvé par référendum avec 86% des voix

Les Tchadiens ont voté le dimanche 17décembre, pour ou contre une nouvelle constitution. Celle-ci est censée préparer le terrain à un retour des civils au pouvoir. Le « oui » l’a emporté avec 86% des suffrages. Les résultats définitifs doivent être proclamés par la Cour Suprême le 28 décembre prochain. (Source : AFP).

La commission électorale tchadienne a annoncé les résultats, ce dimanche 24 décembre. Les Tchadiens ont adopté à 86% une nouvelle Constitution dans le cadre d’un projet de loi soumis par la junte militaire au pouvoir depuis deux ans et demi, une étape-clé dans le retour des civils au pouvoir.

« Ils ont transformé les résultats, montés depuis longtemps pour les rendre publics aujourd’hui. C’est une honte pour le pays » dénonce auprès de l’AFP Yoyana Banyara, président du Bloc Fédéral qui a appelé à voter « non » au scrutin. Pour Max Kemkoye, le président du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) qui appelait au boycott, « le taux de participation serait moins que ce que la CONOREC a annoncé, tout le monde a vu le jour du vote le boycott a été respecté. »

Le taux de participation au référendum du 17 décembre est de 63,75%, a annoncé la commission électorale. L’institution se félicite de la bonne tenue du vote ne relevant que des « dysfonctionnement mineurs ». « Les Tchadiens ont voté pour l’État unitaire fortement décentralisé à 86%. Cependant il faudrait aussi écouter les 14% des Tchadiens qui ont voté non à travers le message qu’ils veulent porter », relève le porte-parole de la coalition pour le « oui ».

Pour une partie de l’opposition et de la société civile, ce scrutin s’apparente à un plébiscite destiné à préparer l’élection du président de transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno et perpétuer une « dynastie » initiée par son défunt père il y a 33 ans, déjà à l’issue d’un coup d’État.

Les résultats définitifs doivent être proclamés par la Cour Suprême le 28 décembre prochain.

Ce référendum constitue une étape-clé vers le retour au pouvoir aux civils promis par la junte militaire et finalement repoussé à fin 2024.

Joseph Kouamé

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