La France a fermé son ambassade au Niger « jusqu’à nouvel ordre », a annoncé, ce mardi 2 janvier, le ministère des Affaires étrangères, à peine deux semaines après le départ des dernières troupes françaises du pays, à la suite d’un coup d’État ayant renversé un allié clé de Paris. (Source : AFP).
La fermeture de l’ambassade à Niamey (Niger) marque l’un des derniers chapitres de la réduction de la présence française dans son ancienne colonie à la suite du coup d’État de juillet ayant placé le pays entre les mains de dirigeants militaires.
« L’ambassade de France au Niger est désormais fermée jusqu’à nouvel ordre », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant que la mission continuerait ses activités depuis Paris. Il a déclaré que, pendant les cinq mois suivant le coup d’État, « notre ambassade a été confrontée à de sérieux obstacles rendant impossible l’accomplissement de ses missions », notamment un blocus autour de la mission. La plupart du personnel, y compris l’ambassadeur expulsé par les nouveaux dirigeants militaires, sont partis il y a quelque temps.
Les militaires ont renversé le dirigeant élu, Mohamed Bazoum, le 26 juillet 2023, et ont annulé les accords de défense avec la France, son partenaire traditionnel en matière de sécurité. Bazoum reste assigné à résidence à Niamey. Le dernier contingent des quelque 1 500 soldats français déployés dans le pays pour lutter contre une insurrection djihadiste a quitté le Niger le 22 décembre.
Malgré le retrait français, d’autres nations occidentales conservent une présence au Niger. Les États-Unis d’Amérique ont déclaré, en décembre dernier, qu’ils étaient prêts à reprendre la coopération avec le Niger à condition que son régime militaire s’engage dans une transition rapide vers un gouvernement civil. Un responsable états-unien a déclaré, en octobre 2023, que Washington maintenait environ 1 000 militaires au Niger, mais n’entraînait plus activement ou n’assistait plus les forces nigériennes.
Des effectifs moindres de forces allemandes et italiennes restent également, l’Occident cherchant à éviter que la Russie ne cherche à combler le vide créé par le retrait français.
Joseph Kouamé