Le président polonais Andrzej Duda a gracié, mardi 23 janvier, deux anciens ministres du précédent gouvernement, emprisonnés pour des accusations d’abus de pouvoir, et a appelé à leur libération immédiate de prison, dans la lignée des demandes du principal parti d’opposition du pays, le parti « Droit et Justice » (PiS).
L’ancien ministre de l’Intérieur, Mariusz Kaminski, et son adjoint, Maciej Wasik, ont été arrêtés le mois dernier dans le palais présidentiel à Varsovie pour des soupçons d’abus de pouvoir. Tous deux ont entamé une grève de la faim durant leur détention, affirmant être des « prisonniers politiques », alors que des dizaines de milliers de militants du PiS ont manifesté dans le pays pour réclamer leur libération.
Andrzej Duda, allié du PiS, a déjà gracié les deux politiciens lors de leur première inculpation, en 2015, avant que la Cour Suprême invalide cette décision, arguant qu’une grâce présidentielle ne pouvait intervenir avant la fin du processus judiciaire.
La Cour a rouvert l’affaire et a condamné en décembre les deux hommes à deux ans de prison. Andrzej Duda a indiqué avoir ouvert la procédure de grâce présidentielle dès les premiers jours de leur emprisonnement.
Le nouveau Premier ministre polonais, Donald Tusk, veut rompre avec la politique de ses prédécesseurs nationalistes du PiS, qui a été au pouvoir pendant huit années marquées par des accusations de subversion d’Etat, et ce alors qu’il a accédé au poste de premier ministre en perdant les élections législatives, récoltant 30,7% des votes (tandis que le PIS a terminé premier avec 35,38%), mais obtenant la majorité à l’assemblée nationale par son alliance avec tous les partis de gauche et extrême gauche. Fort de cette fausse victoire à la majorité tronqué, Donald Tusk, en « bon garant de la Démocratie pro-occidentale » qu’il est, a, à peine élu, licencié tous les emplois de la télévision et médias publiques, faisant même stoppé leur diffusion, car ceux-ci étaient majoritairement de droite, ce qui, forcément, ne doit pas être autorisé « au nom du bien de gauche ».
Didier Maréchal & Christian Estevez