Iran : l’ex-président modéré Rohani empêché de se présenter à une élection clé – signe d’une radicalisation islamiste accrue?

Hassan Rohani, ex-président de l’Iran de 2013 à 2021, est exclu de se présenter comme candidat à l’Assemblée des experts, responsable de désigner le guide suprême de la République islamique. Cette décision pourrait avoir des répercussions significatives puisque Rohani fait parti des « modérés ». (Avec RFI).

L’Assemblée des experts réunit 88 religieux iraniens, élus pour huit ans. Ensemble, ils seront chargés, le moment venu, de désigner le prochain guide suprême de la République islamique. « Le guide Ali Khamenei a bientôt 85 ans. Il y a fort à parier que la prochaine législature de l’Assemblée des experts soit celle qui va désigner son successeur », explique Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran pour le centre de recherche « Etopia ».

En tant que dirigeant religieux modéré, Hassan Rohani a signé l’accord sur le nucléaire iranien pendant sa présidence jusqu’en 2021. Cependant, depuis lors, les factions les plus conservatrices ont pris le dessus au sein de la République islamique. « La disqualification de Rohani montre qu’il y a la volonté d’écarter des personnes qui pourraient peser sur le choix du prochain guide. On est dans une pré-phase de la succession de Khameneï », reprend Jonathan Piron.

Hassan Rohani a siégé pendant près d’un quart de siècle au sein de l’Assemblée des experts. L’instance qui vient de l’écarter s’appelle « le Conseil des gardiens ». Elle aura aussi la charge de sélectionner les candidats pour les élections législatives du 1er mars prochain en Iran, en même temps que l’élection des membres de l’Assemblée des experts.

Joseph Kouamé

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