Allemagne : l’AfD connaît un revers électoral en Thuringe à la suite des manifestations contre l’extrême droite

Ce dimanche 28 janvier, l’extrême droite allemande a subi un revers électoral à la suite de manifestations d’une ampleur inédite dans le pays contre son programme, mettant ainsi fin à une dynamique ascendante qui semblait inarrêtable depuis des mois. (Source : AFP).

Le parti « Alternative pour l’Allemagne » (AfD) a échoué dans sa tentative de remporter une deuxième présidence de canton lors des élections locales du district de Saale-Orla, en Thuringe, dans la région Est-allemande. Son candidat, Uwe Thrume, n’a obtenu que 47,6 % des voix au second tour du scrutin ce dimanche 28 janvier, améliorant d’à peine 1,9 point son score de premier tour, alors que son rival conservateur a profité d’un fort report de voix pour terminer à 52,4 %.

Expulser des immigrants

La défaite de l’AfD, qui partait favorite, a été obtenue « grâce à la mobilisation de la société civile », a estimé le numéro deux de la région de Thuringe, le social-démocrate Georg Maier.

Ce scrutin avait valeur de test au moment où des manifestations de grande ampleur se déroulent depuis environ deux semaines contre ce parti et son programme jugé raciste par ses détracteurs. Le week-end dernier, le nombre de participants avait été évalué à 1,4 million par les organisateurs.

Cette mobilisation de la société civile a été déclenchée par des révélations de presse qui ont créé un séisme en Allemagne : des membres de l’AfD, parti anti-immigrants et anti-système, ont discuté en fin d’année dernière d’un plan d’expulsion massive du pays d’étrangers et de « citoyens non assimilés ».

Olaf Sholz impopulaire

Un sondage de l’institut Insa réalisé dans le sillage des premières manifestations a fait état récemment d’un recul des intentions de vote pour l’AfD à 21,5 % contre 23 % auparavant.

Reste qu’Afd demeure le deuxième parti le plus populaire d’Allemagne dans les sondages derrière l’opposition conservatrice au chancelier social-démocrate Olaf Scholz. Il est porté par la hausse de l’immigration et l’impopularité record de la coalition gouvernementale au pouvoir.

Dans ce contexte, de plus en plus de voix appellent à couper les fonds publics à l’AfD, d’autant que le parti est dans le collimateur des services de renseignement. Ses branches régionales de Thuringe et Saxe-Anhalt ont été placées sous surveillance en raison de leurs positions jugées très radicales – ce qui ne serait pas moins un déni de Démocratie, celle-ci garantissant la liberté de conscience, d’opinion et de leurs expressions.

Didier Maréchal

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