Michel Jazy, légende du sport et de l’athlétisme français, est mort

Star de l’athlétisme français dans les années 1960, le demi-fondeur Michel Jazy est décédé à l’âge de 87 ans. « Jazy a marqué notre sport par ses résultats et ses records du monde, c’était une grande figure du sport français », a réagit Pierre Weiss, ancien directeur à la FFA et intime de la famille. (Source : AFP).

Auteur de neuf records du monde, dix-huit d’Europe et quarante-neuf de France, l’éclectique Michel Jazy, brillant du 800 au 5.000 m, n’est jamais parvenu à toucher l’or olympique mais reste l’une des premières stars de l’athlétisme tricolore. C’est la Fédération français d’athlétisme qui annonce sa disparition, « l’ange de la piste n’est plus », confirmant une information du journal sportif « L’Équipe ».

Jazy, dont le décès à l’âge de 87 ans a été annoncé ce 1 février, nait en 1936 dans une famille de mineurs polonais d’Oignies, non loin de Lille, et grandit dans la même rue où, quelques années plus tard, un autre champion d’athlétisme, Guy Drut, fera ses premiers pas. Le premier vivra ses déceptions olympiques en 1960, à Rome, puis en 1964 à Tokyo, deux éditions où il était parmi les favoris, quand le second triomphera du 110 m haies en 1976, à Montréal.

Mauvais élève mais redoutable sportif, Jazy enfant excelle en football et court pieds nus, excepté lors de sa première course officielle qu’à dix ans, il accomplit en… sabots, au milieu des adultes, pour terminer avec les honneurs.

Après la mort de son père, vaincu en 1948 par la silicose, et l’obtention à l’arraché de son certificat d’études, Jazy rejoint sa mère à Paris où il continue de s’adonner au foot et à la course tout en enchaînant les petits boulots, notamment un emploi de typographe à « L’Équipe ».

Licencié au CO Billancourt, le jeune homme devient, à 17 ans, champion de France cadet du 1000 m, un titre non reconnu car il ne possède toujours pas la nationalité française (qui, à cette époque, s’obtenait à l’âge de 18 ans et en passant par le service militaire obligatoire – NDLR).

Polonais puis Français à 18 ans

En 1956, il décroche son premier titre national sur 1500 m, officiel celui là, devançant pour la première fois de sa carrière son rival de toujours Michel Bernard. Retenu pour les Jeux de Melbourne, il y noue une relation filiale avec Alain Mimoun qui deviendra en Australie champion olympique du marathon à 36 ans.

Pris sous l’aile de Gaston Meyer, patron du journal « L’Équipe », Jazy peut concilier un emploi aménagé et un entraînement spécifique qui l’amène en état de grâce et en « outsider » de poids aux Jeux de Rome, en 1960. Sur 1500 m, il est dominé par l’invincible australien Herb Elliott dans une course folle lancée par Michel Bernard. Mais sa médaille d’argent et son record de France provoquent un véritable engouement populaire dont il profite allègrement pendant quelques semaines.

De Perrier au Parc des Princes

Champion d’Europe du 1500 m en 1962, il établit le premier de ses neuf records du monde sur 2 000 m, puis enchaîne par le 3 000 et arrive en favori du 5 000 m aux Jeux de Tokyo, dont il a fait son objectif.

Gourmand, trop rapide pour engager le sprint, Jazy doit céder dans les derniers mètres et, quatrième, laisser les médailles à l’états-unien Bob Schul, suivi de l’Allemand Harald Norpoth et d’un autre états-unien, Bill Dellinger.

Frustré, il passe son année 1965 à battre des records, dont quatre du monde, cinq d’Europe et neuf de France durant le seul mois de juin, dans un fabuleux « mano a mano » avec l’Australien Ron Clarke. Autant de courses qui eurent droit à leur retransmission télévisée, fait unique à l’époque.

Champion d’Europe du 5 000 m et médaillé d’argent sur 1 500 mètres en 1966 à Budapest, il quitte les pistes en octobre de la même année, à Saint-Maur, en améliorant le record du monde du 2 000 m.

Commence alors une reconversion commerciale réussie, chez « Perrier », « Adidas » puis à la direction de la Société du Parc des Princes, si intense qu’elle lui vaut une alerte cardiaque dans les années 80.

Toujours au fait des choses du demi-fond français, il n’avait cessé de suivre, depuis sa résidence dans les Landes, le parcours des Français dans les grands championnats.

Kevin Negalo

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