Irlande du nord : La nouvelle Première ministre évoque un référendum sur l’unification dans les dix ans

Après une période de deux ans de paralysie politique, Michelle O’Neill, 47 ans, est devenue la première dirigeante politique favorable à l’unification à être nommée à la tête du gouvernement nord-irlandais, ce samedi 3 février.

Lors d’une interview sur « Sky News », elle a exprimé sa vision d’une « décennie d’opportunités », évoquant notamment la possibilité d’un référendum sur l’unification de l’Irlande.

La nouvelle Première ministre nord-irlandaise Michelle O’Neill (Sinn Fein), qui a officiellement été nommée ce samedi 3 février 2024, a évoqué ,ce dimanche 4 février, un référendum sur l’unification de l’Irlande dans les 10 ans qui viennent, lors d’une interview diffusée au lendemain de son accession historique à la tête du gouvernement local.

« Mon élection au poste de Première ministre démontre le changement qui est en train de se produire sur cette île », a-t-elle déclaré dans une interview diffusée dimanche sur la chaîne « Sky News ». « Nous pouvons avoir le partage du pouvoir » entre républicains et unionistes attachés au maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni, « nous pouvons faire qu’il soit stable, nous pouvons travailler ensemble chaque jour en termes de services publics, et aussi poursuivre des aspirations légitimes », a-t-elle déclaré.

Interrogée sur la perspective d’un référendum sur l’unification de l’île au cours des 10 prochaines années, la vice-présidente du Sinn Féin, autrefois représentant politique de l’Armée Républicaine Irlandaise (IRA), a répondu positivement : « Oui. Je crois que nous sommes dans une décennie d’opportunités », « il y a tant de choses qui changent l’ancienne norme, la nature de l’Etat, le fait qu’un républicain nationaliste n’était jamais censé être Premier ministre », a poursuivi Michelle O’Neill, « tout cela parle de ce changement ».

« Aucune perspective réaliste »

De son côté, le gouvernement britannique ne « voit aucune perspective réaliste » d’un tel référendum et pense que l’avenir de l’Irlande du Nord est « assuré pour les décennies qui viennent » au sein du Royaume-Uni, dans un document publié cette semaine.

Après la victoire de son parti aux élections de mai 2022, la cheffe du Sinn Fein en Irlande du Nord s’était trouvée empêchée de prendre ses fonctions, en raison du boycott par les unionistes du DUP des institutions partagées, issues de l’ « accord du vendredi Saint » de 1998, qui a mis fin à trois décennies de conflit qui ont fait 3 500 morts.

Le DUP dénonçait, dans les dispositions commerciales post-Brexit, une menace sur la place de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni, mais a conclu cette semaine un accord avec le gouvernement britannique, toutefois loin de faire l’unanimité chez les unionistes.

Didier Maréchal

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