Israël a réagi aux récentes requêtes de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice. Pretoria accuse Israël de violer la Convention sur le génocide et a sollicité des juges l’émission de nouvelles mesures d’urgence.
Le 26 janvier, la Cour Internationale de Justice avait prescrit plusieurs mesures à Israël, dont l’autorisation du passage de l’aide humanitaire. Lundi 12 février, avec la situation critique à Rafah et la menace d’une opération militaire, alors qu’un million de déplacés s’accumulent dans le Sud de l’enclave, l’Afrique du Sud a sollicité de nouveaux engagements des juges. Israël a formulé sa réponse.
« Moralement répugnant », répond Israël sur trois pages. Une réponse dont la tonalité n’est pas habituelle devant cette Cour de l’ONU. Israël affirme catégoriquement respecter le droit international, soulignant avoir démontré cet engagement à la fois par des paroles et des actions, comme indiqué dans sa réponse à la Cour.
Deux semaines après la première injonction des juges, Pretoria attire l’attention sur la situation à Rafah. Cependant, Israël rappelle que l’offensive militaire dénoncée par l’Afrique du Sud dans le Sud de l’enclave n’a pas eu lieu, qualifiant cette nouvelle demande de tentative cynique visant à utiliser la Cour « comme une épée plutôt qu’un bouclier ». L’Afrique du Sud souhaite que la Cour gère la conduite des hostilités, affirment les avocats d’Israël, qui maintiennent que les opérations à Rafah visent toujours les bataillons du Hamas.
Les juges devraient rendre leur décision rapidement. Dans leur première ordonnance du 26 janvier, ils avaient enjoint à Israël de soumettre un rapport sur la mise en œuvre des mesures prescrites. Ce rapport doit être remis aux juges d’ici le 26 février, et ces derniers pourraient éventuellement modifier les mesures déjà décidées.
Joseph Kouamé