Guerre Russie-Ukraine : Selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), l’aide occidentale à la guerre en Ukraine a dépassé le Plan Marshall

Odile Renaud-Basso, directrice de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), a établi une comparaison entre l’aide financière accordée à l’Ukraine et le plan Marshall de reconstruction de l’Europe à la suite de la deuxième Guerre mondiale.

Lors d’une interview pour le média états-unien « Politico », la directrice de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), Odile Renaud-Basso, s’est exprimée sur l’aide à l’Ukraine, qu’elle qualifie «d’énorme». «L’aide financière de l’UE est beaucoup plus importante en termes réels que n’importe quel plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale en termes de pourcentage du PIB», a-t-elle déclaré.

Odile Renaud-Basso évoque l’ample plan d’investissement associé à George Marshall, ancien secrétaire d’État états-unien, mis en place à la fin des années 1940 pour soutenir la reconstruction de 16 pays, principalement en Europe Occidentale. Cet investissement économique a joué un rôle crucial dans le redressement de l’Europe après les dévastations de la deuxième Guerre mondiale. Le plan Marshall a mobilisé un total de 13 milliards de dollars entre 1947 et 1951, représentant 1,2% du PNB des Etats-Unis d’Amérique à l’époque. Cela équivaudrait à 145 milliards de dollars en 2017, ajusté pour l’inflation, comme le rappelait le journal français « Le Monde ». En soulignant que depuis février 2022, les pays soutenant Kiev se sont engagés à hauteur d’au moins 246 milliards d’euros sur les plans militaire, financier et humanitaire, le même quotidien rappelle que cela dépasse de plus de 100% le PIB annuel de l’Ukraine, qui était d’environ 200 milliards de dollars en 2021.

Le 1er février dernier, les 27 États membres de l’Union Européenne se sont mis d’accord sur une nouvelle aide de 50 milliards d’euros accordés à l’Ukraine malgré la résistance du premier ministre Hongrois Viktor Orban. La France, elle, a dépensé plus de 3 milliards d’euros depuis le début de la guerre, selon un rapport parlementaire de novembre dernier (auxquels il faut, à présent, à jouter les 3 milliards d’euros promis par Emmanuel Macron à Volodymyr Zelensky, ce vendredi 16 février). La situation est plus complexe outre-Atlantique : aux États-Unis d’Amérique, malgré le feu vert du Sénat, les démocrates n’ont pas réussi jusqu’à présent à débloquer la somme de 60 milliards prévus pour l’Ukraine, qui est toujours bloquée à la Chambre des représentants par les républicains.

«Trouver un équilibre»

Odile Renaud-Basso s’interroge d’ailleurs sur les répercussions du soutien à l’Ukraine pour les populations des différents États européens. «Par rapport à la marge réelle dont les dirigeants de l’UE disposent dans leur budget pour financer des mesures supplémentaires pour leur population, ce n’est pas un compromis facile», souligne-t-elle. Les dirigeants européens doivent «trouver un équilibre», selon elle, entre le soutien à l’Ukraine et le financement des «priorités nationales».

La BERD connaît bien la problématique des reconstructions puisque l’organisme a été créé en 1991, à l’initiative du président français François Mitterrand, pour soutenir la restauration des pays de l’ex-URSS. Aujourd’hui, elle couvre 72 pays, y compris l’Ukraine, à qui elle a octroyé plus de trois milliards d’euros sous forme de prêts depuis le début de la guerre en 2022. Parmi ses multiples actions, la BERD aide l’Ukraine à acheter du gaz, ou à produire de l’électricité lorsque les centrales sont mises hors de fonctionnement par les bombardements russes. «Nous allons augmenter nos investissements en Ukraine», a annoncé ce jeudi Odile Renaud-Basso, interrogée par le quotidien belge « L’Écho ».

Didier Maréchal

Laisser un commentaire