Antisémitisme : 9 000 artistes appellent à l’exclusion d’Israël de la Biennale de Venise – Le ministre de la culture leur fait une réponse cinglante

Suite à l’Eurovision et à la Berlinale, la Biennale de Venise se retrouve également au centre d’une polémique antisémite se cachant derrière un pseudo-humanitaire pro-palestinien.

À l’approche de l’ouverture imminente de la Biennale de Venise, l’éminente manifestation d’art contemporain se retrouve secouée par des préparatifs agités : 8 731 artistes ont apposé leur signature sur une lettre ouverte appelant à « l’exclusion de l’État d’Israël de la Biennale de Venise ». Ils précisent que « donner une tribune à un art représentant un État impliqué dans des atrocités continues contre les Palestiniens de Gaza est inacceptable. Pas de pavillon du génocide à la Biennale de Venise ». Le ministre italien de la Culture n’a pas simplement écarté l’idée d’exclure Israël de la Biennale de Venise, mais a vivement critiqué ceux réclamant cette exclusion dans un message incisif.

Parmi les signataires notables de la lettre ouverte appelant à exclure le pavillon national israélien figurent Jesse Darling, lauréat du prix Turner 2023, et Faisal Saleh, directeur du Musée palestinien des États-Unis d’Amérique. Le collectif « Alliance Art Non Genocide » (ANGA), à l’origine de la lettre, invoque la décision prise il y a deux ans par la Biennale d’interdire toute personne liée au gouvernement russe en signe de protestation contre l’invasion de l’Ukraine. « La Biennale est restée silencieuse sur les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens. Nous sommes consternés par ce deux poids deux mesures (…) L’art ne se produit pas dans le vide et ne peut effacer des vérités violentes (…) ».

Les signataires soulignent que la biennale a déjà connu des demandes « visant à ce qu’elle reconnaisse les atrocités commises par ses participants » auparavant. « De 1950 à 1968, en raison d’une condamnation mondiale généralisée de l’apartheid et d’appels au boycott, l’Afrique du Sud a été dissuadée de participer et mise à l’écart lorsque la biennale a attribué des espaces ». Après cette mise à l’écart, l’Afrique du Sud avait été officiellement exclue des pavillons jusqu’au référendum signant l’abolition de l’apartheid, au début des années 1990.

La réponse cinglante du ministre de la Culture

Le ministre italien de la Culture, Gennaro Sangiuliano, a immédiatement réagi dans un communiqué en affirmant que : « le diktat de ceux qui pensent détenir la vérité et qui, avec arrogance et haine, pensent pouvoir menacer la liberté de pensée et d’expression créative dans une nation démocratique et libre comme l’Italie est inacceptable et honteux. Israël a non seulement le droit d’exprimer son art, mais il a aussi le devoir de témoigner de son peuple, précisément à un moment comme celui-ci où il a été attaqué de sang-froid par des terroristes sans pitié. La Biennale sera toujours un espace de liberté, de rencontre et de dialogue, et non un espace de censure et d’intolérance ».

Dans la foulée, le ministre israélien de la culture, Miki Zohar, a remercié Gennaro Sangiuliano pour « son soutien solide et professionnel » : « l’art est un pont entre les cultures et entre les peuples, et nous continuerons à nous opposer fermement aux tentatives de boycott d’Israël dans les forums internationaux », a déclaré Miki Zohar dans un communiqué.

La 60ème exposition internationale d’art aura lieu du samedi 20 avril au dimanche 24 novembre 2024. Israël fera donc bien partie des 88 participants nationaux.

Les appels au boycott d’Israël pour la Biennale de Venise, ne sont pas uniques. Les demandes de boycott de l’État hébreu dans le cadre du concours Eurovision de la chanson se multiplient ces derniers mois. De plus, lors des récentes cérémonies de remise de prix dans le monde du cinéma, acteurs et cinéastes ont saisi l’opportunité pour dénoncer l’offensive israélienne à Gaza. Les déclarations de personnalités primées à la Berlinale samedi soir, affirmant que l’armée israélienne commet un génocide à Gaza, ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique allemande.

Il est tout de même important de noter que, en excluant la Russie de pratiquement toutes les activités et cérémonies culturelles internationale depuis le début de sa guerre contre l’Ukraine, mais ne l’ayant jamais fait, entre autres, pour les Etats-Unis d’Amérique qui a, entre autres, été envahir l’Irak, le deux poids de mesures est réel et donne, hélas, une opportunité aux antisémites de s’appuyer sur ce relativisme idéologique de la condamnation envers un pays, pour propager leur haine « des juifs », comme si tous les juifs du Monde – et plus particulièrement ceux israéliens – étaient responsables de la politique de l’actuel premier ministre Netanyahou (qui, pour le coup, avec cette offensive militaire dirigée contre le Hamas dans la bande de Gaza, se justifie de par les massacres que ce mouvement terroriste a perpétué le 7 octobre 2023).

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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