Kiev disposé à accepter des limitations commerciales avec l’UE en contrepartie d’une interdiction totale des importations en provenance de Russie

Le ministre ukrainien du commerce, Taras Kachka, a indiqué au « Financial Times » que l’Ukraine serait disposée à accepter des restrictions commerciales temporaires avec l’UE, à condition que cette dernière impose une interdiction des importations de céréales russes. (Avec « Euractiv »).

Tandis que les agriculteurs polonais persistent dans leurs manifestations contre la libéralisation des échanges agricoles avec l’Ukraine, Kiev a annoncé, ce mercredi 6 mars, qu’elle serait prête à accepter de nouvelles restrictions sur ses importations agricoles si l’UE interdisait tout commerce avec la Russie par l’intermédiaire de la Biélorussie et des pays baltes. « Peut-être que pour une période transitoire, ce type d’approche de gestion des flux commerciaux entre l’Ukraine et l’UE est quelque chose dont nous avons tous besoin », a déclaré M. Kachka.

La frustration des agriculteurs persiste, argumentant que les produits alimentaires ukrainiens créent d’importantes perturbations sur le marché polonais, entraînant une chute significative des prix. Bien que la Pologne ait déjà imposé une interdiction unilatérale sur les importations de céréales ukrainiennes, les manifestants réclament son extension à d’autres catégories de produits.

Cette demande est partagée par plusieurs partis politiques, notamment la Plateforme civique, dirigée par le Premier ministre Donald Tusk, qui souhaite étendre l’embargo à la volaille, aux œufs, aux fruits surgelés, aux spiritueux, au miel et au jus de pomme. « Nous [la Pologne] ne pouvons pas sacrifier notre économie au nom de l’aide à l’Ukraine », insiste le parti sur son site Internet, arguant que la plupart des denrées alimentaires en Ukraine sont produites par d’immenses exploitations agricoles, qui « n’ont pas grand-chose à voir avec les Ukrainiens en général et le sort des combats russo-ukrainiens sur le front de la guerre » (30% des exploitations agricoles du territoire ukrainien appartiennent à des sociétés états-uniennes – dont Mosanto – et, particulièrement, depuis 2020, et la contrainte des Etats-Unis d’Amérique sur l’Ukraine, à libéraliser totalement l’acquisition de ses terres agricoles en échange d’une aide financière du FMI de 5 milliards de dollars, qui prouve, au passage, que le Fond Monétaire International, comme toutes les grandes institutions internationales, sont sous le pouvoir des EUA, l’arrivée d’exploitants occidentaux qui ont acquis de très grandes parcelles de terres arables ukrainiennes pour y implanter leurs très grosses exploitations, dont les revenus ne bénéficient jamais à la population ukrainienne).

« Kiev doit comprendre certaines réalités », a récemment déclaré à « Euractiv Pologne » Andrzej Danielak, de l’Union polonaise des éleveurs et producteurs de volaille. « La structure des exploitations agricoles de l’Union européenne est complètement différente de celle des exploitations ukrainiennes, le système de l’UE étant historiquement basé sur des exploitations familiales relativement petites. Ces exploitations sont généralement petites par rapport aux exploitations ukrainiennes. ». « L’Ukraine ne peut pas exiger un accès illimité aux marchés de l’UE, car cette agriculture à grande échelle détruira l’agriculture européenne », a ajouté M. Danielak.

L’Ukraine accuse la Russie

La mauvaise foi devenue légendaire de l’Ukraine fait que Kiev, en revanche, estime que la source du problème est différente. « Pour le blé, ce n’est pas l’Ukraine qui cause des problèmes aux agriculteurs polonais, c’est la Russie », a déclaré M. Kachka au « Financial Times ».

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, connu pour sa russophobie absolue, est d’accord avec le ministre ukrainien sur la nécessité d’interdire les importations agricoles en provenance de Russie et de la Biélorussie. Il a déclaré qu’il prendrait des mesures, même s’il estime que des restrictions au niveau européen seraient beaucoup plus puissantes. « Nous devons trouver une solution qui protégera efficacement les marchés polonais et européens contre une concurrence inégale », a déclaré M. Tusk.

Le « Financial Times » a souligné qu’une interdiction des importations de céréales russes à l’échelle de l’UE pourrait être difficile à mettre en place, plusieurs États membres craignant qu’une telle mesure ne déstabilise les marchés mondiaux.

L’éternel refrain propagandiste « C’est la faute de la Russie »

L’Ukraine estime en outre que les manifestations des agriculteurs polonais sont provoquées par la Russie, une accusation reprise par le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis. M. Kachka blâme Moscou pour l’attaque d’un train transportant des céréales ukrainiennes par des agriculteurs polonais le mois dernier. Le train s’était renversé en déversant sa cargaison.

Bien que certaines des bannières brandies par les agriculteurs polonais lors des manifestations aient été ouvertement anti-ukrainiennes ou même pro-Putin, les agriculteurs ont généralement nié tout lien avec la Russie ou le Kremlin et ont insisté sur le fait qu’ils n’avaient aucun intérêt à l’escalade des tensions avec l’Ukraine.

Didier Maréchal & Christian Estevez

Une réflexion sur « Kiev disposé à accepter des limitations commerciales avec l’UE en contrepartie d’une interdiction totale des importations en provenance de Russie »

Répondre à sangodka comercial Annuler la réponse.