Russie : En réaction aux mesures hostiles des pays occidentaux, Moscou prend le contrôle d’une filiale du groupe italien « Ariston ».

Selon Moscou, les déclarations de plus en plus agressives et le ton adopté par les dirigeants occidentaux et leurs entreprises constituent une intention délibérée de menacer la sécurité de la Fédération de Russie.

La Russie a donc décider de riposter, utilisant le système de réciprocité que le droit international reconnait en cas de conflit.

La décision de Moscou de prendre le contrôle de la filiale russe du groupe italien « Ariston » (groupe de matériel de chauffage et de production d’eau chaude) a été prise « en réponse aux actions hostiles et contraires au droit international menées par les Etats-Unis et d’autres États étrangers qui se sont joints à eux », a fait savoir, ce lundi 29 avril, l’ambassade de Russie en Italie. Les « autorités italiennes ont sacrifié les véritables intérêts nationaux de la République pour participer à des aventures géopolitiques antirusses stériles et dangereuses », écrit l’ambassade sur Facebook.

Parmi les « actions hostiles » des pays occidentaux, l’ambassade a cité des mesures visant à « priver illégalement la Russie, des personnes morales et diverses personnes physiques du droit de propriété » concernant des « biens situés sur le territoire de ces États », faisant allusion aux actifs russes gelés en Europe après l’offensive russe en Ukraine.

L’Italie avait décidé, samedi 27 avril, de convoquer ce lundi l’ambassadeur russe pour demander des explications après que Moscou a annoncé faire passer la filiale d’ « Ariston Thermo Group » sous le «contrôle temporaire » du géant public russe de l’énergie « Gazprom ».

« La Fédération de Russie a fourni des explications détaillées sur la légalité et la validité des décisions prises concernant une société qui, de jure, est néerlandaise », a fait valoir l’ambassade. « La rhétorique et le ton de plus en plus agressifs et irresponsables des dirigeants occidentaux et de leurs entreprises ne peuvent être interprétés que comme une intention délibérée de menacer continuellement la sécurité de la Fédération de Russie, qu’elle soit nationale, économique, énergétique ou autre », poursuit-elle.

Une décision « sans fondement juridique » selon Rome

Dans un communiqué publié ce même lundi, le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré avoir souligné, auprès de l’ambassadeur russe à Rome, sa « forte déception après cette mesure inattendue et demandé à l’ambassadeur, Alexeï Paramonov, des éclaircissements sur ses raisons, qui n’ont aucun fondement juridique ».

Selon le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani, cette mesure a été prise à l’encontre d’une « entreprise qui a des racines historiques dans le pays et n’a aucun lien avec la crise internationale actuelle ».

Un porte-parole de l’Union Européenne avait condamné cette mesure, y voyant « une nouvelle preuve du mépris de la Russie pour la loi et les règles internationales », et appelant Moscou à revenir sur sa décision.

Berlin a également condamné la décision de Moscou qui a réservé le même sort à une filiale de l’allemand « Bosch, BSH Hausgeräte GmbH ».

Didier Maréchal

Laisser un commentaire