Des détournements de fonds prévus pour les travaux sont soupçonnés d’avoir causé l’impréparation des défenses terrestres ukrainiennes dans l’Est du pays. (Avec « Ouest-France »).
Depuis le déclenchement de l’attaque russe en direction de Kharkiv, vendredi dernier, des critiques virulentes ont été formulées sur la faiblesse des défenses terrestres de la zone frontalière, au Nord-Est de la deuxième plus grande ville d’Ukraine. Ces critiques émanent aussi bien de militaires affectés à des positions non fortifiées et mécontents du manque de moyens défensifs que de la société civile, qui a dénoncé certaines lacunes.
Des ouvrages de défense financés mais non édifiés
Lundi14 mai, Martina Boguslavets, du centre anticorruption Mezha, a révélé que des travaux défensifs d’une valeur de 163 millions d’euros ont été commandés par les autorités régionales de Kharkiv. Cependant, les fortifications projetées n’ont pas été complètement construites. En revanche, elles ont bel et bien été rémunérées, notamment à cinq sociétés fictives.
En raison de ce déficit de planification et de fortifications, le commandant militaire de la zone de Kharkiv a été remplacé par le général Mykhaïlo Drapatyi, qui a été un acteur majeur à Kherson en novembre 2022 et qui supervise désormais les opérations.
Course contre la montre
Certes, la réalisation des travaux était difficile. Initialement, il était impossible de construire des tranchées et des points d’appui près de la frontière sans risquer de devoir le faire sous le feu ennemi. Ensuite, le terrain escarpé et densément boisé (comme en témoignent des vidéos prises par les forces ukrainiennes) donne un avantage aux défenseurs ukrainiens, alors que les forces russes ont dû manœuvrer avec des appuis (artillerie, aviation et drones) réduits et d’un soutien de chars limité.
Cependant, l’infanterie russe a effectivement avancé et conquis environ cent kilomètres carrés en cinq jours. Ainsi, les militaires ukrainiens sont engagés dans une course contre la montre pour ériger des défenses terrestres robustes. Ce mardi 15 mai au matin, des travaux de terrassement étaient en cours le long de la route entre Kharkiv et la ville disputée de Vovtchansk, alors qu’une nouvelle avancée des forces russes était signalée sur plusieurs points du front (la Russie ayant pris 300 km2 en un mois).
Cette énième affaire de corruption ukrainienne avec les fortunes que lui donnent les pays de l’OTAN et autres pro-atlantistes, devrait faire un peu plus réfléchir toutes ces personnes qui considèrent qu’il faut toujours plus financer l’Ukraine pour sa guerre au lieu de chercher à stopper ce conflit, ce que les russes ne cessent de faire depuis deux ans.
Didier Maréchal