Royaume-Uni : Le Conseil de l’Europe s’alarme du traitement réservé à Julian Assange

Le créateur australien de « WikiLeaks », arrêté il y a cinq ans, est actuellement détenu dans une prison de Londres, dans des conditions très éprouvantes en quartier de haute sécurité, et se bat contre son extradition vers les États-Unis d’Amérique où il risque un procès sans respect de ses droits. (Source : AFP).

La rapporteuse de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a exprimé, ce mardi 14 mai, une « vive préoccupation concernant le bien-être » de Julian Assange à la suite d’une visite de deux jours à la prison de Belmarsh, au Royaume-Uni. Le fondateur australien de « WikiLeaks », arrêté il y a cinq ans au Royaume-Uni, est détenu dans cette prison londonienne et se bat contre son extradition vers les États-Unis d’Amérique.

Recherché par la justice états-unienne pour avoir divulgué plus de 700 000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques des Etats-Unis d’Amérique à partir de 2010, notamment les assassinats de journalistes, les tortures et autres crimes de guerre Irak et en Afghanistan, il risque jusqu’à 175 ans de prison.

« Le traitement sévère réservé à Julian Assange risque de dissuader d’autres personnes désireuses de communiquer des informations véridiques sur les conflits armés », s’est alarmée Sunna Aevarsdottir, parlementaire islandaise et à ce titre membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. « Qu’il soit extradé ou non, les poursuites engagées contre lui et sa longue détention risquent déjà de dissuader d’autres lanceurs d’alerte et journalistes de dénoncer les diverses transgressions commises par des gouvernements ou des acteurs privés puissants », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Lundi, un tribunal londonien se prononcera sur les garanties concernant le traitement de Julian Assange en cas d’extradition vers les États-Unis d’Amérique (le risque qu’il soit, en fait, possiblement condamné à mort par le biaisement de son procès – d’autant plus que, n’étant pas états-unien, il risque fortement de ne pas bénéficier de toutes les garanties d’équité et des droits assurées, uniquement, pour les citoyens des Etats-Unis d’Amérique, dans leur propre pays). En l’absence de garanties jugées satisfaisantes, Julian Assange pourra interjeter appel de son extradition, approuvée par le gouvernement britannique en juin 2022.

Si aucun recours n’est accordé, les partisans de Julian Assange ont averti qu’ils saisiraient la Cour européenne des droits de l’homme dans l’espoir de suspendre l’extradition. En avril, le président états-unien, Joe Biden, a annoncé que les États-Unis d’Amérique examinaient la demande de l’Australie d’abandonner les accusations d’espionnage portées contre Julian Assange.

Rappelons que, tant les Etats-Unis d’Amérique que l’ensemble des pays occidentaux qui, pour leur propagande russophobe, ont attaqué la Russie vis à vis du cas du politicien d’extrême droite et homme d’affaires corrompu, Alexeï Navalny, ne s’émeuvent absolument pas du sort, totalement injustifié, à Julian Assange qui, lui, a dévoilé les pratiques odieuses, violant tous les traités internationaux sur les pratiques en temps de guerre – dont particulièrement les crimes de guerre – perpétués par les EUA en Irak et en Afghanistan. Un « deux poids, deux mesures » que s’octroient toujours les Etats-Unis d’Amérique et ses vassaux occidentaux qui finira par devenir à tel point insupportable pour le reste du monde qu’ils en viendront, un jour, à la vengeance de ces injustices – la vengeance n’étant jamais bonne et ne faisant que prolonger les injustices.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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