Géorgie : la présidente, Salomé Zourabichvili, va mettre son veto à la loi sur « l’influence étrangère »

Salomé Zourabichvili, présidente de la Géorgie, a déclaré que la loi votée cette semaine au Parlement, déclenchant des manifestations dans le pays, « est inacceptable » en l’état et qu’elle y mettra son veto. (Source : AFP).

Dans une interview accordée à l’agence états-unienne « Associated Press », la présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, a vivement critiqué le parti au pouvoir, « Rêve Géorgien », pour avoir fait voter le projet de loi sur l’ingérence étrangère, qui est largement perçu par l’opinion, comme un « recul des aspirations de la Géorgie à rejoindre l’Union européenne. » Elle a réaffirmé son intention d’y opposer son veto car cela « va directement à l’encontre de l’esprit ou de la lettre des recommandations de l’UE ».

«C’est inacceptable parce que cela reflète un changement dans les attitudes géorgiennes envers la société civile, envers les médias et envers les recommandations de la Commission européenne, qui ne sont pas en accord avec notre politique déclarée de progression vers une intégration européenne », a ajouté Salomé Zourabichvili.

Le projet de loi, adopté ce mardi, oblige les médias, les organisations non gouvernementales et autres groupes à but non lucratif à s’enregistrer comme « poursuivant les intérêts d’une puissance étrangère » s’ils reçoivent plus de 20 % de leur financement de l’étranger. Le gouvernement affirme que ce projet de loi est nécessaire pour contrer ce qu’il considère comme des « acteurs étrangers nuisibles cherchant à déstabiliser le pays ».

Le « Mouvement national uni », parti d’opposition, accuse « Rêve géorgien » d’essayer d’entraîner la Géorgie dans la sphère d’influence de la Russie, allégations qu’il rejette. « Rêve géorgien » a été fondé par Bidzina Ivanishvili, ancien Premier ministre entre 2012 et 2013, et milliardaire qui a fait fortune en Russie.

L’opposition a d’ailleurs baptisé cette nouvelle loi, « loi russe », Moscou utilisant une législation similaire pour réprimer les médias indépendants, les organisations à but non lucratif et les militants critiques du Kremlin.

Pour Salomé Zourabichvili, « il est difficile de dire si le projet de loi a été au départ une initiative du parti au pouvoir ou si Moscou y a joué un rôle « , mais elle a souligné que le Kremlin « n’était pas satisfait des aspirations pro-occidentales de la Géorgie ». « Il est clair que Moscou ne voit pas d’un très bon œil le rythme accéléré de la Géorgie vers l’Union Européenne », a-t-elle ajouté.

La présidente peut compter sur le soutien de la rue qui, depuis plusieurs jours, manifeste dans la capitale et ailleurs dans le pays, pour réclamer le retrait de la loi. Mardi 14 mai après le vote définitif de celle-ci, les manifestants s’étaient violemment heurté à la police devant le Parlement géorgien.

Didier Maréchal

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