Le Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP, parti au pouvoir) en Côte d’Ivoire a annoncé, ce lundi 27 mai, que le chef de l’Etat actuel Alassane Ouattara, est son « candidat naturel » pour la présidentielle de 2025, un appel à ce dernier pour qu’il concourt à un quatrième mandat – donc une violation supplémentaire de la Démocratie.
« Nous nous sommes tous accordés pour dire que ce qui est en jeu, c’est la victoire éclatante du RHDP, la victoire de notre champion, de notre mentor, de notre candidat naturel, Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de 2025. », a déclaré Gilbert Koné Kafana, président du directoire du parti, lors d’une réunion ce lundi 27 mai, à Abidjan. « Toutes nos énergies doivent être tournées vers l’objectif : Gagner l’élection présidentielle au premier tour et avec un score suffisamment large pour annihiler toute contestation », a-t-il martelé. « C’est notre candidat et c’est la volonté du parti. Nous irons lui demander d’accepter », a soutenu pour sa part Kobenan Kouassi Adjoumani, le porte-parole du RHDP à la presse, à l’issue de la réunion.
L’élection présidentielle est prévue pour octobre 2025. Cependant, les appels à une candidature d’Alassane Ouattara, 82 ans, pour un quatrième mandat se sont intensifiés ces dernières semaines au sein du RHDP. Malgré ces appels, le président Alassane Ouattara ne s’est pas encore exprimé sur la question, bien que la Constitution actuelle, illégitimement modifiée en faveur de l’actuel président ivoirien pour lui permettre de dépasser les deux mandats consécutifs, selon l’ancienne constitution, lui permette de se porter candidat pour un nouveau mandat jusqu’en 2030. En face, son principal adversaire, l’ancien président Laurent Gbagbo, 78 ans, a été désigné candidat par son parti, le « Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire » (PPA-CI), même s’il est actuellement inéligible en raison d’une condamnation en 2018 pour des faits liés à la crise post-électorale de 2010-2011.
Si ces deux favoris venaient à être à nouveau candidats ce serait un drame de plus pour la Côte d’Ivoire, puisque, hélas, à l’instar d’un grand nombre d’autres pays africains, la population du pays est majoritairement très jeune mais n’a pas le droit d’accéder au pouvoir avant l’âge de 35 ans, selon la dernière constitution de 2016, manipulée par les plus anciens pour confisquer la démocratie, ayant même, lors de cette parodie de constitution démocratique, retiré la limite d’âge de 75 ans, et se trouve volée de la Démocratie par de vieux politiciens qui se sont toujours battu pour le pouvoir, dans ce pays qui, depuis son indépendance en 1960, n’a commun qu’un « père fondateur » (qualificatif poli qui cache la réalité du terme de « dictateur ») et des hommes qui ont déchiré leur pays pour leurs intérêts égoïstes, conduisant à des guerres civiles, dont les deux actuels « favoris », pour la prochaine élection – Ouattara et Gbagbo – qui ont joué aux chaises musicales du sous-fifre de Félix Houphouët-Boigny durant le faux régime démocratique de celui-ci, avec feu Konan-Bédié.
Christian Estevez