Pour obtenir le passeport allemand, les candidats devront reconnaître le « droit à l’Etat d’Israël à exister », mais également certaines autres obligations.
L’Allemagne a récemment modifié les conditions nécessaires pour accéder à sa citoyenneté, intégrant désormais des questions relatives à l’antisémitisme et à l’existence de l’État d’Israël.
Depuis le jeudi 27 juin et l’entrée en vigueur de la réforme sur l’obtention de la nationalité, les candidats à la citoyenneté sont désormais confrontés, lors de leur examen d’accès, à des questions intégrant « les thèmes de l’antisémitisme, du droit de l’État d’Israël à exister et de la vie juive en Allemagne », comme l’indique un texte du ministère de l’Intérieur allemand, relayé par CNN.
Contexte et réactions
L’Allemagne a révisé ses règles de naturalisation pour inclure des questions spécifiques sur le soutien à l’État d’Israël. Cette décision intervient dans un contexte où le gouvernement allemand affiche un soutien prononcé à Tel-Aviv depuis l’attaque du mouvement terroriste islamique Hamas le 7 octobre 2023, ce qui a suscité de nombreux débats en raison de la situation humanitaire à Gaza.
Certains critiques en Allemagne accusent la chancellerie de soutenir de manière inconditionnelle le gouvernement de Benjamin Netanyahu, au détriment de la liberté d’expression des pro-palestiniens.
Une “ligne rouge” tracée
La ministre allemande de l’Intérieur, Nancy Faeser, a qualifié ces changements d’”engagement en faveur d’une Allemagne moderne”. Elle a précisé que ceux qui partagent les valeurs allemandes et font des efforts peuvent obtenir un passeport allemand plus rapidement, sans renoncer à leur ancienne citoyenneté. Elle a ajouté : “Nous l’avons également dit clairement : celui qui ne partage pas nos valeurs ne pourra pas obtenir de passeport allemand. Ici, nous avons tracé une ligne rouge très claire et rendu la loi beaucoup plus stricte qu’auparavant.”
Avoir été condamné pour un acte antisémite ou raciste bloque ainsi d’emblée l’accès au précieux passeport rouge bardé d’un aigle fédéral, l’un des documents d’identité les plus puissants au monde. Pour certains délits, les agents des services de naturalisation doivent ainsi désormais se renseigner auprès du Procureur général afin de savoir si un quelconque motif antisémite a été détecté.
Comme en France, l’antisémitisme revient en force en Allemagne, alimenté par l’hostilité à l’offensive israélienne à Gaza en réaction à l’attaque sanguinaire du groupe islamiste terroriste Hamas contre Israël le 7 octobre dernier. Les actes antisémites ont ainsi augmenté de 80 % en 2023, selon un rapport publié mardi par l’Association fédérale des centres de recherche et d’information sur l’antisémitisme.
Joseph Kouamé