JO de Paris 2024 : un entraîneur de la fédération française de canoë-kayak interpellé et placé en garde à vue pour des violences contre des policiers

Guillaume Berge, 33 ans, a été placé en garde à vue la nuit de lundi à mardi pour rébellion et violence envers des policiers qui l’avaient intercepté dans le XIe arrondissement de Paris alors qu’il urinait dans la rue. (Avec Leparisien)

Ancien responsable des kayaks femmes à la Fédération française, Guillaume Berge a été placé en garde à vue dans la nuit de lundi à mardi 30 juillet, suite à un contrôle de police qui s’est mal passé, quelques heures après la victoire de Nicolas Gestin en canoë-slalom, aux Jeux Olympiques.

Le trentenaire a été interpellé vers 3 heures du matin dans le XIe arrondissement de Paris, au niveau du passage Louis-Philippe, par une patrouille de police. Alors qu’il urinait contre un mur en pleine rue et à la vue de tous. Il aurait d’abord tenté de fuir avant d’être maîtrisé par les forces de l’ordre après l’utilisation répétée d’un pistolet à impulsion électrique.

Le contrôle a eu lieu vers 2h50 du matin. Après avoir tenté de s’échapper, l’entraîneur, de grande stature, est tombé, entraînant avec lui un des policiers qu’il a ensuite frappé au visage. Il aurait, après cela, agressé et blessé deux autres agents venus en renfort, l’un au niveau du crâne et l’autre aux lèvres. Face à l’incapacité de maîtriser le sportif, un des policiers a utilisé son pistolet à impulsion électrique, d’abord sur la cuisse puis sur le dos à bout touchant, sans effet visible.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

« N’ayant aucun effet ni physique, ni dissuasif », selon une source policière, un des agents de police aurait asséné plusieurs coups à l’entraîneur afin de « l’inciter à se laisser faire et à cesser ses tentatives de frapper les fonctionnaires de police ». Selon la même source, l’entraîneur aurait alors reçu un coup de pied au visage. Un des agents de police aurait alors fait usage une troisième fois de son pistolet à impulsion électrique sur le flanc du récalcitrant. Là encore sans effet.

Les policiers parviendront finalement à menotter l’entraîneur qui sera conduit au commissariat du XIe arrondissement puis placé en garde à vue pour rébellion et violences volontaires sur agent dépositaire de l’autorité publique. L’enquête préliminaire, confiée au commissariat du 11ème arrondissement, se poursuit. L’entraîneur français sera reconvoqué. Selon les informations de nos confrères du journal « Le Parisien », la totalité de l’intervention de la police aurait été filmée par la caméra piéton de l’un des agents de police.

« Un comportement inadmissible »

Guillaume Berge faisait partie des trois entraîneurs nationaux qui, missionnés en tant que « chefs de projet » et détenteurs de contrat de droit privé, avaient été débarqués en septembre 2023, par manque de résultat supposé, par la DTN. Le contrat du coach, responsable des kayaks femmes, qui s’arrêtait le 30 septembre n’avait pas été reconduit. On lui avait alors proposé un poste à la fédération, au pôle de Vaires-sur-Marne, qu’il avait finalement accepté.

Cette éviction lui avait, semble-t-il, laissé un goût amer. « Je suis allé à mon entretien du 26 septembre (…) la fleur au fusil, avait-il expliqué au quotidien « L’Équipe ». Je ne sais pas si j’attendais des félicitations mais au moins qu’on allait encourager le projet. À l’arrivée, c’est beaucoup de frustration. Ce qui anime un entraîneur, c’est d’aller au bout d’une démarche, au-delà de l’envergure de l’événement, de ce qu’il véhicule comme valeur. J’ai le sentiment qu’on ne se met pas dans les meilleures dispositions pour les athlètes à dix mois des Jeux… », avait-il déclaré.

Contacté, Ludovic Royé, directeur technique national de la Fédération, qui a été alerté à sept du matin évoque, « un comportement inadmissible». « Ce n’est plus un entraîneur olympique, il est toujours dans nos effectifs mais nous sommes en cours de rupture conventionnelle avec lui. C’est un comportement inacceptable ! Il y a à peu près soixante-dix personnes à la fédération et il y en a un qui a dérapé. Cela surprend forcément de se faire réveiller à 7 heures du matin pour ça ! » a réagi le responsable sportif.

Kevin Negalo

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