Archives pour la catégorie Compétitions internationales

France : avec des taux d’emprunt au-dessus de 4 %, la dette devient une charge croissante pour l’État

La France emprunte désormais à des taux qui n’ont plus rien à voir avec ceux des années où l’argent était presque gratuit. Le rendement de l’obligation française à dix ans a atteint 4,21 % le 3 septembre. Le même jour, l’État a levé près de 13,5 milliards d’euros sur les marchés, avec des taux allant jusqu’à 4,74 % selon les titres vendus.

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Pour un pays qui doit chaque année emprunter des centaines de milliards d’euros, cette remontée n’est pas anodine. Elle signifie que les nouveaux emprunts coûteront davantage. Et, avec le temps, une partie de cette hausse se retrouvera dans la facture payée par l’État pour financer sa dette.

Une dette de 3 536 milliards d’euros

La France part déjà avec un endettement considérable. À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique atteignait 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du produit intérieur brut. Elle représentait 115,7 % du produit intérieur brut trois mois plus tôt.

Cette somme ne doit pas être remboursée d’un seul coup. L’État emprunte régulièrement pour financer son déficit et pour remplacer les obligations arrivées à échéance.

C’est ce renouvellement qui rend la hausse des taux préoccupante.

Une obligation émise il y a plusieurs années à un taux faible continue de coûter ce taux jusqu’à son échéance. Lorsqu’elle est remplacée par une nouvelle obligation, le taux du moment s’applique. Si les taux sont plus élevés, le nouvel emprunt coûte plus cher.

La hausse ne frappe donc pas toute la dette française en même temps. Elle se diffuse progressivement à mesure que les anciens emprunts arrivent à échéance.

Les marchés demandent davantage pour prêter à la France

Le rendement à dix ans est devenu l’un des indicateurs les plus suivis.

Le 3 septembre, il dépassait 4 %. Ce niveau ne signifie pas que la France ne trouve plus d’acheteurs pour ses obligations. L’adjudication organisée ce jour-là montre au contraire que les investisseurs continuent de financer l’État français.

Mais ils demandent une rémunération plus importante.

Cette différence compte beaucoup pour un État qui prévoit 310 milliards d’euros d’émissions nettes à moyen et long terme en 2026.

Plus les nouveaux titres sont chers, plus la facture augmente lorsque les anciennes obligations sont remplacées.

Les intérêts prennent davantage de place dans les dépenses publiques

Le coût de la dette est déjà devenu une dépense importante du budget de l’État.

Selon les documents budgétaires, la charge de la dette de l’État était estimée à 52,4 milliards d’euros en 2025. Les projections pour les années suivantes montrent une poursuite de la hausse.

Cette progression réduit la liberté dont dispose le gouvernement pour financer les autres politiques publiques.

Une hausse des intérêts ne crée aucune école, ne recrute aucun fonctionnaire et ne construit aucune infrastructure. Elle sert à payer les créanciers de l’État.

Plus cette dépense augmente, plus il faut trouver ailleurs les moyens de financer les autres engagements budgétaires.

Le déficit complique encore la situation

La France doit déjà réduire un déficit public qui reste très élevé.

Le déficit public s’est établi à 5,1 % du produit intérieur brut en 2025. Les prévisions pour 2026 restent autour de 5 %, bien au-dessus de la limite de 3 % fixée par les règles européennes.

Le gouvernement doit donc trouver un équilibre difficile : réduire le déficit sans casser davantage une croissance déjà faible, tout en continuant à financer les dépenses publiques et à supporter une dette devenue plus coûteuse.

Les taux d’intérêt rendent cette tâche plus difficile.

Chaque année où les emprunts restent chers augmente le coût des nouvelles obligations. Et chaque obligation ancienne refinancée à un taux supérieur ajoute progressivement une nouvelle dépense au budget.

La France n’est pas au bord du défaut

La situation mérite d’être surveillée, mais elle ne correspond pas à une crise de financement comparable à celles qu’ont connues certains pays européens.

La France continue d’emprunter sur les marchés. Ses émissions trouvent preneur et les agences de notation ne la considèrent pas comme un État proche du défaut.

Le problème est ailleurs : le prix auquel elle se finance augmente alors que son besoin de financement reste très important.

C’est cette combinaison qui pèse sur les finances publiques.

Une dette supérieure à 3 500 milliards d’euros peut rester gérable tant que l’État dispose de revenus suffisants, que la croissance soutient l’économie et que les intérêts restent maîtrisés.

Lorsque les taux montent durablement, le calcul change.

Le risque se joue dans la durée

Il n’y aura pas, du jour au lendemain, une facture de plusieurs milliers de milliards d’euros à payer au nouveau taux. La dette française est composée d’emprunts conclus à des dates et à des taux différents.

Mais chaque année, une partie arrive à échéance et doit être remplacée.

Si les conditions actuelles persistent, les nouveaux titres coûteront donc plus cher que ceux qu’ils remplacent.

C’est ainsi que la hausse des taux finit par se transformer en hausse de la charge de la dette.

Pour la France, le véritable enjeu des prochains mois ne sera donc pas seulement de trouver des investisseurs pour financer ses déficits. Il faudra aussi convaincre les marchés que ses comptes publics peuvent retrouver une trajectoire plus soutenable.

Car tant que le déficit restera élevé et que les taux resteront au-dessus de 4 %, la dette prendra progressivement une place plus importante dans le budget de l’État.

Celine Dou

FRANCE : l’interdiction du téléphone portable arrive dans les lycées, mais tous les établissements ne pourront pas l’appliquer dès la rentrée

À partir du 1er septembre 2026, l’usage du téléphone portable est interdit dans les lycées français. La mesure, déjà appliquée dans les écoles et les collèges, s’étend désormais aux établissements du second cycle. Sur le papier, le calendrier est fixé. Dans les lycées, en revanche, les modalités d’application restent encore à organiser.

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La rentrée scolaire ne se fera donc pas partout avec les mêmes règles. Le texte national interdit désormais aux élèves d’utiliser leur téléphone dans l’enceinte du lycée et lors des activités scolaires organisées à l’extérieur. Mais chaque établissement doit encore inscrire cette nouvelle obligation dans son règlement intérieur et définir les conditions de sa mise en œuvre. À quelques heures de la rentrée, certains proviseurs disposent déjà d’un dispositif, tandis que d’autres doivent encore achever les procédures nécessaires.

Une interdiction qui entre en vigueur le 1er septembre

La nouvelle règle résulte de la loi adoptée au mois d’août 2026. Elle étend aux lycées l’interdiction d’utilisation des téléphones portables et, plus largement, des équipements terminaux de communications électroniques par les élèves.

Le principe est national et s’applique à compter de la rentrée 2026-2027.

L’interdiction ne concerne toutefois pas tous les usages dans les mêmes conditions. Le cadre fixé par le ministère permet notamment de prévoir certaines exceptions lorsque l’utilisation de l’appareil répond à un besoin pédagogique, médical ou à une nécessité liée à la vie de l’établissement.

Les conditions précises doivent être inscrites dans le règlement intérieur. Celui-ci fixe également les règles relatives à la confiscation et à la restitution d’un appareil lorsqu’un élève ne respecte pas les dispositions prévues.

Les proviseurs doivent encore adapter leur règlement intérieur

C’est cette étape qui complique l’application immédiate de la mesure dans certains établissements.

Un proviseur ne peut pas modifier seul le règlement intérieur. La procédure implique la communauté éducative et doit aboutir à une adoption par le conseil d’administration du lycée.

La nouvelle réglementation ayant été publiée tardivement avant la rentrée, les chefs d’établissement disposent de peu de temps pour achever cette procédure lorsqu’elle n’a pas été anticipée.

Des représentants des personnels de direction ont d’ailleurs prévenu que tous les établissements ne seraient pas en mesure d’appliquer la nouvelle règle de façon identique dès le premier jour. Le délai laissé entre la publication du texte et la rentrée est notamment mis en cause.

Certains lycées avaient cependant commencé à travailler sur le sujet avant les vacances. Ils pourront donc accueillir les élèves avec des règles déjà arrêtées.

Que deviennent les téléphones pendant la journée ?

La loi fixe le principe, mais ne demande pas à tous les établissements de choisir le même système.

Un lycée peut demander aux élèves de conserver leur téléphone éteint et rangé dans leur sac. Un autre peut mettre en place des espaces de dépôt ou des pochettes individuelles. Le choix dépend notamment de l’organisation de l’établissement et des dispositions adoptées dans son règlement intérieur.

Le ministère recommande aux établissements d’organiser matériellement cette mise à l’écart lorsque cela est nécessaire. Les solutions peuvent aller des casiers individuels à des dispositifs de rangement collectif.

Cette organisation représente également une dépense. Dans les établissements qui choisissent les pochettes individuelles, il faut acheter le matériel, assurer son attribution et organiser sa restitution quotidienne.

La gestion des téléphones saisis en cas d’infraction constitue une autre question. L’établissement doit pouvoir conserver les appareils dans des conditions suffisamment sûres et déterminer précisément quand et à qui ils seront rendus.

Des exceptions restent possibles

L’interdiction n’est pas absolue.

Le règlement intérieur peut autoriser certains usages lorsqu’ils sont nécessaires aux apprentissages ou répondent à des situations particulières. Des dispositions spécifiques peuvent également concerner les élèves présentant un handicap ou un trouble de santé nécessitant l’utilisation d’un équipement électronique.

Le ministère prévoit par ailleurs des adaptations pour certains lieux ou moments de la vie scolaire, notamment lorsque le téléphone peut être nécessaire à une activité pédagogique.

Cette possibilité d’adaptation explique en partie pourquoi les règles pourront différer d’un lycée à l’autre.

Une mesure qui prolonge celle appliquée au collège

Le gouvernement présente l’extension aux lycées comme la suite logique de la politique engagée dans les établissements scolaires depuis plusieurs années.

L’objectif affiché est de limiter les distractions liées aux écrans, de favoriser les apprentissages et les échanges directs entre élèves et de mieux protéger les adolescents contre certains usages problématiques du numérique.

L’expérience des collèges constitue à ce titre un précédent important. Mais le lycée présente une difficulté supplémentaire : les élèves y sont plus âgés et disposent généralement d’une autonomie beaucoup plus importante dans leur vie quotidienne.

Le téléphone sert aussi à de nombreux usages pratiques. Les établissements doivent donc distinguer ce qui relève d’un usage interdit de ce qui peut être autorisé dans le cadre scolaire.

Une règle commune, des applications différentes

La France se retrouve ainsi avec un principe désormais commun à tous les lycées, mais avec des modalités susceptibles de varier selon les établissements.

Un élève pourra devoir déposer son téléphone à son arrivée dans un lycée, tandis qu’un autre devra simplement le maintenir éteint et rangé. Les horaires, les lieux concernés, les exceptions et les procédures de confiscation pourront également différer.

Cette souplesse permet de tenir compte des réalités locales. Elle risque aussi de rendre la nouvelle règle moins lisible pour les familles qui auront plusieurs enfants scolarisés dans des établissements différents.

Le ministère assume cette adaptation locale : l’objectif est d’imposer un cadre national tout en laissant aux établissements la possibilité de déterminer les modalités correspondant à leur fonctionnement.

Une rentrée sous surveillance

L’entrée en vigueur de la mesure ne devrait donc pas produire une situation uniforme dès le 1er septembre.

Dans les lycées qui ont anticipé la réforme, les élèves découvriront immédiatement le nouveau dispositif. Dans ceux qui n’ont pas encore achevé leur procédure interne ou leur organisation matérielle, la mise en œuvre pourra prendre davantage de temps.

Le principe, lui, ne fait plus débat sur le plan juridique : à compter de cette rentrée, l’utilisation du téléphone portable par les élèves est interdite dans les lycées, sous réserve des exceptions prévues par les textes et le règlement intérieur.

Reste à voir comment cette règle sera vécue au quotidien par les élèves, les enseignants et les personnels de direction. Car entre une interdiction inscrite dans la loi et une règle respectée dans plusieurs milliers de salles de classe, il y a toute une organisation à mettre en place.

Celine Dou

France : condamné définitivement dans l’affaire des emplois de son épouse, François Fillon suspendu dix ans de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite

Près de dix ans après l’éclatement de l’affaire qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle, François Fillon voit désormais ses distinctions nationales frappées par une sanction disciplinaire. Deux décrets signés le 19 août 2026 et publiés au Journal officiel le 20 août suspendent pour dix ans l’exercice des droits et prérogatives attachés à ses grades dans la Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite.

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L’ancien Premier ministre est grand officier de la Légion d’honneur et grand’croix de l’ordre national du Mérite. La mesure ne constitue pas une nouvelle peine prononcée par un tribunal et ne signifie pas qu’il est définitivement radié de ces deux ordres. Elle est la conséquence disciplinaire d’une condamnation pénale devenue définitive en février 2026, après son désistement de son pourvoi en cassation dans l’affaire des emplois de son épouse, Penelope Fillon.

Une sanction qui trouve son origine dans l’affaire des emplois de Penelope Fillon

Pour comprendre la décision publiée cette semaine, il faut revenir à janvier 2017.

Alors candidat de la droite à l’élection présidentielle, François Fillon est accusé d’avoir rémunéré son épouse comme assistante parlementaire alors que la réalité de son travail fait l’objet de sérieuses contestations. L’affaire prend rapidement une ampleur nationale et devient l’un des éléments déterminants de sa campagne.

La justice finit par retenir sa responsabilité pénale. La Cour de cassation avait confirmé en avril 2024 sa culpabilité pour détournement de fonds publics. Elle avait toutefois renvoyé la question des peines devant une nouvelle formation de la cour d’appel de Paris. Autrement dit, la culpabilité était déjà définitive ; seul le volet concernant la peine devait encore être rejugé.

Le 17 juin 2025, la cour d’appel de Paris fixe finalement cette peine à quatre ans d’emprisonnement avec sursis, 375 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

François Fillon forme alors un pourvoi en cassation. Mais le 16 février 2026, il se désiste de ce recours. Sa peine devient donc définitive.

C’est cette dernière étape qui complète le puzzle.

Pourquoi une condamnation pénale entraîne-t-elle une sanction dans la Légion d’honneur ?

La Légion d’honneur n’est pas seulement une décoration que l’on conserve indépendamment de son comportement ultérieur. Le code qui régit l’ordre prévoit une discipline propre à ses membres.

Trois sanctions disciplinaires sont prévues : la censure, la suspension totale ou partielle des droits et prérogatives attachés à la qualité de membre, et l’exclusion de l’ordre.

Le code prévoit notamment que les droits et prérogatives d’un membre peuvent être suspendus en cas de condamnation à une peine correctionnelle. Il prévoit également qu’une personne condamnée pour un crime ou à une peine d’emprisonnement ferme d’au moins un an est exclue de l’ordre.

Dans le cas de François Fillon, la condamnation prononcée en 2025 est une peine correctionnelle entièrement assortie du sursis. Il ne se trouve donc pas dans le cas d’une exclusion automatique correspondant à une peine d’emprisonnement ferme d’au moins un an.

Le droit permet en revanche une suspension des droits et prérogatives. C’est précisément la mesure retenue.

Dix ans de suspension, mais pas une radiation définitive

C’est une distinction importante.

Dire que François Fillon est « suspendu de la Légion d’honneur » ne signifie pas qu’il a définitivement perdu sa distinction.

Pendant dix ans, il est privé de l’exercice des droits et prérogatives attachés à son grade de grand officier de la Légion d’honneur. La suspension touche également son grade de grand’croix de l’ordre national du Mérite.

La différence avec une exclusion est prévue noir sur blanc par le code : l’exclusion retire définitivement la qualité de membre de l’ordre, tandis que la suspension prive le décoré, pendant la durée fixée, des droits et prérogatives attachés à cette qualité.

La mesure a néanmoins une portée concrète : durant la suspension, le droit de porter les insignes des décorations relevant de la grande chancellerie est lui aussi suspendu.

Une procédure distincte du procès pénal

La sanction disciplinaire n’est donc pas prononcée par la cour d’appel de Paris.

Les deux procédures ne se confondent pas.

Le procès pénal a établi la responsabilité de François Fillon dans l’affaire des emplois de son épouse et fixé une peine. La procédure disciplinaire relève, elle, du régime propre aux ordres nationaux.

Le code prévoit que les décisions judiciaires concernant les membres de la Légion d’honneur sont transmises au grand chancelier. L’intéressé doit ensuite pouvoir prendre connaissance du dossier et présenter ses explications et sa défense. Le conseil de l’ordre émet un avis sur la sanction à prendre.

Depuis une modification réglementaire entrée en vigueur en 2025, lorsque les conseils de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite sont saisis du même dossier et rendent des avis différents, le grand chancelier intervient pour formuler une proposition dans le cadre prévu par le code.

La décision finale de suspension est ensuite prononcée par décret du président de la République dans le cadre prévu par le code. Les décisions de suspension et d’exclusion sont publiées au Journal officiel.

Pourquoi l’ordre national du Mérite est-il également concerné ?

François Fillon ne détenait pas seulement la Légion d’honneur.

L’ancien Premier ministre est également grand’croix de l’ordre national du Mérite, une dignité particulièrement élevée.

Les deux ordres sont distincts, mais ils sont administrés par le même grand chancelier. Surtout, le code prévoit que les sanctions et la procédure disciplinaires applicables à la Légion d’honneur s’appliquent également aux membres de l’ordre national du Mérite, sous réserve de certaines dispositions particulières.

La suspension prononcée contre François Fillon concerne donc les deux distinctions.

Une conséquence qui arrive après neuf années de procédures

Le calendrier permet de mesurer la portée de la décision.

L’affaire éclate en 2017, au moment où François Fillon est candidat à l’élection présidentielle et figure parmi les principaux prétendants à l’Élysée. Sa campagne est profondément affectée par les révélations.

La procédure judiciaire se poursuit pendant plusieurs années. La culpabilité devient définitive en 2024. La cour d’appel fixe ensuite la peine en juin 2025. François Fillon se désiste finalement de son pourvoi en février 2026, rendant cette peine définitive.

Six mois plus tard, les conséquences disciplinaires concernant ses distinctions nationales sont officialisées.

Ce décalage explique pourquoi une affaire politique vieille de près d’une décennie revient aujourd’hui dans l’actualité : la justice pénale avait terminé son travail, mais les conséquences attachées au statut de décoré devaient encore suivre leur propre procédure.

Ce que cette décision dit réellement

Il serait donc réducteur de présenter la décision comme une simple « perte de la Légion d’honneur ».

François Fillon n’est pas radié définitivement de l’ordre. Il est suspendu pendant dix ans de l’exercice des droits et prérogatives liés à ses deux dignités nationales.

La décision constitue néanmoins une sanction institutionnelle significative. Elle vient ajouter une conséquence disciplinaire à une condamnation pénale devenue définitive, après une affaire qui avait déjà mis fin à ses ambitions présidentielles en 2017.

Le parcours de François Fillon connaît ainsi un nouvel épisode judiciaire et institutionnel : après la condamnation, puis la fin des recours, c’est désormais le statut de décoré de la République qui est directement touché.

Celine Dou

France : condamnée pour détournement de fonds publics européens, Marine Le Pen pourra néanmoins se présenter à l’élection présidentielle de 2027

La décision était attendue comme un moment décisif pour l’avenir politique de Marine Le Pen. Condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la dirigeante du Rassemblement national conserve finalement la possibilité de briguer l’Élysée en 2027. La cour d’appel de Paris a confirmé sa responsabilité pénale, tout en réduisant la portée de la sanction qui menaçait son avenir électoral.

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Marine Le Pen reste condamnée, mais elle reste en mesure de se présenter à la prochaine élection présidentielle française. La décision de la cour d’appel, qui maintient la culpabilité de la responsable du Rassemblement national tout en réduisant sa peine d’inéligibilité, ouvre une nouvelle séquence politique. Elle intervient alors que l’opinion publique française semble partagée entre le rejet d’une candidature portée par une responsable condamnée et l’attachement d’une partie de l’électorat à sa présence dans le paysage politique.

L’affaire trouve son origine dans l’utilisation des crédits européens destinés aux assistants des députés du Parlement européen. La justice reprochait au Front national, devenu Rassemblement national, d’avoir rémunéré avec ces fonds des collaborateurs dont l’activité aurait principalement servi les intérêts du parti en France.

Après plusieurs années d’enquête et un procès, Marine Le Pen a été reconnue coupable. La cour d’appel a confirmé que le système mis en place constituait un détournement de fonds publics européens. Mais elle a également revu la durée de la peine d’inéligibilité, permettant à la dirigeante du RN de conserver la possibilité de participer à l’élection présidentielle de 2027.

Pour le Rassemblement national, cette décision constitue un soulagement politique majeur. Le parti avait préparé l’hypothèse d’une candidature de Jordan Bardella dans le cas où Marine Le Pen aurait été empêchée de concourir. Désormais, la stratégie présidentielle reste centrée autour de celle qui a déjà porté trois fois les couleurs du mouvement à l’élection présidentielle.

Ses adversaires politiques soulignent toutefois que la justice a confirmé une condamnation liée à l’utilisation de fonds publics européens. Pour eux, la possibilité de se présenter ne change pas la nature des faits retenus par les magistrats.

Mais l’affaire Marine Le Pen ne se limite plus à son seul parcours judiciaire. Elle s’inscrit dans une série de procédures concernant les assistants parlementaires européens, qui ont impliqué d’autres figures majeures de la politique française.

Le cas de François Bayrou constitue un premier point de comparaison. Dans l’affaire concernant le Mouvement démocrate, plusieurs cadres du parti ont été condamnés. François Bayrou, lui, a été relaxé en première instance, les juges estimant que sa responsabilité personnelle n’était pas suffisamment établie.

Le dossier de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise présente une autre trajectoire. L’enquête ouverte sur les assistants parlementaires européens a donné lieu à plusieurs années d’investigations, notamment après les perquisitions de 2018. Elle s’est finalement achevée sans mise en examen du dirigeant insoumis, qui n’a donc pas comparu devant un tribunal dans cette affaire.

Ces trois affaires ont un point commun : elles concernent l’utilisation de moyens financiers européens destinés aux assistants parlementaires. Mais elles ont connu des issues différentes, en fonction des responsabilités individuelles retenues par les magistrats et des éléments réunis dans chaque dossier.

C’est précisément cette différence d’issue judiciaire qui continue d’alimenter les discussions politiques. Les soutiens de Marine Le Pen dénoncent une justice qu’ils jugent plus sévère envers leur camp et mettent en avant l’écart entre une condamnation confirmée et l’absence de poursuites abouties dans d’autres affaires comparables.

Les défenseurs de l’indépendance judiciaire rappellent, eux, qu’une justice démocratique ne peut fonctionner selon une logique de comparaison politique. Une procédure pénale repose sur des faits précis, des preuves et une responsabilité personnelle établie, et non sur l’appartenance à un parti ou la position occupée dans le paysage politique.

Une candidature possible, mais une opinion publique loin d’être acquise

Si la décision de la cour d’appel ouvre juridiquement la voie à une candidature de Marine Le Pen en 2027, elle ne signifie pas pour autant que cette perspective est largement acceptée par les Français.

Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, près de 60 % des Français désapprouvent le choix de Marine Le Pen de maintenir sa candidature à l’élection présidentielle malgré sa condamnation. Ce résultat traduit un malaise d’une partie de l’opinion face à la perspective de voir une personnalité politique condamnée solliciter à nouveau le suffrage des électeurs.

Cette défiance ne se traduit cependant pas par un effondrement de son poids politique. La dirigeante du Rassemblement national conserve un électorat fidèle et demeure l’une des figures centrales de la prochaine présidentielle. Le contraste est donc saisissant : une partie importante des Français critique sa candidature sur le plan moral et politique, tandis qu’une autre partie continue de la considérer comme une candidate crédible à l’accession au pouvoir.

C’est toute la singularité de la situation actuelle. Marine Le Pen bénéficie d’un droit de candidature confirmé par la justice, mais elle devra mener une bataille d’opinion pour convaincre au-delà de son socle traditionnel.

La présidentielle de 2027 pourrait ainsi se jouer autour d’une question majeure : les électeurs jugeront-ils davantage la condamnation judiciaire de Marine Le Pen ou sa capacité à incarner une alternative politique ?

Dans cette confrontation entre jugement judiciaire et choix démocratique, l’affaire des assistants parlementaires européens continuera d’occuper une place centrale dans le débat public français.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

France : à l’approche d’une nouvelle canicule, où vont les plus de 3 milliards d’euros générés chaque année par la journée de solidarité ?

Une nouvelle vague de chaleur doit toucher la France à partir de ce vendredi. Dans plusieurs régions, les températures pourraient grimper jusqu’à 35 ou 36 °C dès le début de la semaine prochaine. Ce nouvel épisode remet en lumière un dispositif né dans le sillage de la canicule de 2003 : la journée de solidarité. Plus de vingt ans après sa création, elle rapporte chaque année plus de 3 milliards d’euros. Mais comment cet argent est-il utilisé ?

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Le retour de températures exceptionnellement élevées ravive le souvenir de l’été 2003, au cours duquel près de 15 000 personnes avaient perdu la vie en France. Cette tragédie avait conduit les pouvoirs publics à repenser la prise en charge des personnes les plus vulnérables et à instaurer un mécanisme de financement inédit. Aujourd’hui encore, son efficacité continue d’alimenter le débat.

Créée en 2004, la journée de solidarité repose sur un principe simple : les salariés effectuent une journée de travail supplémentaire, sans rémunération additionnelle, tandis que les employeurs versent une contribution dédiée au financement des politiques en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie et des personnes en situation de handicap.

Au fil des années, cette contribution est devenue une ressource majeure. Elle génère désormais plus de 3 milliards d’euros par an, soit plusieurs dizaines de milliards d’euros collectés depuis sa mise en place.

Ces recettes sont versées à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui les répartit entre différents dispositifs. Elles contribuent notamment au financement des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), des services d’aide à domicile, de l’accompagnement des personnes en situation de handicap ainsi que d’autres politiques publiques liées à la perte d’autonomie.

Sur le papier, le dispositif constitue un levier essentiel du financement de la dépendance. Dans les faits, son fonctionnement continue toutefois de susciter des interrogations.

À chaque épisode de fortes chaleurs, les critiques refont surface. Des associations, des représentants du secteur médico-social ainsi que plusieurs responsables politiques estiment que les établissements accueillant des personnes âgées demeurent confrontés à des difficultés persistantes. Manque de personnel, locaux parfois mal adaptés aux températures extrêmes, équipements de rafraîchissement insuffisants : autant de limites qui nourrissent le sentiment d’un décalage entre les sommes collectées et la réalité observée sur le terrain.

Les pouvoirs publics rappellent, pour leur part, que la journée de solidarité n’a jamais eu vocation à financer uniquement les mesures destinées à faire face aux canicules. Les recettes alimentent un ensemble plus vaste de politiques consacrées à l’autonomie. Depuis plusieurs années, elles sont intégrées au budget global de la CNSA avant d’être redistribuées selon les priorités définies par l’État.

Cette architecture budgétaire ne convainc toutefois pas tout le monde. À chaque nouvel épisode caniculaire, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de transparence sur l’utilisation des recettes issues de la journée de solidarité. Pour leurs détracteurs, il reste difficile d’apprécier concrètement l’impact de cette contribution sur l’amélioration des conditions de prise en charge des personnes les plus fragiles.

Au-delà de la question budgétaire, le débat s’inscrit dans un contexte plus large. Les épisodes de chaleur extrême se multiplient en France sous l’effet du changement climatique, tandis que le vieillissement de la population accentue les besoins en matière d’accompagnement et de prévention.

La France dispose aujourd’hui de dispositifs d’alerte plus efficaces qu’en 2003 et la coordination entre les services sanitaires, les collectivités et les établissements médico-sociaux s’est renforcée. Mais chaque nouvelle canicule rappelle que la protection des personnes les plus vulnérables demeure un défi permanent.

Alors qu’une nouvelle vague de chaleur s’apprête à traverser le pays, la journée de solidarité retrouve toute son actualité. Plus de vingt ans après sa création, le débat ne porte plus seulement sur les milliards d’euros qu’elle génère chaque année, mais sur leur capacité à répondre à un enjeu devenu durable : adapter la société française à des canicules désormais appelées à se répéter.

Celine Dou, pour la Boussole-infos

France – Affaire des assistants parlementaires du FN : le gouvernement écarte, à ce stade, tout risque avéré d’ingérence américaine

À quelques jours de l’ouverture du procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (FN, devenu Rassemblement national), le gouvernement français a estimé que les soupçons d’ingérence américaine évoqués dans certains médias ne reposaient sur aucun élément tangible à ce stade. Cette prise de position intervient dans un contexte judiciaire et politique particulièrement sensible, alors que l’issue de la procédure pourrait avoir des conséquences majeures sur l’avenir politique de Marine Le Pen.

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2026 s’annonce sombre pour la France selon 77 % des sondés français

Un climat social marqué par l’inquiétude.Un sondage réalisé par l’institut CSA pour Europe 1, CNews et Le Journal du Dimanche révèle qu’une large majorité des Français (77 %) se disent pessimistes quant à l’avenir de la France pour l’année 2026, quelques jours seulement après le début de la nouvelle année. Ce niveau de pessimisme pour le pays contraste avec un optimisme plus prononcé lorsqu’il s’agit de la situation personnelle des sondés.

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Nicolas Sarkozy : la justice se prononce sur la demande de mise en liberté de l’ancien président incarcéré dans l’affaire du financement libyen

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, âgé de 70 ans, pourrait prochainement sortir de prison. Incarcéré depuis le 21 octobre à la prison de la Santé à Paris, il a vu son sort réexaminé ce lundi matin par la cour d’appel de Paris, chargée d’examiner sa demande de mise en liberté. Le parquet général a requis sa libération sous contrôle judiciaire, estimant que les risques de pressions ou de concertation frauduleuse pouvaient être prévenus sans maintien en détention. La décision de la cour est attendue à 13 h 30.

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France : le témoignage poignant d’un surveillant du Louvre présent lors du spectaculaire cambriolage

Quatre jours après le « casse du siècle » survenu au musée du Louvre, un surveillant de la galerie Apollon présent lors du braquage a livré un témoignage rare sur BFMTV. Face aux critiques sur l’inaction du personnel pendant le vol, l’agent défend son rôle et celui de ses collègues : « Nous sommes des agents d’accueil, pas des policiers. Notre priorité, c’est la sécurité des personnes et des biens. »

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Rassemblement “aux relents antisémites” à Paris 8 : le ministre de l’Enseignement supérieur saisit la justice

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a annoncé mardi 21 octobre avoir demandé au rectorat de saisir la justice à la suite d’un rassemblement jugé “aux relents antisémites” organisé sur le campus de l’université Paris 8 Vincennes–Saint-Denis.

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