Guerre à Gaza : le président algérien brandit la menace d’une intervention à Gaza

Lors d’un meeting électoral, Abdelmadjid Tebboune a annoncé que l’armée algérienne était prête à intervenir dans l’enclave palestinienne, sous réserve que l’Égypte autorise le passage. Ce discours fait partie de sa campagne présidentielle en Algérie.

Lors d’un meeting électoral, le dimanche 18 août, le président sortant algérien, Abdelmadjid Tebboune, a déclaré que l’Algérie était prête à intervenir militairement à Gaza, à condition que l’Égypte ouvre ses frontières.« Nous n’abandonnerons jamais Gaza. Je vous jure par Allah le Tout-Puissant, si seulement ils [les Égyptiens] nous aidaient et nous ouvraient la frontière entre l’Égypte et Gaza… nous savons ce que nous avons à faire », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « L’armée est prête ».

En réalité, Abdelmadjid Tebboune ne plaide pas pour une possible intervention militaire, mais pour la construction d’hôpitaux à Gaza.

Au Yémen, les Houthis, par la voix d’un haut responsable politique, se sont déclarés prêts à « soutenir» l’Algérie pour « ouvrir de nouveaux fronts » à Gaza. En Israël, les propos du président Tebboune ont été perçus comme « une menace », a affirmé le journal « Yedioth Ahronoth ».

Au milieu des acclamations et des applaudissements, il déclare : « J’ai promis. Et l’armée est prête. Dès que les frontières seront ouvertes, et qu’ils acceptent nos camions… » La vidéo, interrompue, se termine là. Ces quelques phrases ont suffi à déclencher une polémique. Le président sortant a été accusé depuis Israël, l’Égypte et même le Maroc, de vouloir mener une intervention militaire dans la bande de Gaza et d’attaquer Israël.

En réalité, Abdelmadjid Tebboune faisait référence à une aide humanitaire, mentionnant l’entrée de camions militaires pour «construire en vingt jours trois hôpitaux ». Il promettait également «d’envoyer des centaines de médecins » et « d’aider à reconstruire ce qui a été détruit par les sionistes ». Des internautes égyptiens ont vivement réagi, soulignant qu’ouvrir les frontières équivaudrait à une «reconnaissance de l’occupation » israélienne. Ils se sont interrogés sur la pertinence de construire des hôpitaux en Algérie plutôt que dans la région et ont dénoncé une « exploitation de la question palestinienne » dans la campagne électorale. L’Algérie, en soutien inconditionnel à la « cause palestinienne », envoie régulièrement de l’aide humanitaire, ayant expédié 150 tonnes d’aide à Gaza en mars dernier.

En Algérie, Abderrezak Makri, ancien dirigeant du MPS (islamistes), a appelé le chef de l’État à « adopter des mesures qui ne nécessitent pas l’ouverture des frontières », comme fournir un soutien à la résistance palestinienne en termes d’armement, de technologies et de financement, ou permettre à la société civile de récolter des fonds et d’organiser des manifestations populaires. Le quotidien algérien « E »l Khabar » a soutenu cette approche en rappelant que l’Algérie n’a jamais caché le rôle de sa flotte aérienne militaire dans les missions humanitaires et le transport d’aide à travers le monde. Le journal a également noté que le président avait décidé le même jour d’envoyer du fioul au Liban pour ses centrales électriques, en réponse à des coupures de courant sévères.

Les élections présidentielles en Algérie sont prévues pour le 7 septembre prochain. Le 11 juillet dernier, le président sortant, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé sa candidature pour un second mandat. Élu en 2019, Tebboune a pris ses fonctions après un scrutin marqué par un boycott des partis d’opposition, suite à la démission d’Abdelaziz Bouteflika sous la pression populaire et militaire.

Concernant Gaza, la guerre en cours depuis plus de dix mois est, selon l’AFP, la plus meurtrière jamais enregistrée dans ce territoire palestinien. Israël a lancé une opération militaire contre le mouvement terroriste Hamas après une attaque meurtrière du groupe, qui a fait 1 198 victimes israéliennes (avec actes de tortures et viols par centaines), principalement des civils, et a conduit à la capture de nombreux otages.

Alors que le Hamas ne communique toujours pas sur le nombre de ses combattants tués, le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l’armée israélienne, a affirmé que plus de 17 000 « terroristes » avaient été éliminés dans la bande de Gaza depuis le début du conflit. Le « ministère de la Santé » du Hamas a annoncé, mardi 20 août, un nouveau bilan de 40 173 civils tués à Gaza depuis le début de la guerre. L’AFP souligne que ces chiffres ne peuvent pas être vérifiés de manière indépendante en raison des conditions actuelles dans la région.

Joseph Kouamé

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