Madagascar : la castration chirurgicale infligée aux violeurs d’enfants validée par décret d’application

À Madagascar, la castration chirurgicale est désormais officiellement appliquée aux violeurs de mineurs. La semaine dernière, le gouvernement malgache a annoncé l’adoption d’un décret rendant cette intervention obligatoire pour les criminels, marquant une modification importante dans la législation pénale du pays. La Grande Île, qui avait adopté ce texte très controversé en février, devient ainsi l’un des rares pays au monde à autoriser cette chirurgie irréversible.

Puisque la prison à perpétuité ne semblait pas dissuader ceux qui s’adonnent à ces pratiques obscènes, « une politique pénale plus sévère devra être appliquée » avait annoncé Andry Rajoelina, le locataire d’Iavoloha, lors de son discours de fin de présentation des vœux du Nouvel An 2024.

Aujourd’hui, la castration chirurgicale est devenue l’une des peines les plus sévères que les juges et magistrats peuvent désormais prononcer. Le Code pénal malgache établit cette peine pour les auteurs de viols sur des mineurs de moins de 18 ans.

Cette mesure suscite une forte controverse, notamment parmi les défenseurs des droits de l’Homme qui, à juste titre, soulignent les problèmes juridiques et éthiques qu’elle pose. « Amnesty International » et l’ancienne ambassadrice de l’Union Européenne ont condamné cette pratique comme « cruelle », « inhumaine » et « incompatible avec les normes internationales des droits Humains ».

« La castration inflige un préjudice grave et irréversible. Cette législation sur la castration équivaut à promouvoir la torture et les traitements dégradants et inhumains », déclare Nciko wa Nciko, conseiller pour Madagascar chez « Amnesty International ». « Elle va à l’encontre de la constitution malgache et des obligations régionales et internationales de Madagascar. »

En réponse, la ministre de la Justice, Landy Randriamanantenasoa s’explique : « Ce durcissement des peines infligées aux auteurs de viol sur enfant est pris pour lutter contre la recrudescence des viols sur l’île. Avec ces peines graduelles, en fonction de l’âge des victimes, on protège beaucoup plus les enfants », poursuit la ministre de la Justice qui rappelle au passage que « Madagascar est un pays souverain qui a parfaitement le droit de modifier ses lois […] dans l’intérêt général du peuple. »

Le gouvernement malgache a annoncé, mardi 27 août, avoir pris ce décret imposant marquant ainsi une nouvelle ère dans la législation pénale du pays.

La Grande Île devient donc l’un des rares pays au monde à autoriser la pratique de cette chirurgie irréversible et donc à l’inverse total de l’essence de la Justice dans une démocratie, qui inclut, de Facto, le pardon après application de la sentence, ne permettant pas, dans le cas présent, aux anciens condamnés de retrouver tous leurs droits pleins et entiers. Ce n’est donc pas une question de « souveraineté dans la législation mais une loi allant totalement à l’encontre de ce qu’est la Justice.

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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