La justice états-unienne poursuit des dirigeants du Hamas pour « terrorisme »

La justice états-unienne a rendu publiques, ce mardi 3 septembre, des poursuites visant six hauts responsables du mouvement terroriste islamiste palestinien « Hamas », dont Yahya Sinouar, considéré comme le cerveau de l’attaque sanguinaire du 7 octobre 2023, pour des chefs d’accusation de « terrorisme ». (Avec AFP)

Six dirigeants du Hamas, dont son ex-chef politique Ismaïl Haniyeh, assassiné à Téhéran le 31 juillet dernier dans une opération imputée à Israël, ainsi que son successeur, Yahya Sinouar, sont visés par les poursuites émises le 1er février de cette année devant la justice fédérale à New York. À cette époque, Yahya Sinouar était alors le dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza.

Depuis, outre Ismaïl Haniyé, deux autres de ces responsables, dont le chef de la branche armée du Hamas, ont été éliminés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza.

Les poursuites visent « Yahya Sinouar et d’autres hauts responsables du Hamas pour avoir planifié la campagne de violence de masse et de terreur de cette organisation terroriste depuis plusieurs décennies, y compris le 7 octobre », a commenté le ministre états-unien de la Justice, Merrick Garland, dans une déclaration vidéo. « Dans ses attaques des trois décennies passées, le Hamas a assassiné et blessé des milliers de civils, dont des dizaines de citoyens américains », a-t-il souligné. « Ce week-end, nous avons appris que le Hamas avait assassiné six otages supplémentaires, dont Hersh Goldberg-Polin, un Israélo-Américain de 23 ans », a rappelé M. Garland.

Un responsable du ministère de la Justice a expliqué, sous le couvert de l’anonymat, que la non-publication initiale de ces poursuites visait à «permettre aux Etats-Unis d’être prêts à placer en détention le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, ainsi que d’autres accusés ». « A la suite de la mort de Haniyé et d’autres récents événements dans la région, il n’était plus nécessaire de garder ces poursuites confidentielles », a-t-il ajouté.

« Dès que le Hamas a lancé son horrible attaque le 7 octobre, le FBI s’est employé à identifier et poursuivre les responsables de ces crimes atroces», a déclaré le directeur de la police fédérale états-unienne, Christopher Wray, dans un communiqué. « Le FBI a enquêté sans relâche sur ces attaques contre des civils, y compris des Américains, et continuera de le faire », a-t-il poursuivi.

L’attaque sans précédent du Hamas dans le Sud d’Israël, le 7 octobre 2023, qui a déclenché l’actuelle guerre dans la bande de Gaza, a entraîné la mort de 1.205 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. En riposte, Israël a lancé une offensive d’ampleur à Gaza qui a ferait, jusque-là, du fait que le Hamas utilise les civils comme boucliers humains, au moins 40 819 morts (dont au moins 18 000 membres des terroristes du Hamas), selon le « ministère de la Santé » du Hamas, provoquant une catastrophe humanitaire et sanitaire et le déplacement de la quasi-totalité des 2,4 millions d’habitants. La majorité des morts sont des femmes et des enfants, d’après l’ONU.

Lors de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023, 251 personnes ont été enlevées et emmenées par le Hamas, dans la bande de Gaza. Parmi elles, 97 y sont toujours retenues, (dont un bébé qui était âgé de seulement 7 mois lorsqu’il a été pris captif) dont 33 déclarées mortes par l’armée israélienne.

Didier Maréchal

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