Ce mardi 3 septembre, la Nouvelle-Zélande a signalé que la Chine représentait une « préoccupation complexe en matière de renseignement » et a mis en garde contre la vulnérabilité du pays face aux ingérences étrangères. (Avec : AFP)
Dans leur rapport annuel sur les menaces, les services de renseignement néo-zélandais ont constaté que plusieurs nations s’engageaient dans des « activités malveillantes » sur son territoire, mais ont qualifié les actions de la Chine de « complexes et trompeuses ».
Pékin est notamment accusé d’utiliser des organisations de façade en réalité contrôlées ou influencées par l’Etat chinois pour manipuler les opinions des communautés locales afin de les remplacer avec un discours en ligne avec celui des autorités chinoises.
Ces groupes «se présentent souvent comme des organisations communautaires, prétendant représenter un sujet ou un groupe de personnes, alors que leur véritable affiliation, leur but et leurs sources de financement sont cachées», indique le rapport. Par exemple, un organe d’information local en chinois reprenait le discours de Pékin.
Le nouveau gouvernement néo-zélandais de centre-droit a récemment réorienté la politique étrangère du pays vers ses alliés occidentaux «traditionnels» après des années de renforcement des liens économiques avec la Chine, premier partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande.
En mars de cette année, Wellington a publiquement déclaré qu’un groupe soutenu par l’État chinois était à l’origine d’une cyberattaque malveillante qui a infiltré les systèmes informatiques du gouvernement. Pékin a démenti les accusations de piratage.
Premier partenaire commercial
Interrogé ce mardi sur ce rapport, Pékin a déclaré qu’il ne s’ingérait «jamais dans les affaires intérieures d’un autre pays». «Nous espérons que la Nouvelle-Zélande maintiendra une compréhension rationnelle et objective de la Chine et créera des conditions favorables au développement de relations saines et stables entre les deux pays», a déclaré Mao Ning, porte-parole du ministère des affaires étrangères.
«La place et le rôle uniques» de la Nouvelle Zélande dans le Pacifique la rendent «vulnérable» face à d’autres pays cherchant à exercer une plus grande influence, note le rapport des services secrets néo-zélandais, citant également la Russie. «Il ne s’agit pas d’alarmer qui que ce soit, mais d’alerter les Néo-Zélandais sur les menaces afin que nous puissions travailler ensemble pour les gérer», a déclaré le directeur général de la sécurité, Andrew Hampton.
La Chine demeure le premier partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande. Le premier ministre, Christopher Luxon, a souligné précédemment que bien que la Chine soit «un pays dont l’influence ne fait aucun doute», ses valeurs différentes signifient «qu’il y a des questions sur lesquelles nous ne pouvons pas être d’accord et sur lesquelles nous ne le serons pas».
Joseph Kouamé