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Nouvelle-Zélande : Ikea porte son domaine forestier à 43 000 hectares, au cœur d’un conflit sur les terres agricoles

En Nouvelle-Zélande, le groupe suédois Ikea est devenu en quelques années un important propriétaire forestier. Son bras d’investissement, Ingka Investments, détient désormais environ 43 000 hectares de terres forestières dans le pays. Près de 24 000 hectares étaient auparavant des terres agricoles. Une expansion qui nourrit depuis plusieurs années les inquiétudes du monde rural sur la disparition des exploitations, l’emploi et l’avenir des territoires concernés.

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L’affaire avait été révélée en 2024 par une enquête de Disclose, qui faisait état de plus de 23 000 hectares acquis depuis 2021. Depuis, le portefeuille d’Ingka s’est encore agrandi. L’entreprise affirme investir avant tout dans la production de bois et non dans la seule compensation carbone. Mais son implantation intervient dans un pays où la conversion des pâturages en plantations de pins est devenue un sujet politique majeur. Depuis octobre 2025, les autorités néo-zélandaises ont d’ailleurs renforcé les restrictions visant la transformation de terres agricoles productives en forêts exotiques.

De 23 000 à 43 000 hectares

Le chiffre de 23 100 hectares, largement repris depuis l’enquête de Disclose publiée en février 2024, ne décrit plus la situation actuelle.

À cette date, Ingka avait acheté en Nouvelle-Zélande plus de 23 000 hectares de prairies et de terres agricoles depuis 2021. Dans la seule région de Gisborne, au nord-est du pays, son portefeuille atteignait environ 6 000 hectares. L’enquête avait notamment documenté les projets de transformation de propriétés agricoles à Huiarua et Matanui en plantations de pins radiata.

Deux ans plus tard, l’échelle n’est plus la même. Ingka indique aujourd’hui posséder 43 000 hectares de terres forestières en Nouvelle-Zélande. L’entreprise y a planté près de 6,9 millions de plants au cours de son exercice 2025 et affirme que 22 % de sa superficie forestière est intégrée à des dispositifs de conservation, notamment au titre de zones à haute valeur écologique. Elle dit également employer directement ou indirectement environ 800 personnes dans le pays.

Selon les données communiquées en juillet 2026, environ 23 838 hectares de terres agricoles ont été convertis en forêt depuis le début de l’opération, tandis que 17 175 hectares étaient déjà boisés au moment de leur acquisition. Environ 31 500 hectares du portefeuille sont aujourd’hui consacrés à la production forestière, le reste étant notamment constitué de zones de conservation, de végétation indigène et d’infrastructures forestières.

Le changement est donc considérable : Ikea n’est plus seulement un investisseur étranger ayant acheté quelques exploitations. Ingka est désormais devenu un acteur important du secteur forestier néo-zélandais.

À Gisborne, l’inquiétude avait pris un visage concret

C’est dans la région de Gisborne que l’enquête de Disclose avait donné une dimension humaine à cette expansion.

À Huiarua, une importante exploitation avait été vendue à Ingka pour environ 88 millions de dollars néo-zélandais, soit près du double du prix moyen alors observé pour les terres agricoles traditionnelles dans le pays, selon l’enquête.

Pour les exploitants voisins, le problème n’était pas seulement celui d’une transaction foncière.

La disparition d’une ferme signifie aussi celle des activités qui gravitent autour d’elle : bergers, conducteurs d’engins, salariés agricoles, entretien des pâturages et services locaux. Kerry Worsnop, une éleveuse voisine de Huiarua, expliquait à Disclose qu’une école de bergers et plusieurs emplois dépendaient de cette activité agricole. Elle craignait de voir progressivement disparaître une communauté rurale entière.

C’est cette dimension qui rend le dossier plus sensible qu’une simple opération immobilière. Une terre agricole n’est pas seulement une valeur inscrite dans un registre foncier. Dans certaines régions, elle constitue aussi le support d’un tissu économique et social.

Ikea répond : il s’agit d’abord de produire du bois

Ingka conteste toutefois l’idée selon laquelle son implantation néo-zélandaise serait principalement destinée à fabriquer une image « verte » ou à accumuler des crédits carbone.

Le groupe affirme aujourd’hui que son objectif premier est la production de bois. Il achète des forêts existantes mais également des terres anciennement déboisées ou utilisées pour l’élevage, sur lesquelles il développe des plantations.

La société explique privilégier des terrains moins adaptés aux cultures et à l’horticulture et affirme ne pas planter sur les terres agricoles les plus productives. Elle indique également conserver des zones de végétation indigène et aménager des bandes de protection autour des cours d’eau.

Cette mise au point est importante. L’enquête de Disclose de 2024 présentait les plantations néo-zélandaises notamment comme un moyen pour Ikea de développer ses réserves de carbone. Depuis, Ingka insiste davantage sur la vocation industrielle de son portefeuille.

Le groupe affirme que les arbres sont destinés à être récoltés, transformés et vendus. Une partie du bois produit en Nouvelle-Zélande est destinée au marché intérieur, tandis qu’environ 60 % est exportée, notamment vers la Chine, l’Inde et la Corée du Sud.

Le débat ne disparaît pas pour autant.

Le pin plutôt que la ferme

Le choix du modèle forestier reste au centre des critiques.

Le pin radiata, essence dominante des plantations néo-zélandaises, pousse rapidement et possède une forte valeur commerciale. Pour un investisseur institutionnel, il offre donc un actif susceptible de produire du bois sur plusieurs décennies.

Mais remplacer une exploitation d’élevage par une plantation signifie aussi modifier durablement l’usage du territoire.

C’est précisément ce que dénoncent des organisations agricoles. Le débat porte moins sur l’existence de la forêt que sur la vitesse et l’ampleur des conversions.

Les organisations représentant les éleveurs estiment que plus de 300 000 hectares de terres consacrées à l’élevage ovin et bovin ont été convertis en forêts depuis 2017. Elles redoutent que la disparition de ces exploitations entraîne mécaniquement une diminution du nombre d’animaux, mais aussi des emplois, du transport, de l’activité des abattoirs et des services dont dépendent les petites villes rurales.

Ingka affirme, de son côté, que son activité crée elle aussi des emplois. L’entreprise indique employer environ 250 personnes de manière permanente et mobiliser jusqu’à 800 travailleurs pendant les périodes de plantation.

Les deux visions ne s’excluent d’ailleurs pas totalement : une plantation peut créer de l’activité tout en faisant disparaître une partie de l’économie agricole qui existait auparavant. C’est précisément ce qui rend la transformation difficile à mesurer uniquement en hectares ou en emplois.

La Nouvelle-Zélande a fini par intervenir

L’ampleur prise par les conversions agricoles a contraint le gouvernement néo-zélandais à revoir les règles.

Depuis le 31 octobre 2025, les nouvelles plantations de forêts exotiques sur certaines terres agricoles productives ne peuvent plus être enregistrées librement dans le système national d’échange de quotas d’émission. Les terres classées dans les catégories 1 à 6 de l’échelle néo-zélandaise de capacité d’utilisation sont concernées, avec plusieurs exceptions et des mécanismes transitoires.

Cette réforme ne signifie pas que toute conversion d’une ferme en forêt est désormais interdite. Elle vise surtout à empêcher que des terres agricoles productives soient massivement converties en plantations exotiques pour bénéficier du régime climatique.

Le changement est révélateur : Wellington considère désormais que la lutte contre le changement climatique ne peut pas être pensée indépendamment de la sécurité alimentaire et de l’organisation des territoires ruraux.

Et les populations māories ?

À cette question agricole s’ajoute une autre dimension, liée aux populations māories et à leur rapport à la terre.

L’enquête de Disclose avait recueilli le témoignage de membres de la communauté Ngāti Porou, dans la région de Gisborne. Renee Raroa dénonçait ce qu’elle décrivait comme une nouvelle forme de dépossession des territoires à travers les décisions prises par de grandes entreprises sur les terres de la région. Elle avait parlé d’une « forme de colonisation » des forêts.

Ingka affirme aujourd’hui chercher à travailler avec les iwi et les hapū, les tribus et sous-groupes māoris, notamment dans des programmes de plantation d’espèces indigènes et de restauration des écosystèmes. L’entreprise cite des collaborations avec Hokonui Rūnanga et Ngāti Awa et reconnaît explicitement le statut des Māori comme tangata whenua, le peuple autochtone de Nouvelle-Zélande.

Il existe donc un contraste entre deux réalités : celle d’une entreprise qui présente ses investissements comme une gestion forestière à long terme et celle de communautés qui s’interrogent sur la concentration du foncier et la transformation de paysages auxquels elles sont historiquement liées.

Le carbone ne peut pas tout justifier

C’est peut-être là que le dossier Ikea dépasse le seul cas néo-zélandais.

Planter des arbres permet de stocker du carbone. Mais une plantation commerciale n’est pas nécessairement l’équivalent d’un écosystème naturel. Elle répond à un objectif de production, avec des essences choisies, une période de croissance et, à terme, une récolte.

La question devient alors celle de la place accordée à la compensation dans les politiques climatiques des grandes entreprises.

Ikea a annoncé depuis plusieurs années vouloir réduire son empreinte climatique. Ingka affirme aujourd’hui que ses plantations néo-zélandaises sont avant tout destinées au bois et qu’aucun arbre n’a été planté uniquement pour générer des crédits carbone. L’entreprise n’exclut toutefois pas de recourir à l’avenir à une forme de compensation.

La nuance compte. Il serait donc excessif de présenter aujourd’hui l’ensemble du portefeuille néo-zélandais d’Ingka comme une immense réserve destinée à compenser les émissions d’Ikea.

Mais il serait tout aussi réducteur d’ignorer la dimension climatique qui a contribué à rendre les plantations forestières financièrement attractives en Nouvelle-Zélande.

Une puissance foncière qui change de nature

Le plus intéressant dans cette affaire n’est finalement pas le seul chiffre de 23 000 hectares révélé en 2024. C’est ce qu’il est devenu.

En un peu moins de cinq ans, Ingka est passé de l’achat de premières propriétés agricoles à la constitution d’un portefeuille forestier d’environ 43 000 hectares. L’entreprise indique désormais vouloir poursuivre son développement en Nouvelle-Zélande et évoque un objectif pouvant atteindre 100 000 hectares à terme.

Dans le même temps, le gouvernement a commencé à fermer certaines portes aux conversions agricoles les plus productives.

Le paradoxe est là : l’État accepte les investissements étrangers et reconnaît la valeur économique de la sylviculture, tout en cherchant désormais à empêcher que la forêt commerciale ne gagne trop rapidement du terrain sur l’agriculture.

Ikea n’est donc pas en train de « prendre » illégalement 43 000 hectares à la Nouvelle-Zélande. Ses acquisitions sont passées par les procédures prévues par le droit néo-zélandais, et plusieurs autorisations récentes ont encore été accordées à Ingka. En mai 2026, par exemple, une acquisition d’environ 774 hectares a été approuvée par l’autorité chargée du contrôle des investissements étrangers.

Mais la question que pose cette expansion est plus profonde.

À partir de quel moment l’accumulation légale de terres par de grands investisseurs finit-elle par transformer la structure même d’un territoire ?

En Nouvelle-Zélande, le débat est désormais ouvert. Il porte sur les forêts, mais aussi sur l’agriculture, les emplois ruraux, la biodiversité, les intérêts māoris et la place du capital international dans l’utilisation des terres.

Ikea n’est ici que l’un des visages d’une transformation beaucoup plus vaste.

Celine Dou, pou la Boussole-Infos

Australie : les Aborigènes ont été victimes d’un « génocide » selon l’enquête d’une commission menée dans l’État de Victoria

Les colons européens ont commis un génocide à l’encontre des Aborigènes australiens, selon les conclusions d’une enquête publiées mardi 1er juillet et menée par une commission dans l’État du Victoria (sud-est). L’instance appelle le gouvernement à prendre des mesures de réparation.

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Les qualifications indiennes sont désormais acceptées en Nouvelle-Zélande sans IQA pour la migration, les études et l’emploi

Les diplômes indiens ne nécessitent plus d’IQA pour les visas néo-zélandais, ce qui permet aux étudiants et aux travailleurs de gagner du temps et de l’argent.

De nombreux titulaires de diplômes indiens demandant un visa pour la Nouvelle-Zélande ne seront désormais plus tenus de se soumettre à une évaluation des qualifications internationales (IQA), un processus d’évaluation comparative formel qui vérifiait auparavant si une qualification étrangère répondait aux normes académiques du pays.

Dans une mise à jour majeure pour les ressortissants indiens, la Nouvelle-Zélande a officiellement reconnu les qualifications indiennes à des fins d’immigration et d’études, à compter du 23 juin 2025.

Cela signifie que de nombreux titulaires de diplômes indiens demandant un visa pour la Nouvelle-Zélande ne seront plus tenus de se soumettre à une évaluation des qualifications internationales (IQA) – un processus d’évaluation comparative formel qui vérifiait auparavant si une qualification étrangère répondait aux normes académiques du pays.

Ce développement accélère considérablement le traitement des visas, réduit les coûts et améliore les opportunités d’emploi pour les candidats indiens, en particulier ceux qui cherchent à entrer dans le cadre des catégories de visas qualifiés et étudiants.

Qu’est-ce qui a changé ?

La liste des qualifications exemptées d’évaluation (LQEA) maintenue par Immigration New Zealand (INZ) a été élargie pour inclure l’Inde et huit autres pays : la France, l’Allemagne, l’Italie, Singapour, la Corée du Sud, le Sri Lanka, la Suède et la Suisse.

Les titulaires de diplômes approuvés de ces pays postulant dans des catégories clés telles que : Catégorie des migrants qualifiés

Rôles de la liste verte

  • Les employeurs accrédités titulaires d’un visa de travail
    n’auront plus besoin de soumettre leurs qualifications à une évaluation.

Auparavant, seuls les diplômes délivrés par un groupe restreint de pays – principalement anglophones ou membres de l’OCDE – étaient exemptés. L’Inde est le premier pays d’Asie du Sud à rejoindre la LQEA, marquant une avancée majeure dans la reconnaissance internationale des réformes de l’enseignement supérieur indien.

Pourquoi cela est important pour les expatriés indiens

Pour les expatriés indiens basés aux Émirats arabes unis qui envisagent d’émigrer ou d’étudier en Nouvelle-Zélande, ce changement offre une voie plus rapide et plus économique. Le processus d’évaluation indépendante des qualifications (IQA), géré par l’Autorité néo-zélandaise des qualifications (NZQA), était à la fois long et coûteux. Sa suppression permet désormais aux candidats de se concentrer directement sur les conditions d’admission à l’emploi ou à l’université, sans évaluation académique supplémentaire.

Ce changement de politique s’inscrit dans la volonté plus large de la Nouvelle-Zélande d’attirer davantage d’étudiants indiens. L’Inde figure déjà parmi les quatre principaux pays d’origine des étudiants internationaux en Nouvelle-Zélande, avec plus de 22 000 inscriptions ces dernières années.

Outre l’Inde et les huit pays nouvellement ajoutés, la Nouvelle-Zélande a également révisé les listes de qualifications des pays déjà présents sur la LQEA — notamment l’Australie, le Japon, la Malaisie, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis — afin d’améliorer la clarté et la cohérence des évaluations d’immigration.

Avec cette initiative, la Nouvelle-Zélande renforce son image de destination accueillante et accessible pour les talents mondiaux — et les expatriés indiens sont clairement sur le radar.

la Nouvelle-Zélande dit oui à l’usage médical des champignons hallucinogènes

La Nouvelle-Zélande a annoncé mercredi 18 juin autoriser l’usage médical de la psilocybine, présent dans certains champignons hallucinogènes. Un traitement prometteur pour les patients atteints de dépression et n’ayant pas répondu aux traitements plus conventionnels.

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