Les taliban réagissent aux propos Meryl Streep sur l’absence de droits des femmes en Afghanistan

Le 23 septembre, l’actrice états-unienne, Meryl Streep, a déclaré à l’ONU que les femmes afghanes disposent aujourd’hui de moins de liberté qu’un oiseau ou un écureuil. Le gouvernement afghan taliban a réagit officiellement à ces propos. (Source: AFP)

Le jeudi 26 septembre, le gouvernement afghan a rejeté comme «infondées » et « propagandistes » les critiques formulées quelques jours plus tôt, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies, notamment celles de l’actrice états-unienne, Meryl Streep, sur les violations des droits des femmes par les taliban.

« Un écureuil a plus de droits qu’une fille en Afghanistan aujourd’hui parce que les parcs publics ont été fermés aux femmes et aux filles par les taliban », avait dénoncé la lauréate de plusieurs Oscars, venue présenter une version courte d’un nouveau film documentaire (« The Sharp Edge of Peace ») qui relate la participation de quatre dirigeantes afghanes aux pourparlers de Doha sur l’avenir de l’Afghanistan, avant la prise de pouvoir par les taliban. « Un oiseau peut chanter à Kaboul, mais pas une fille, et une femme ne peut pas chanter en public », avait poursuivi Meryl Streep.

Jeudi, le porte-parole adjoint du gouvernement taliban, Hamdullah Fitrat, a répliqué en ayant le culot de qualifier ces déclarations de «propagande ». « Les accusations proférées par certains pays ou parties contre l’Afghanistan sur des violations des droits humains et une discrimination de genre sont infondées », a-t-il déclaré à l’AFP, « Personne n’est victime de discrimination en Afghanistan (qui) protège les droits humains », a poursuivi le porte-parole, dénonçant « une propagande qui repose sur les paroles de quelques femmes (afghanes) exilées selon lesquelles la situation n’est pas bonne ».

L’ONU accuse les taliban d’avoir mis en place un « apartheid de genre » depuis leur retour au pouvoir en 2021, en excluant progressivement les femmes de l’espace public.

Lors de l’Assemblée générale de l’ONU, l’Australie, le Canada, l’Allemagne et les Pays-Bas ont annoncé avoir engagé une procédure devant la Cour internationale de justice de La Haye à l’encontre des taliban pour leur « mépris » des droits des femmes. Ces quatre pays cherchent à prouver que l’Afghanistan ne respecte pas la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, dont il est signataire.

Actuellement, les Afghanes ne peuvent plus étudier au-delà de l’école primaire, accéder aux parcs, aux salles de sport ou aux salons de beauté, et elles ne peuvent presque plus sortir de chez elles sans être accompagnées. Une loi récente leur interdit également de s’exprimer en public, témoignant ainsi de l’application très stricte de la loi islamique.

Didier Maréchal

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