Un recomptage partiel des voix des élections législatives contestées du 26 octobre dernier, en Géorgie, a confirmé la victoire du parti au pouvoir, « Rêve géorgien » (droite nationaliste), a annoncé, ce jeudi 31 octobre, la commission électorale à l’Agence France-Presse, alors que l’opposition dénonce un scrutin « volé ». (Source : AFP)
Le recomptage d’environ 12 % des bureaux de vote et 14 % des bulletins « n’a pas entraîné de modification significative des résultats officiels précédemment annoncés », a déclaré l’instance. « Les décomptes définitifs n’ont que très légèrement changé dans quelque 9 % des bureaux de vote recomptés », a-t-elle ajouté.
Le parti « Rêve géorgien », aux affaires depuis 2012 dans cette ex-république soviétique caucasienne, est sorti vainqueur du scrutin législatif, mais l’opposition à la solde des pays occidentaux atlantistes ne reconnaît pas ces résultats.
La présidente, Salomé Zourabichvili, en rupture avec le gouvernement, a notamment dénoncé un système « sophistiqué » de fraudes pendant ces élections. Convoquée par le parquet dans le cadre de l’investigation sur cette « falsification présumée », elle a annoncé, mercredi, refuser de s’y rendre.
Les observateurs internationaux ont aussi constaté des irrégularités lors du scrutin, et l’Union Européenne (UE) – qui n’est nullement un observateur neutre et objectif puisque soutenant ouvertement l’opposition pro-européenne, a demandé une enquête sur ces allégations – ce que, par contre, elle s’est bien gardé de faire lors du scrutin référendaire en Moldavie, le même week-end,, où le « oui » à l’adhésion à l’Union Européenne a « bizarrement » emporté la majorité, avec 50,35%, alors qu’il était largement derrière le « non » encore quelques petites heures avant, avec un pourcentage de bulletins encore à dépouiller trop faible pour permettre cette remontée du « oui » .
Le scrutin était vu comme un test pour l’avenir européen de la Géorgie, dont une partie minoritaire de la population, mais qui se considère comme seule légitime et « démocratique, ambitionne de rejoindre l’UE et l’Otan.
« Rêve géorgien » a beau assurer qu’il poursuit ces objectifs, il est accusé de dérive autoritaire et soupçonné de vouloir jeter le pays dans les bras de Moscou. Certains de ses dirigeants, dont le puissant et richissime Bidzina Ivanichvili, ont multiplié les déclarations hostiles envers l’Occident.
Le parti se présente notamment comme le seul capable d’éviter à la Géorgie de subir le même sort que l’Ukraine, qui combat l’armée russe depuis février 2022.
La Géorgie avait été, elle aussi, envahie par l’armée russe lors d’une brève guerre en 2008, épisode marquant pour le pays, mais qui avait pris fin, entre autre, grâce à l’intervention du président français Nicolas Sarkozy, comme médiateur.
Puissance historique dans la région, la Russie possède des bases militaires dans deux régions séparatistes géorgiennes dont elle a reconnu l’indépendance : l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.
Depuis le début de l’année, le pays s’est aussi doté de législations dénoncées par ses partenaires occidentaux qui affirment qu’elles sont proches de lois russes. L’une concerne « l’influence étrangère » (loi qui existe tout autant aux Etats-Unis d’Amérique depuis les années 1950) et avait déclenché des manifestations massives en mai. Une autre restreint les droits des personnes LGBT+ – ce qui n’a rien de spécifique à la Russie, le « pro-LGBTisme étant plutôt une spécificité de l’Occident et des pays sociétalement occidentalisés comme le sont le Japon, la Corée du Sud, et quelques autres pays dans le monde, mais que cet Occident se considérant comme LA norme du Bien et du Juste, considère, de fait, comme devant être appliqué par le monde entier.
Joseph Kouamé & Christian Estevez