Critiques acerbes d’un blogueur sur l’aéroport du Caire : la réaction virulente du gouvernement égyptien

Un blogueur américain a récemment provoqué la colère du gouvernement égyptien en qualifiant l’aéroport international du Caire de « pire grand aéroport du monde ». Sa critique détaillée a été suivie d’une réponse virulente des autorités, qui l’ont ensuite menacé de poursuites judiciaires. Cette situation révèle les tensions autour de la liberté d’expression en Égypte et met en lumière les défis du pays en matière de tourisme et d’image internationale.

Le 11 novembre 2024, Ben Schlappig, un blogueur américain spécialisé dans le tourisme, a déclenché une tempête médiatique en qualifiant l’aéroport international du Caire de « pire grand aéroport du monde ». Dans un article publié sur son site One Mile at a Time, il dresse un portrait très négatif de son expérience, évoquant le manque d’organisation et de politesse du personnel, les longues files d’attente et une propreté douteuse. Ses commentaires, partagés sur les réseaux sociaux, ont rapidement attiré l’attention du gouvernement égyptien, qui a réagi de manière plutôt vive.

Après un examen approfondi des vidéos de surveillance, le ministère de l’Aviation civile a dénoncé les propos de Schlappig comme étant « infondés et destructeurs », et n’a pas hésité à menacer le blogueur de poursuites judiciaires. Dans un communiqué de plus de 1 100 mots, le ministère a tenté de démontrer que la visite du blogueur s’était parfaitement déroulée, réfutant ses accusations.

Face à cette réplique, Ben Schlappig a réaffirmé son point de vue dans un nouvel article, intitulé « Est-ce que je voyagerai de nouveau en Égypte ? Non, bien sûr que non… ». Le blogueur a qualifié la réaction du gouvernement égyptien de « la plus étrange » qu’il ait jamais reçue, comparant la riposte à celle d’un régime autoritaire tel que celui de Pyongyang, capitale de la Corée du Nord.

La polémique survient alors que l’Égypte cherche à développer le tourisme dans le pays, un secteur clé pour son économie, déjà fragilisée. Le gouvernement vise 30 millions de touristes par an d’ici 2028, ce qui constitue pour l’état un objectif ambitieux. Malgré la situation géopolitique difficile à sa frontière avec Gaza et des défis économiques internes, l’Égypte a réussi à attirer près de 15 millions de visiteurs en 2023, et continue de séduire avec des prix attractifs et son patrimoine culturel exceptionnel.

Cette affaire soulève des questions sur la liberté d’expression en Égypte et sur la manière dont le gouvernement gère les critiques pour redorer son blason.

Clara Höser

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