Ce Mercredi 27 novembre au matin, un cessez-le-feu a pris effet au Liban entre Israël et le Hezbollah, après plus d’un an de tensions transfrontalières et deux mois de conflit ouvert opposant l’armée israélienne au mouvement terroriste libanais soutenu par l’Iran. (Avec AFP)
La trêve entre Israël et le mouvement terroriste islamiste libanais Hezbollah, en vigueur depuis 4 heures (02H00 GMT) ce mercredi 27 novembre, vise à mettre fin à un conflit qui a poussé, d’abord, des dizaines de milliers de personnes en Israël, puis, du fait de l’intervention Israélienne pour protéger et permettre le retour de ses citoyens chez eux, des centaines de milliers au Liban à quitter leur domicile. Ce conflit a entraîné des bombardements meurtriers sur le Liban, faisant des milliers de victimes, ainsi que le déploiement de soldats israéliens de l’autre côté de la frontière pour affronter les combattants du Hezbollah.
L’armée israélienne dispose de 60 jours pour effectuer un retrait progressif du Liban. Le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui avait ouvert un front contre Israël le 8 octobre 2023 en soutien au Hamas, a agi après l’attaque ultra sanguinaire menée par le mouvement terroriste islamiste palestinien, en Israël, déclenchant la guerre dans la bande de Gaza, dont un très grand nombre de civils s’étaient joints au Hamas pour massacrer, torturer et violer, d’une part, tandis qu’ils étaient encore bien plus nombreux (et surtout nombreuses) à piller les maisons des victimes juives des massacres .
Ce mardi 26 novembre, le président états-unien Joe Biden a salué l’accord de cessez-le-feu, le qualifiant de “nouveau départ” pour le Liban et de “bonne nouvelle”, fruit des efforts conjoints des États-Unis d’Amérique et de la France. Selon un haut responsable états-unien, le Hezbollah devra également se retirer de la frontière Sud avec Israël.
Avant d’approuver l’accord, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a précisé que la durée du cessez-le-feu dépendrait “des développements au Liban”. Il a ajouté : “Nous conservons une totale liberté d’action militaire au Liban. Si le Hezbollah viole l’accord et cherche à se réarmer, nous répondrons par des attaques.”
L’armée israélienne a averti, peu après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les habitants du sud du Liban de ne pas s’approcher des positions où elle reste déployée. « Il vous est interdit de vous diriger vers les villages que les FDI (l’armée israélienne, NDLR) ont ordonné d’évacuer ou vers les forces des FDI dans la région », a déclaré le porte-parole de l’armée, Avichay Adraee, dans un message sur « X ».
Au moins 3.823 personnes ont été tuées au Liban
Selon les autorités libanaises, au moins 3 823 personnes ont été tuées au Liban au total depuis octobre 2023, dont la plupart ces dernières semaines. Les hostilités y ont déplacé quelque 900 000 personnes, selon l’ONU. Côté israélien, 82 militaires et 47 civils ont été tués en 13 mois, dans les affrontements avec le Hezbollah, selon les autorités.
Mardi, des habitants du Nord d’Israël interrogés par l’AFP s’affirmaient opposés à un cessez-le-feu : « ce serait une grave erreur tant que le Hezbollah n’aura pas été complètement éliminé », jugeait Maryam Younnes, une étudiante de 29 ans.
« Se concentrer » sur l’Iran
L’annonce de l’accord est intervenue après qu’Israël a pilonné, ce mardi 26 novembre, le centre de Beyrouth, et sa banlieue Sud, bastion du Hezbollah, comme jamais depuis qu’il a lancé, le 23 septembre dernier, une campagne de bombardements visant le mouvement dans le pays voisin, puis y a entamé, le 30 septembre, des opérations au sol dans le sud.
Moins d’une heure avant l’entrée en vigueur de l’accord, au moins deux frappes ont visé la banlieue Sud de Beyrouth, selon des images diffusées par AFPTV, peu après des appels à évacuer une zone au centre de la capitale libanaise et une autre dans sa banlieue Sud par l’armée israélienne. Mardi soir, le Hezbollah avait, de son côté, dit avoir lancé des drones contre des « cibles militaires sensibles » à Tel-Aviv.
Le Hezbollah n’a pas participé directement aux négociations de la trêve, faisant plutôt appel au chef du Parlement Libanais, Nabih Berri, pour négocier en son nom, et n’a pas, jusqu’ici, commenté l’accord. La guerre au Liban a considérablement affaibli le mouvement terroriste pro-iranien. Son chef, Hassan Nasrallah, a été tué le 27 septembre dans une puissante frappe israélienne sur la banlieue Sud de la capitale libanaise, de même que nombre de ses hauts responsables.
Benjamin Netanyahu considère que la trêve va permettre à Israël d' »intensifier » sa pression sur le Hamas palestinien, contre lequel il mène une offensive de destruction contre ce mouvement terroriste dans la bande de Gaza. « Lorsque le Hezbollah est hors jeu, le Hamas se retrouve seul (à Gaza). Notre pression va s’intensifier, et cela contribuera à la mission sacrée de libérer nos otages « , a-t-il déclaré, toujours ce mardi 26 novembre, à la télévision.
Le cessez-le-feu va également permettre à Israël de « se concentrer sur la menace iranienne », a ajouté M. Netanyahu. Téhéran constitue le principal soutien du Hezbollah et du Hamas et d’autres mouvements terroristes islamiques qui, au Moyen-Orient, s’opposent à Israël. L’Iran a lui-même effectué deux attaques de missiles et de drones contre Israël depuis le déclenchement de la guerre à Gaza, la plupart interceptés.
Les attaques du Hezbollah dans le Nord d’Israël ont contraint des dizaines de milliers d’habitants à évacuer leur domicile. Les autorités israéliennes affirment combattre le mouvement libanais pour leur permettre d’y revenir.
Paris et Washington veillent
D’après Joe Biden, l’accord de trêve a été conçu pour donner lieu à un arrêt permanent des hostilités entre les deux parties. En vertu de l’accord, l’armée libanaise doit prendre le contrôle de la zone frontalière, côté libanais, et « ce qui reste du Hezbollah et des autres organisations terroristes ne sera pas autorisé (…) à menacer à nouveau la sécurité d’Israël », a dit le président états-unien.
Les États-Unis d’Amérique et la France doivent veiller à ce que l’accord de cessez-le-feu soit « mis en œuvre dans son intégralité », ont déclaré, ce mardi soir, Joe Biden et son homologue français, Emmanuel Macron, dans un communiqué commun. Le ministre états-unien de la Défense, Lloyd Austin, a, pour sa part, salué, ce mardi soir, une « résolution diplomatique » qui « permettra à des dizaines de milliers de civils libanais et israéliens de rentrer chez eux en toute sécurité, de part et d’autre de la frontière, et de mettre un terme à la violence et à la destruction engendrées par ce conflit ».
Parallèlement, l’armée israélienne poursuit ses frappes sur la bande de Gaza assiégée, où au moins 22 personnes ont été tuées ce mardi, selon la Défense civile, et où des milliers de déplacés tentent de se protéger de la pluie et du froid.
Didier Maréchal & Christian Estevez