Mary Jane Veloso, Philippine condamnée à mort en Indonésie pour trafic de drogue, pourrait être transférée à Manille avant Noël grâce à un accord entre les deux pays. Cette affaire a suscité une vive émotion aux Philippines, où sa famille et ses partisans plaident son innocence depuis 2010.
Mary Jane Veloso, une mère de famille philippine condamnée à mort en Indonésie pour trafic de drogue, pourrait être rapatriée à Manille « avant Noël », selon le gouvernement indonésien. Âgée de 39 ans, Veloso avait été arrêtée en 2010 avec 2,6 kilogrammes d’héroïne dans ses bagages. Elle est depuis incarcérée à Yogyakarta.
« Nous acceptons de renvoyer la personne concernée aux Philippines », a déclaré Yusril Ihza Mahendra, ministre indonésien des Affaires juridiques et des droits Humains, ajoutant qu’un retour pourrait intervenir vers le 20 décembre. L’accord, signé le 6 décembre à Jakarta avec Raul Vasquez, sous-secrétaire du ministère philippin de la Justice, précise les conditions du transfèrement.
Celia Veloso, la mère de Mary Jane, s’est dite « ravie et surprise » à l’idée de revoir sa fille : « Cela pourrait être le Noël le plus joyeux que nous ayons jamais eu en famille. »
La condamnation de Mary Jane Veloso avait provoqué un tollé aux Philippines. Sa famille affirme qu’elle a été piégée par un réseau de trafiquants d’êtres humains. En 2015, son exécution avait été suspendue après l’arrestation d’une femme soupçonnée de l’avoir recrutée.
Fin novembre, le président philippin Ferdinand Marcos Jr. avait obtenu l’accord de principe du président indonésien Prabowo Subianto pour ce rapatriement. Une fois aux Philippines, Mary Jane Veloso purgera sa peine conformément aux lois locales, a précisé Raul Vasquez, exprimant la « sincère gratitude » de son gouvernement envers Jakarta.
L’Indonésie, dont la législation antidrogue est parmi les plus sévères au monde, compte 530 détenus dans le couloir de la mort, dont 96 étrangers. Les discussions se multiplient avec d’autres pays, comme l’Australie et la France, pour le rapatriement de leurs ressortissants condamnés.
Le gouvernement indonésien a néanmoins annoncé, ce jeudi 5 décembre, qu’il pourrait reprendre prochainement les exécutions des trafiquants de drogue après épuisement de leurs recours légaux.
Clara Höser