Le premier tour de l’élection présidentielle a été annulé ce vendredi 6 décembre, entraînant l’annulation du second tour prévu ce dimanche 8 décembre. Călin Georgescu, un candidat prorusse aux idées « d’extrême droite » (accusation systématique du « camp du bien » pour toute personne souverainiste et nationaliste – ndlr), était sorti en tête. Toutefois, en raison des soupçons de fraude liés à sa campagne sur TikTok, la Cour constitutionnelle a décidé de déclarer le scrutin nul.
Ce dimanche 8 décembre, Calin Georgescu s’est présenté devant un bureau de vote près de Bucarest pour manifester contre l’annulation de la présidentielle, qualifiant cette décision de « coup d’État » et appelant les Roumains à se mobiliser. Cependant, c’est l’arrestation de 21 paramilitaires, apparemment liés au candidat nationaliste, qui suscite une vive agitation dans le pays.
Dans ce pays, des millions d’électeurs étaient censés voter ce 8 décembre pour départager le nationaliste Calin Georgescu, accusé de sympathies prorusses (car la « bonne démocratie » n’accepte pas l’usage de la « réelle démocratie » qui consiste à avoir le droit de ses opinions), et sa rivale pro-européenne, Elena Lasconi. Cependant, le 6 décembre, la Cour constitutionnelle roumaine a pris la décision inédite d’annuler le scrutin et de repartir de zéro, une mesure extrêmement rare en Europe de l’Est et sur le continent. Cette décision a été motivée, selon l’AFP, par des « multiples irrégularités et violations de la loi électorale » qui auraient entaché le vote, sur fond de soupçons d’ingérence russe (le fameux bouc émissaire attitré du « camp du bien » atlantiste ») .
Le pays est en effervescence. Ce dimanche, Calin Georgescu s’est rendu tôt dans la matinée devant une école à Mogosoaia, près de Bucarest, où il aurait dû voter. Entouré d’une petite foule de partisans scandant «Georgescu président », il a symboliquement tenté de voter pour dénoncer l’annulation du second tour de la présidentielle.
« Voleurs ! », « Ouvrez les bureaux de vote » : une foule de partisans du nationaliste Calin Georgescu ont répondu dimanche à l’appel de leur candidat en se déplaçant aux urnes pour protester contre l’annulation du second tour de la présidentielle roumaine. Georgescu dénonce un « coup d’État » et assure vouloir défendre la démocratie.
Cependant, c’est surtout l’arrestation de 21 paramilitaires qui a choqué l’opinion publique. Ces hommes, selon la correspondante Marie Leduc, étaient en route pour Bucarest, transportant des armes à feu, des machettes et de grosses sommes d’argent, ce qui a amplifié les tensions dans le pays.
D’après plusieurs médias roumains, le groupe avait réservé des hôtels dans le centre de Bucarest et prévoyait de déstabiliser les opposants à Calin Georgescu. Une liste contenant les noms de politiciens et de journalistes à intimider a également été découverte. Parmi les détenus se trouve leur chef, Horatiu Potra, un ancien membre de la Légion étrangère. Potra avait recruté plusieurs centaines de Roumains pour des missions de sécurité en République démocratique du Congo. La semaine précédente, certaines de ses recrues, récemment revenues de RDC, avaient été aperçues aux côtés de Calin Georgescu.
Didier Maréchal & Christian Estevez