Les forces antigouvernementales, dirigées par des islamistes, ont déclaré à la télévision publique syrienne la chute du président Bachar al-Assad et sa fuite, ainsi que la “libération” de Damas, mettant fin à plus de cinquante ans de domination de la famille Assad. (Source : AFP)
Dix jours après le début de leur avancée rapide à travers la Syrie, les forces antigouvernementales islamistes de la branche syrienne d’Al-Qaïda ont pris le contrôle de la capitale, Damas, ce dimanche 8 décembre. Selon des agences de presse russes, le président Bachar al-Assad aurait fui en Russie avec sa famille. Les rebelles ont imposé un couvre-feu à Damas jusqu’à ce lundi matin. Pour le président états-unien, Joe Biden, la chute du régime syrien représente une « opportunité historique » pour le peuple syrien (propos pour endormir « le monde », car il s’agit largement plus d’une opportunité, pour les Etats-Unis d’Amérique, de porter un coup stratégique à la Russie et à l’Iran, principaux pays partenaires de la Syrie sous le régime d’El Assad).
Dans le centre de Damas, la capitale “libérée” par ceux que la propagande validée par l’Occident qualifie de « rebelles », plusieurs dizaines de personnes ont renversé et piétiné une statue de Hafez al-Assad, le père de Bachar, qui a dirigé la Syrie de 1971 jusqu’à sa mort en 2000, selon des images de l’Agence France-Presse. D’autres manifestants à travers le pays ont également déboulonné des statues des deux Assad (les mêmes images de propagande façons Etats-Unis d’Amérique que lorsque cet empire a été envahir l’Irak et fait chuter Saddam Hussein pour mieux mettre la main sur les ressources du pays sans se soucier le moins du monde de la réelle Démocratie, laissant des islamistes prendre le pouvoir et faire de ce pays un pays de non-droits Humains).
Damas est tombée
Ce dimanche, les djihadistes ont pris le contrôle de la capitale syrienne, mettant fin à leur avancée fulgurante entamée le 27 novembre dernier (et qui n’a pu se faire que grâce au financement et soutients divers de pays riches, comme le Qatar, qui soutenait déjà Al-Qaida, mais tout aussi possiblement des pays occidentaux – et particulièrement les EUA -, pour les raisons idéologiques, géostratégiques et économiques que nous avons cité plus haut). « Nous proclamons la ville de Damas libre », ont déclaré des groupes islamistes dans des messages diffusés sur l’application « Telegram » (les mêmes groupes dans lesquels ils ont diffusé, tout aussi fièrement,, le 30 novembre dernier, des images montrant des femmes kurdes raflées par ces fameux « rebelles libérateurs » pour servir d’esclaves sexuelles, une fois avoir fini de prendre la ville d’Alep – ndlr) . Des scènes de joie ont éclaté à travers la Syrie, et les islamistes ont instauré un couvre-feu en vigueur de ce dimanche 8 décembre, après-midi, jusqu’au lundi 9 décembre au matin (et en attendant d’autres couvre-feux dictatoriaux que la population trop bêtement naïve – comme le reste du monde qui se réjouit de ces évènements – n’aura même pas vu venir lui tomber dessus).
Bachar al-Assad en fuite
« Assad a quitté la Syrie via l’aéroport international de Damas avant que les forces armées et de sécurité ne quittent les lieux », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). « Le tyran Bachar al-Assad a pris la fuite », ont également affirmé les islamistes. Selon des agences de presse russes, le président syrien se trouverait à Moscou avec sa famille.
Réactions internationales
La France a « salué » la chute du régime de Bachar al-Assad, dénonçant un règne marqué par une « grande violence contre son propre peuple ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a exprimé son inquiétude, appelant les Syriens à rejeter « l’extrémisme ». De son côté, le président états-unien Joe Biden a qualifié la chute de Bachar al-Assad d’ « opportunité historique » pour le peuple syrien, tout en soulignant qu’il ne fallait pas laisser « l’État islamique et les organisations terroristes » gagner du terrain.
Qui sont les fameux « rebelles » ?
Les « rebelles » en Syrie constituent un groupe diversifié qui lutte contre le régime de Bachar al-Assad. Ils regroupent différentes factions, notamment des groupes islamistes tels que Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et des groupes plus modérés comme l’Armée nationale syrienne. Le HTS, autrefois affilié à Al-Qaïda, a rompu ses liens avec l’organisation terroriste en 2016, du fait du désaccord sur la façon dont il fallait faire la « guerre sainte islamique » pour imposer l’islam au niveau mondial, et se concentre désormais sur un “jihad local”.
Ce groupe a créé un quasi-État dans la province d’Idleb, avec ses propres institutions, armée et forces de police. Bien que les rebelles partagent l’objectif de renverser le régime, les relations entre les différentes factions sont souvent complexes et peu harmonieuses. La Turquie joue un rôle clé dans le conflit, en apportant un soutien à certains groupes rebelles, y compris le HTS.
À la tête du HTS se trouve Abou Mohammed al-Joulani, de son vrai nom Ahmed al-Chareh, un dirigeant décrit comme un radical pragmatique, ayant évolué d’un discours fondamentaliste à des positions plus modérées dictés par la nécessité d’endormir les esprits pour mieux imposer sa dictature islamique le moment venu (ce même Mohammed Al-Joulani a, d’ailleurs, personnellement félicité les terroristes du Hamas après leur massacres perpétués le 7 octobre 2023 en Israël – avec toutes les exactions atroces que nous avons déjà maintes fois rappelé.
La résidence de Bachar al-Assad pillée, le palais présidentiel incendié
Dimanche, des dizaines de Syriens ont envahi la somptueuse résidence du président Bachar al-Assad après qu’elle ait été pillée. La salle de réception du palais présidentiel, situé dans un autre quartier de Damas, a été incendiée. Des hommes, des femmes et des enfants déambulaient dans les pièces et sur les escaliers de la résidence, située dans le quartier chic de Malki, après la fuite de Bachar al-Assad (une autre réplique à l’identique que lors de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis d’Amérique et la Grande-Bretagne, en 2003 – ndlr).
“Je suis venu pour la vengeance, car ils nous ont opprimés d’une manière incroyable”, a confié à l’AFP Abou Omar, 44 ans, qui a préféré ne pas dévoiler son nom de famille. “Je prends des photos, car je suis tellement heureux d’être au cœur de sa maison.” La résidence, composée de trois immeubles de six étages, a été pillée après que Damas est tombée aux mains des « rebelles ».
La fin de cinq décennies de règne sans partage
Bachar al-Assad a dirigé la Syrie d’une main de fer pendant 24 ans, réprimant violemment, en 2011 les manifestations « prodémocratie », qui ont dégénéré en guerre civile, suite aux révolutions arabes. Avant lui, son père, Hafez al-Assad, avait également écrasé sans pitié toute opposition. Le parti Baas, fondé par Hafez al-Assad, est au pouvoir en Syrie depuis plus de 60 ans, suite à un coup d’État militaire en 1963.
Pendant trois décennies, le pays a vécu sous un régime autoritaire : l’opposition était réprimée, la presse censurée, les manifestations interdites et l’état d’urgence instauré. En février 1982, le régime écrase dans le sang une rébellion des « Frères musulmans » (mouvement islamiste radical – ndlr) dans le centre du pays, causant entre 10 000 et 40 000 morts selon les estimations. Sans opposition, le candidat à la présidence est désigné par le parti et soumis à un référendum, où Hafez puis son fils Bachar al-Assad étaient “élu” à plus de 90 % des voix.
Les révoltes arabes de 2011, qui ont déstabilisé la Tunisie, l’Égypte et la Libye, ont également gagné la Syrie et remis en cause la domination du Baas. Bachar al-Assad a promis des réformes, mais a réprimé le soulèvement dans le sang. Le conflit s’est transformé en une guerre civile, morcelant le pays et causant plus d’un demi-million de morts (dont une large partie est due aux mouvements islamistes Al-Qaida et Daesh/ISIS).
Lorsque l’on rappelle que, à ces « printemps arabes » dans les trois pays précités, ont succédés des dictatures islamiques, il est impossible d’être optimiste pour la Syrie puisque ce sont directement les islamistes qui dirigent ce changement de pouvoir, faisant que le cholera est remplacé par la peste noire.
Christian Estevez & Joseph Kouamé