Le vendredi 20 décembre dernier, en Birmanie, le régime a perdu l’une de ses 14 bases régionales situées dans l’État de Rakhine, à l’ouest du pays. Il s’agit du deuxième quartier général à tomber aux mains des opposants en l’espace de cinq mois, représentant un nouveau revers majeur pour la junte dans sa lutte contre les rebelles. (source : RFI)
Un important groupe rebelle ethnique a annoncé, ce vendredi 20 décembre, avoir pris le contrôle d’un quartier général régional de l’armée birmane dans l’État de Rakhine, à l’ouest de la Birmanie, infligeant un nouveau revers à la junte au pouvoir.
La junte birmane possède 14 quartiers généraux répartis à travers le pays, dont plusieurs sont engagés dans des combats contre des groupes rebelles, notamment les « Forces de Défense du Peuple », formées après la prise de pouvoir militaire en 2021. La perte de la base d’Ann, bien que non confirmée par la junte, serait la deuxième en cinq mois à tomber aux mains des rebelles.
Intérêt économique et stratégique
La capture de la base d’Ann par l’armée d’Arakan (AA) constitue avant tout une prise majeure d’armes et d’équipements militaires. Mais l’importance de cette victoire va au-delà, comme le souligne Zachary Abuza, expert en politique et sécurité en Asie du Sud-Est à l’université de George Town aux États-Unis d’Amérique.
« C’est aussi important, car il s’agit d’une station de pompage pour l’oléoduc et le gazoduc chinois, ce qui confère à la base une utilité économique », analyse l’expert.
Cette base confère aussi à l’AA un avantage géographique : « C’est également le point de passage entre Rakhine et les régions centrales de Segay, Magwe et Mandeley. Donc s’ils contrôlent cette route d’entrée et de sortie, ils contrôlent en fait toute la logistique terrestre de Rahkine. »
La perte de cette base compliquera considérablement les futurs ravitaillements de l’armée birmane dans l’ouest du pays. Elle représente également une nouvelle menace pour les usines d’armement de la junte situées dans les régions plus centrales de la Birmanie, à la frontière de l’État de Rakhine.
Les hostilités se sont intensifiées dans l’État de Rakhine depuis que l’armée d’Arakan (AA) a lancé une attaque contre les forces de sécurité en novembre 2023, mettant fin à un cessez-le-feu qui durait depuis 2021. Les combattants de l’AA ont pris le contrôle de vastes territoires dans cet État, l’un des plus pauvres du pays. L’ONU a averti que la région est « au bord d’une catastrophe sans précédent », avec plus de deux millions d’habitants menacés de famine.
Joseph Kouamé