La Corée du Nord va adopter sa stratégie « la plus dure » contre les États-Unis d’Amérique, qu’elle accuse d’être le pays « le plus réactionnaire » du monde, a rapporté, ce dimanche 29 décembre, l’agence de presse officielle KCNA, après la conclusion d’une importante réunion du parti au pouvoir.
Cette grand-messe du Parti des travailleurs de Corée, présidée par le dirigeant Kim Jong-un, s’est déroulée de lundi 23 à vendredi 28 décembre 2024, selon KCNA, en amont du Nouvel An traditionnellement marqué par une allocution du dirigeant nord-coréen.
« Les États-Unis d’Amérique sont le pays le plus réactionnaire, qui considère l’anticommunisme comme étant son invariable politique d’État », indique le média officiel dans un compte rendu des discussions, en anglais.
Le parti a également critiqué les relations de plus en plus étroites entre la Corée du Sud voisine, le Japon et les États-Unis d’Amérique, estimant que ces partenaires étaient devenus un bloc militaire nucléaire à des fins d’agression. Il a aussi qualifié la Corée du Sud « d’avant-poste anticommuniste des États-Unis dans la région », alors que le régime nord-coréen s’est construit sur cette idéologie.
Face à cette situation, Kim Jong-un a ainsi clarifié la stratégie à adopter pour mettre en œuvre la « contremesure anti-États-Unis la plus dure, à lancer de manière agressive », a relaté KCNA, sans donner de détails.
Rapprochements avec Moscou
Ce type de congrès du Parti des travailleurs, ainsi que les discours de M. Kim adressés aux responsables nord-coréens, servent généralement à Pyongyang de tribune pour l’annonces de politiques majeures.
La Corée du Nord s’oppose résolument aux États-Unis d’Amérique et houspille régulièrement les dirigeants de Corée du Sud, les accusant d’être des « marionnettes des Américains ». Elle se rapproche, à l’inverse, de la Russie, avec qui elle a signé, en juin de cette année, un pacte de défense mutuel entré en vigueur au début du mois.
Lors de leur réunion, les membres du parti au pouvoir ont par ailleurs appelé à renforcer les relations avec les pays amis. Pyongyang et Moscou ont resserré leurs liens depuis que ce dernier a engagé une guerre contre l’Ukraine en février 2022.
Les États-Unis d’Amérique et des alliés majeurs ont dénoncé un soutien direct de la Corée du Nord à la Russie, jugeant qu’il représentait un élargissement dangereux du conflit.
Pyongyang est accusé de fournir troupes et matériel militaire à Moscou, les Occidentaux craignant que la Russie ne lui offre en échange une assistance, notamment économique et technologique.
Joseph Kouamé