À la tête de la Syrie depuis la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre dernier, Ahmad al-Chareh, nouveau dictateur de la Syrie et meneur de l’organisation terroriste islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC), détaille dans une interview exclusive à « Al Arabiya News » ses priorités pour un pays en quête de stabilité. Entre processus électoral, nouvelle Constitution et relations géopolitiques, il se veut porteur d’un discours d’apaisement et de reconstruction.
Dans un entretien, Ahmad al-Chareh a annoncé que l’organisation d’élections en Syrie pourrait nécessiter jusqu’à quatre ans, le temps de réaliser un recensement complet de la population. La rédaction d’une nouvelle Constitution devrait, quant à elle, prendre trois ans. Se félicitant des avancées réalisées depuis le renversement du régime Assad, il a affirmé : « Le processus de libération a été mené sans victimes ni déplacements, et chaque citoyen a désormais le droit d’exprimer son opinion pacifiquement, tant que les institutions publiques restent intactes. »
Vers la stabilité régionale et le respect de la souveraineté
Décrivant sa vision d’une « Syrie libérée », Ahmad al-Chareh s’engage à garantir la sécurité régionale pour les décennies à venir. Concernant les relations avec l’Iran, il a insisté sur la nécessité d’un respect mutuel de la souveraineté des deux nations, tout en estimant la nécessité des relations solides avec l’état iranien.
Appel à la levée des sanctions états-uniennes
Le dirigeant syrien a appelé l’administration de Trump à lever les sanctions imposées à la Syrie. D’après lui, elles n’avaient plus lieu d’être après la chute de l’ancien régime. « Ce sont les victimes du régime Assad qui l’ont renversé. Les sanctions doivent donc être levées automatiquement », a-t-il déclaré.
Forces démocratiques syriennes et avenir des armées
Ahmad al-Chareh envisage l’intégration des Forces démocratiques syriennes (FDS), principalement kurdes, dans la future armée nationale. Il a cependant souligné que « les armes doivent être uniquement aux mains de l’État », et qu’une intégration ne sera possible qu’en respectant des critères stricts, ouvrant la voie à des négociations.
Une collaboration pragmatique avec la Russie
Le nouveau dictateur syrien a réaffirmé les « intérêts stratégiques profonds » liant la Syrie et la Russie, évoquant l’importance de l’implication russe dans l’armement syrien et la gestion de nombreuses centrales nucléaires. Tout en souhaitant préserver cette relation, il a précisé ne pas vouloir que la présence russe en Syrie devienne un enjeu de tensions internationales.
La reconstruction syrienne
Malgré des promesses de réformes politiques et sociales, Ahmad al-Chareh a un discours parfaitement rodé, et ne se revendique pas comme un « libérateur ». En effet, il déclare que ce sont les sacrifices des Syriens qui ont permis cette liberté.
Clara Höser & Christian Estevez