Depuis les élections présidentielles du 9 octobre 2024, le Mozambique est plongé dans une spirale de violences post-électorales qui a fait près de 300 morts lors de manifestations.
À ce climat de tension s’ajoute une crise humanitaire grandissante, marquée par l’exode de près de 3 000 personnes vers les pays voisins, principalement le Malawi et l’Eswatini. Ces déplacements forcés touchent aussi bien les citoyens mozambicains que les réfugiés installés dans le pays.
Entre exil et terreur
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) tire la sonnette d’alarme face à une situation critique. Alexander Ndachaisaba, un réfugié tanzanien de 23 ans, incarne cette réalité. Il s’était installé à Maputo dans l’espoir d’un avenir meilleur, mais la montée des violences l’a contraint à abandonner son commerce.
« L’endroit n’était plus sûr, raconte-t-il. Des inconnus venaient poser des questions sur votre soutien politique. Si vous disiez que vous souteniez Daniel Chapo, ils vous menaçaient. Ensuite, ils vous brûlaient ou détruisaient vos affaires. Nous avons tous dû abandonner nos biens. »
Alexander a quitté la capitale et se dirige désormais vers la frontière malawite, où de nombreuses personnes ont déjà trouvé refuge.
Ceux qui restent
Pourtant, tout le monde ne choisit pas l’exil. Certains, par espoir ou par nécessité, décident de rester malgré les risques. Un habitant local témoigne : « J’espère que le gouvernement et les partis parviendront à engager un dialogue pour résoudre les problèmes du pays. »
Cette incertitude plane alors que Daniel Chapo, déclaré vainqueur de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel, doit prêter serment le 15 janvier. Une date qui pourrait attiser davantage les tensions et déclencher de nouvelles violences.
Appels au dialogue
Dans ce contexte fragile, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a appelé, dans un communiqué publié le 1er janvier, à la retenue et à l’ouverture d’un dialogue constructif. L’objectif : éviter une nouvelle escalade et trouver une issue pacifique à cette crise politique et sociale.
Un avenir incertain
Alors que des milliers de déplacés affrontent des conditions précaires en quête de sécurité, les regards se tournent vers les dirigeants politiques mozambicains. Leur capacité à surmonter les différends et à engager des discussions déterminera l’avenir immédiat du pays et le sort des citoyens pris au piège de cette violence.
Joseph Kouamé