Roumanie : Des manifestations massives secouent le pays après l’annulation de l’élection présidentielle

Des dizaines de milliers de Roumains se sont rassemblés à Bucarest pour protester contre l’annulation de l’élection présidentielle par la Cour constitutionnelle. Cette décision intervient dans un contexte de soupçons d’ingérence russe et de débats sur l’avenir démocratique du pays.

La Roumanie traverse une période de turbulences politiques après la victoire de Călin Georgescu, un populiste d’extrême droite, au premier tour de l’élection présidentielle du 24 novembre. Deux jours avant le second tour prévu le 8 décembre, la Cour constitutionnelle a annulé la course présidentielle, suscitant indignation et manifestations dans tout le pays.

Dimanche, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Bucarest, brandissant des pancartes proclamant « La démocratie n’est pas facultative » et « Nous voulons des élections libres« . Ils ont également exigé la reprise de la compétition présidentielle à partir du second tour.

George Simion, leader de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), a pris la parole lors du rassemblement, qualifiant l’annulation de « coup d’État ». Il a déclaré : « Nous exigeons un retour à la démocratie par la reprise des élections, en commençant par le second tour ».

La décision d’annuler l’élection s’appuie sur des allégations d’irrégularités, notamment l’utilisation de technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle, et de financements non déclarés. Georgescu, dont la campagne n’a déclaré aucune dépense, est également accusé d’avoir bénéficié d’un soutien artificiel sur TikTok, où il compte 646 000 abonnés et 7,2 millions de likes.

Le gouvernement, dirigé par le Premier ministre pro-européen Marcel Ciolacu, tente de gérer cette crise. Ciolacu, arrivé troisième au premier tour malgré des sondages favorables, a récemment formé une nouvelle coalition parlementaire. Cependant, la colère populaire reste vive, avec de nouvelles élections prévues en mai.

Georgescu a contesté l’annulation auprès des juridictions nationales et de la Cour européenne des droits de l’homme. En attendant, l’avenir politique de la Roumanie, État membre de l’UE et de l’OTAN, demeure incertain, entre protestations populaires et défis institutionnels.

Clara Höser

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