En Algérie, la fermeture de toutes les églises protestantes marque une intensification de la répression religieuse, selon l’ONG « Portes ouvertes » dans son Index mondial 2025 publié ce mercredi 15 janvier. Cette situation dramatique met fin à une exception notable dans la région, où les protestants, majoritairement des Algériens convertis, pouvaient autrefois pratiquer leur foi librement.
Une répression croissante contre les églises évangéliques
Alors que quatre églises protestantes restaient ouvertes jusqu’en mai dernier, elles ont désormais toutes été fermées par les autorités algériennes. L’ONG Portes ouvertes souligne un « tour de vis sévère » visant les chrétiens convertis, dont les pratiques religieuses sont désormais contraintes à la clandestinité.
Cette répression s’est accentuée avec la condamnation, le 2 mai 2024, du pasteur Youssef Ourahmane, vice-président de l’Église Protestante d’Algérie. La Cour d’Appel de Tizi Ouzou l’a condamné à un an de prison ferme pour avoir organisé une retraite spirituelle dans une chapelle déjà fermée par les autorités. Ce jugement illustre la fermeté des autorités à l’encontre des cultes non musulmans, qui ne peuvent être pratiqués que dans des bâtiments spécifiquement agréés par l’État, conformément à l’ordonnance 06-03 de 2006.
Un climat de persécution
Le rapport de Portes ouvertes révèle que plus de 60 000 chrétiens évangéliques et 42 900 pentecôtistes vivent aujourd’hui en Algérie, mais sans aucun lieu de culte officiel. Une vingtaine de chrétiens convertis font actuellement face à des poursuites judiciaires. La Constitution algérienne, qui exclut les non-musulmans des plus hauts postes de l’État, et des lois qui criminalisent tout acte pouvant « ébranler la foi d’un musulman », renforcent cette répression.
Seules les quatre diocèses catholiques d’Algérie conservent une certaine liberté de culte, en vertu d’accords historiques. En revanche, les protestants, qui étaient encore relativement libres de pratiquer leur foi, doivent désormais se réunir dans la clandestinité.
La fin d’une exception régionale
« En Algérie, plus aucune liberté de culte n’est possible pour les protestants. Les 47 églises qui existaient ne peuvent plus fonctionner. C’est la fin d’une exception dans la région, ce pays étant le seul où des locaux, en majorité des convertis, se réunissaient jusqu’alors en toute liberté », a déclaré Portes ouvertes lors d’un point presse mardi.
Un problème mondial croissant
Cette situation algérienne s’inscrit dans un contexte global préoccupant. Selon l’ONG, la persécution des chrétiens a augmenté de 25 % au cours des dix dernières années. Aujourd’hui, plus de 380 millions de chrétiens sont persécutés dans le monde, soit un sur sept.
Pour les chrétiens d’Algérie, les restrictions actuelles marquent une nouvelle étape dans la lutte pour leur survie spirituelle. Portes ouvertes appelle la communauté internationale à réagir face à cette répression religieuse croissante et à défendre le droit fondamental à la liberté de culte.
Joseph Kouamé