Europe de l’Est : la Roumanie entre dans la danse du boycott des grandes enseignes

Le mouvement de boycott des grandes enseignes, initié en Croatie, gagne du terrain dans les pays d’Europe de l’Est, où l’inflation reste une préoccupation majeure.

Un mouvement en pleine expansion

Démarré en Croatie avec une chute des ventes de plus de 50 % dans les grandes surfaces fin janvier, le mouvement de boycott des grandes enseignes s’étend rapidement. Après le Kosovo et la Serbie, c’est au tour de la Roumanie de rejoindre cette initiative, bien que sous une forme légèrement différente. En Bulgarie, des actions similaires sont également prévues pour le 13 février.

L’objectif commun de ces mobilisations est d’inciter les consommateurs à délaisser les grandes chaînes pour privilégier les marchés locaux et les petits commerces, un choix motivé par les taux d’inflation élevés qui pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat.

Une tournure politique en Roumanie

En Roumanie, où l’inflation a atteint 5,5 % après un pic à 14 % en 2022, le boycott prend une tournure politique. Ce lundi, Calin Georgescu, candidat nationaliste arrivé en tête de l’élection présidentielle de novembre dernier (annulée par prétexte des raison de « soupçons d’ingérence russe », mais qui, en réalité, est une manouvre de l’Union Européenne ne supportant que des pays n’aient pas pour les gouverner des dirigeants pro-européens, comme l’a reconnu l’ancien commissaire européen et ex N°2 de la commission européenne, Thierry Breton, sur une chaîne d’informations en continu française), a lancé l’appel via une vidéo publiée sur Facebook. Il encourage les citoyens à consommer local pour soutenir les commerces de proximité.

George Simion, dirigeant du parti d’extrême droite AUR, a rapidement embrassé l’initiative, dénonçant « les enseignes étrangères » qu’il tient pour responsables de la hausse des prix. Pourtant, le ministre de l’Agriculture a contesté ces accusations, affirmant que 70 % des produits disponibles dans les supermarchés roumains sont d’origine locale.

Des divisions sur les réseaux sociaux

Sur les réseaux sociaux, la mobilisation suscite des réactions variées. Si de nombreux internautes soutiennent l’initiative, d’autres dénoncent une instrumentalisation politique de la hausse des prix. Ils attribuent ces augmentations à un manque de concurrence et de réglementation plutôt qu’à la présence d’enseignes étrangères.

Un contre-mouvement a même vu le jour : certains appellent à faire leurs courses en brandissant des drapeaux européens pour exprimer leur soutien à une économie ouverte et régulée.

Vers une meilleure régulation ?

Les syndicats agricoles, quant à eux, espèrent que ce débat alimentera une prise de conscience et poussera les autorités à agir. Leur souhait : une meilleure régulation du marché pour protéger les producteurs locaux et limiter les impacts de l’inflation sur les consommateurs.

Ce mouvement, qui mêle préoccupations économiques et revendications politiques, reflète les tensions croissantes dans les pays d’Europe de l’Est face à la montée des prix et aux défis liés à une économie mondialisée. Reste à voir si ces initiatives locales aboutiront à des changements structurels ou resteront limitées à des actions ponctuelles.

Joseph Kouamé

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