Affamés et victimes de violences – y compris sexuelles, plusieurs otages israéliens libérés par le Hamas ont raconté les conditions inhumaines de leur détention dans la bande de Gaza.
Une trêve fragile est entrée en vigueur le 19 janvier entre Israël et le Hamas après plus de 15 mois de guerre dévastatrice à Gaza. Depuis, les otages israéliens libérés commencent à témoigner, dévoilant l’ampleur des sévices qu’ils ont endurés.
Les images des visages émaciés d’Ohad Ben Ami (56 ans), Eli Sharabi (52 ans) et Or Levy (34 ans), libérés le 8 février, ont bouleversé l’opinion publique. Après 491 jours de captivité, leur état de santé a été qualifié de « gravement détérioré », marqué par la malnutrition, des troubles cardiaques et une perte musculaire sévère, selon le corps médical israélien.
Or Levy a notamment passé l’essentiel de sa captivité dans les tunnels du Hamas, où il ne se douchait que tous les deux mois et restait pieds nus. Les otages ne recevaient parfois qu’un quart de pita par jour, avant d’être légèrement mieux nourris avant leur libération.
Les sévices subis par les femmes otages
Selon le « Wall Street Journal« , plusieurs femmes israéliennes ont été libérées avec des éclats d’obus encore présents dans leur corps, faute de soins. Certaines ont aussi témoigné de sévices sexuels. Amit Soussana, libérée en novembre 2023 après 55 jours de captivité, a raconté au « New York Times » l’agression qu’elle a subie alors qu’elle tentait de se laver : son geôlier, la menaçant avec une arme, l’a forcée à subir un acte sexuel. Certaines des femmes otages libérées lors de la première trêve avaient également témoigné de viols collectifs subis à plusieurs reprises et quelques unes d’entre elles étaient enceintes au moment de leur libération, alors qu’elles ne l’étaient pas lorsqu’elles avaient été prises en otages le 7 octobre 2023, y compris des jeunes filles mineures (sans passer sous silence les viols d’otages hommes également).
Le témoignage d’un otage franco-israélien
Ofer Kalderon, libéré le 1er février après 484 jours de captivité, a dénoncé des conditions de détention « brutales » : enfermé dans des tunnels, privé de lumière, affamé et battu. Selon lui, après la première trêve, le traitement des otages s’est encore aggravé.
Clara Höser & Christian Estevez