Ahmad al-Chareh, récemment désigné président de la Syrie par ceux qui le servent déjà comme chef terroriste pour la phase de transition après la chute de Bachar al-Assad, sera reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée “dans quelques semaines”, a annoncé la présidence française ce mercredi 12 février, souillant la mémoire du professeur Samuel Paty, qui avait été décapité par un tchétchène affilié au groupe terroriste djihadiste dont le nouveau dictateur syrien était et reste le dirigeant.
Le nouveau dictateur syrien (islamiste et terroriste, celui-ci), sera l’invité du président Français Emmanuel Macron « dans quelques semaines ». Ce déplacement marquera sa première visite officielle dans l’Union Européenne depuis son accession au pouvoir.
Un entretien sous tension entre Paris et Damas
L’invitation d’Ahmad al-Chareh à Paris intervient après un premier échange entre les deux dirigeants le 5 février dernier, “à l’initiative” du président français. À l’issue de cet appel, seul le gouvernement syrien avait évoqué une éventuelle visite en France. Emmanuel Macron avait alors souligné “la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme, dans l’intérêt du peuple syrien comme pour la sécurité de la nation française”.
Cette visite s’inscrit dans un contexte délicat. Ahmad al-Chareh est le fondateur et dirigeant historique du groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), une coalition ayant joué un rôle central dans le renversement du régime de Bachar al-Assad en décembre dernier, mais est toujours considéré comme une organisation terroriste islamiste par l’ONU, les États-Unis d’Amérique et plusieurs pays européens. Cependant, fin décembre, l’un des chefs militaires du groupe, Abou Hassan al-Hamwi, a appelé l’Occident à retirer HTS de cette liste, annonçant la dissolution de sa branche armée “dans l’intérêt général du pays”.
Un rapprochement stratégique entre la Syrie et l’Occident ?
Depuis son arrivée au pouvoir fin janvier dernier, Ahmad al-Chareh a déjà effectué deux visites officielles dans des pays fortement fondamentalistes islamiques, en Arabie saoudite et en Turquie, cherchant à consolider les relations diplomatiques de la nouvelle administration syrienne.
La communauté internationale observe de près cette transition politique en Syrie. De nombreux responsables européens se sont déjà rendus à Damas pour rencontrer Ahmad al-Chareh, parmi lesquels les ministres des Affaires étrangères français et allemand, qui ont été les premiers hauts diplomates occidentaux à s’entretenir avec lui début janvier (et dont le refus de serrer la main à la ministre de l’intérieur allemande, de la part d’Ahmad Al-Chareh, du simple fait qu’elle soit une femme, n’a même pas réveillé l’Occident – et particulièrement l’Allemagne – dans son soi-disant grand combat pour l’égalité des sexes – la journée internationale des droits des femmes, du 8 mars, étant même devenue, officiellement, dans ce pays, un jour férié) .
En parallèle, l’Union Européenne a amorcé un assouplissement de sa politique envers Damas. Fin janvier 2025, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé que certaines sanctions contre la Syrie allaient être levées, signalant une volonté de réévaluer les relations avec le pays.
La rencontre entre Emmanuel Macron et Ahmad al-Chareh pourrait donc marquer un tournant dans les relations entre la Syrie et l’Europe, à la fois sur le plan diplomatique et sécuritaire. Reste à voir si cette initiative sera suivie d’une reconnaissance plus large du nouveau pouvoir syrien par la communauté internationale – ce qui est fort probable tant l’Occident se montre très souple avec ses propres principes de droits Humains « progressistes » qu’il tient toujours à imposer au reste des civilisations de la planète, par un discours culpabilisant, et à même s’essuyer son derrière bien souillé d’actes contraires aux valeurs qu’il clame, pour peut que ses objectifs géopolitiques aboutissent, et particulièrement ceux contre la Russie, tout particulièrement, mais aussi contre l’Iran.
Christian Estevez & Joseph Kouamé