Boualem Sansal : l’Algérie « demande » à l’écrivain de choisir un avocat «non juif»

Incarcéré depuis novembre en Algérie, l’écrivain Boualem Sansal a reçu la visite d’émissaires du gouvernement algérien qui lui ont plus ordonné de façon sous-entendue que demandé de changer d’avocat, en raison de la confession juive de Me François Zimeray. Une exigence discriminatoire qui a provoqué la colère de l’auteur de « 2084 ».

Alors que l’écrivain Boualem Sansal vient d’annoncer qu’il est atteint d’un cancer, une information révélée par l’hebdomadaire « Marianne » suscite l’indignation. Incarcéré en Algérie depuis novembre dernier pour ses critiques envers le régime en place, l’auteur a reçu la visite d’émissaires du président Abdelmadjid Tebboune, lundi 17 février. Selon des sources judiciaires algériennes, ces émissaires lui auraient exhorté de changer de conseil et d’opter pour « un autre avocat français non juif ».

Afin de convaincre l’écrivain, les représentants du pouvoir lui auraient expliqué que le remplaçant « non juif » de Me François Zimeray pourrait obtenir plus facilement un visa pour lui rendre visite en prison. Ils auraient également prétendu que ce changement d’avocat le rendrait moins vulnérable aux attaques dont il est la cible. Des arguments qui n’ont fait qu’exacerber la colère de Boualem Sansal, qui a aussitôt récusé tous ses avocats algériens.

Cette démarche du gouvernement algérien n’est pas une première. Depuis le début de l’affaire, Me François Zimeray rencontre des difficultés pour obtenir un visa et pouvoir rendre visite à son client. Dans les médias algériens, il est fréquemment qualifié de « sioniste ». Cette appellation s’inscrit dans un climat de tensions diplomatiques, alors que l’Algérie avait déjà qualifié la France de « macronito-sioniste » en novembre dernier dans un communiqué d’Algérie Presse Service, agence liée à l’État algérien.

Clara Höser

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