Élections législatives en Allemagne : les conservateurs en tête, l’ « extrême droite » en progression historique

Les conservateurs allemands de la CDU/CSU, menés par Friedrich Merz, ont remporté les élections législatives de ce dimanche, confirmant leur place de premier parti du pays. Mais la surprise vient du parti d’ « extrême droite » AfD, qui réalise le meilleur score de son histoire avec près de 20 % des voix, un niveau inédit pour une formation dite « d’extrême droite » depuis l’après-guerre.

Un succès pour les conservateurs, une percée pour l’AfD

D’après les sondages à la sortie des urnes des chaînes publiques ARD et ZDF, la CDU/CSU recueille entre 28,5 % et 29 % des suffrages, confirmant son statut de première force politique du pays.

Derrière eux, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) obtient entre 19,5 % et 20 %, un score record pour un parti d’extrême droite lors d’un scrutin fédéral en Allemagne. Ce résultat traduit une montée en puissance spectaculaire d’une formation fondée en 2013, qui s’oppose notamment à l’immigration et affiche des positions prorusses.“Nous n’avons jamais été aussi forts au niveau national”, s’est félicitée Alice Weidel, cheffe de file de l’AfD, lors d’un discours à Berlin. Le parti double ainsi son score par rapport aux législatives de 2021, marquant un tournant dans la politique allemande.

Pas d’alliance avec « l’extrême droite« 

Malgré le poids grandissant de l’AfD, Friedrich Merz a exclu toute coalition avec « l’extrême droite ». Le chef du camp conservateur, qui a de grandes chances de succéder à Olaf Scholz au poste de chancelier, a affirmé vouloir former un gouvernement “aussi vite que possible”. “Le monde extérieur ne nous attend pas et il n’attend pas non plus de longues négociations de coalition. Nous devons vite redevenir opérationnels pour faire ce qu’il faut sur le plan intérieur, pour redevenir présents en Europe”, a-t-il déclaré à Berlin.

Vers une Europe plus indépendante des États-Unis d’Amérique ?

Friedrich Merz a également insisté sur la nécessité pour l’Europe de “gagner progressivement son indépendance vis-à-vis des États-Unis”, critiquant un gouvernement américain “largement indifférent au sort de l’Europe”.

Lors d’un entretien avec ARD, il a plaidé pour une capacité de défense européenne autonome, qui pourrait à terme remplacer “l’Otan dans sa forme actuelle”. Une déclaration qui s’inscrit dans un débat plus large sur l’autonomie stratégique de l’Europe, alors que les tensions géopolitiques et les incertitudes sur l’engagement américain en Europe s’intensifient.

Avec ces résultats, l’Allemagne entre dans une nouvelle phase politique, marquée par un renforcement des conservateurs, une progression historique de « l’extrême droite » et des incertitudes sur la future coalition gouvernementale.

Didier Maréchal

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