Tsahal a publié, ce jeudi 27 février, une enquête interne sur l’attaque sans précédent du Hamas, qui a fait plus de 1 200 morts au sein de l’État hébreu le 7 octobre 2023. Cette enquête a mis en lumière plusieurs défaillances majeures dans la préparation et la réaction de l’armée israélienne, qui a été prise par surprise lors de cette attaque d’une ampleur et d’une violence exceptionnelle.
Un échec total pour l’armée israélienne
Le rapport d’enquête publié par Tsahal commence par une reconnaissance franche de l’échec de l’armée israélienne à protéger ses civils. Un responsable militaire a déclaré, sous couvert d’anonymat : « Le 7 octobre a été un échec total, l’armée israélienne n’a pas rempli sa mission de protection des civils israéliens. Trop de civils sont morts ce jour-là en se demandant où était l’armée israélienne. » Cette déclaration témoigne de la gravité de l’événement et de l’échec dans la gestion de la sécurité nationale ce jour-là.
Une attaque imprévue et brutale
L’enquête révèle que l’attaque du mouvement terroriste islamiste Hamas a été totalement imprévue, même par les services de renseignement israéliens. « Nous n’avions même pas imaginé un tel scénario », a expliqué le responsable militaire. La brutalité de l’attaque, ainsi que son ampleur et sa rapidité, ont pris les autorités israéliennes de court. En dépit des renseignements évoquant une attaque potentielle à grande échelle, Tsahal avait initialement jugé que le Hamas n’oserait pas lancer une offensive terrestre majeure. Les dirigeants militaires pensaient que le Hamas se limiterait à des tirs de roquettes, comme ce fut le cas lors du conflit de 2021.
La décision de l’attaque prise en 2022
L’enquête révèle également que le Hamas avait commencé à planifier l’attaque dès avril 2022, soit plus d’un an avant qu’elle n’ait lieu. Le rapport souligne que le mouvement islamiste était prêt à 85 % en septembre 2022, mais qu’il a décidé de temporiser avant de lancer l’offensive. Finalement, le Hamas a choisi la date du 7 octobre 2023 pour exécuter son plan.
Une offensive en trois vagues
L’attaque du Hamas a été menée en trois vagues successives, avec une infiltration massive d’une part importante de ses forces. Plus de 5 000 combattants ont pénétré en Israël ce jour-là. La première vague, composée de plus de 1 000 membres de l’unité d’élite Noukhba, s’est infiltrée sous le couvert d’un feu nourri. La deuxième vague a impliqué environ 2 000 combattants, tandis que la troisième vague a vu l’arrivée de centaines d’autres membres du Hamas, ainsi que de milliers de civils. Le rapport précise que les vagues successives ont permis au Hamas de surprendre les forces israéliennes et de causer des pertes considérables.
L’excès de confiance de l’armée israélienne
Un autre élément important mis en lumière par l’enquête est le manque de préparation de l’armée israélienne face à la réalité des capacités militaires du Hamas. Tsahal a reconnu un « excès de confiance » dans son évaluation de l’ennemi. Un responsable de l’enquête a indiqué que l’armée israélienne avait une connaissance insuffisante des capacités du Hamas et qu’elle avait sous-estimé sa capacité à organiser une attaque de grande envergure.
Une autre erreur importante a concerné la sous-estimation de l’importance des tunnels sous Gaza. Ces tunnels ont été utilisés par le Hamas pour stocker des armes et cacher des otages, ce qui a grandement facilité l’infiltration des forces du Hamas en territoire israélien. L’armée israélienne a reconnu qu’elle ne possédait pas une image précise de l’état de ces tunnels et des infrastructures souterraines du Hamas, ce qui a constitué une autre faille importante dans la stratégie de défense.
Conclusion et perspectives
L’enquête de Tsahal sur l’attaque du 7 octobre révèle plusieurs défaillances stratégiques et opérationnelles majeures. La surprise totale ressentie par les autorités israéliennes et la brutalité de l’attaque ont mis en lumière un manque de préparation face à un adversaire déterminé. En conclusion, l’armée israélienne semble avoir été victime de son propre excès de confiance, ce qui a permis au Hamas de mener une offensive sans précédent, causant de lourdes pertes humaines.
Cet échec pourrait conduire à des réformes importantes au sein de Tsahal, notamment en ce qui concerne l’évaluation des menaces et la gestion des renseignements. La question qui demeure est de savoir comment Israël pourra se préparer à de futures attaques potentielles et tirer les leçons d’un tel échec.
L’enquête sur l’attaque du 7 octobre a ainsi non seulement exposé les erreurs commises par Tsahal, mais elle a aussi mis en lumière les défis auxquels l’armée israélienne devra faire face pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise.
Didier Maréchal