Para-athlétisme : le Belge Maxime Carabin est accusé d’exagérer son handicap

Double médaillé d’or aux Jeux paralympiques de Paris 2024, le sprinteur belge Maxime Carabin est au cœur d’une controverse. Plusieurs adversaires et experts médicaux remettent en cause la légitimité de son handicap et demandent son exclusion des compétitions.

Maxime Carabin est-il un athlète hors normes ou un imposteur ? Cette question divise le monde du para-athlétisme depuis plusieurs mois. Le sprinteur belge de 24 ans, sacré champion paralympique sur 100m et 400m à Paris 2024, affirme souffrir d’une maladie rare depuis un accident de handball en 2019. Pourtant, plusieurs de ses adversaires et des rapports médicaux mettent en doute la gravité de son handicap, soulevant des interrogations sur son éligibilité dans la catégorie T52.

Des examens médicaux qui jettent le doute

La chaîne belge RTBF a mené une enquête sur le cas de Maxime Carabin. Elle a consulté un examen neurologique réalisé par l’athlète en septembre 2020, moins d’un an après son accident. Les conclusions des spécialistes sont sans appel : l’analyse ne présente aucune trace de lésion de la moelle épinière, suggérant que Carabin pourrait en théorie utiliser ses jambes normalement. D’autres rapports médicaux, rédigés peu après son accident, confirment cette absence d’anomalie neurologique.

Une classification contestée

En juin 2022, Maxime Carabin a obtenu son autorisation pour concourir en catégorie T52, réservée aux athlètes atteints de paralysie ou de tétraplégie. Pour justifier son statut, il a présenté un certificat médical indiquant qu’il souffre de la maladie d’Hirayama, une pathologie neurologique rare. Or, selon plusieurs spécialistes interrogés par la RTBF, cette maladie n’affecte que les membres supérieurs et ne peut en aucun cas provoquer une paralysie des jambes.

Fait troublant, les médecins chargés d’examiner Carabin lors de sa classification ne se seraient pas attardés sur ses jambes, se contentant d’observer ses membres supérieurs. Sa classification a été confirmée en Suisse en 2023 puis à Dubaï en 2024, malgré ces incertitudes.

Une réaction attendue des instances sportives

Face à ces soupçons, plusieurs adversaires de Carabin, originaires de Suisse, d’Autriche et de Lituanie, ont décidé d’intenter une action officielle pour demander sa disqualification. Selon eux, l’athlète belge aurait manipulé son évaluation médicale afin de compétitionner dans une catégorie inadaptée à son état réel.

Interrogé par les médias, Maxime Carabin assure que son handicap est bien réel et lié à une dégradation de sa moelle épinière. « C’est une maladie rare qui a fortement affecté mes membres supérieurs, et par effet de cascade, mes jambes. Je suis en fauteuil roulant comme une personne tétraplégique », déclare-t-il.

Clara Höser

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