Guerre à Gaza : « Nous allons utiliser tous les outils à notre disposition pour ramener tous les otages « – Israël arête sa fourniture d’électricité à la bande de Gaza

Après avoir interrompu l’acheminement de l’aide humanitaire, le gouvernement israélien a signé, ce dimanche 9 mars, “l’ordre d’arrêter immédiatement l’approvisionnement en électricité pour la bande de Gaza”. Le Hamas a dénoncé un “chantage inacceptable”. (Source : AFP)

À la veille de nouvelles négociations indirectes prévues au Qatar, Israël a intensifié la pression sur le mouvement terroriste Hamas, annonçant, ce 9 mars, qu’il cessait de fournir de l’électricité à Gaza.

Le ministre de l’Énergie, Eli Cohen, a signé « l’ordre d’arrêter immédiatement de fournir de l’électricité à la bande de Gaza », une semaine après le blocage de l’acheminement de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien assiégé. « Nous allons utiliser tous les outils à notre disposition pour ramener tous les otages et assurer que le Hamas ne soit plus à Gaza le jour d’après. »

Le mouvement terroriste islamique Hamas a dénoncé un « chantage inacceptable », condamnant « fermement la décision (d’Israël) de couper l’électricité à Gaza, après l’avoir privée de nourriture, médicaments et eau », selon un communiqué d’Izzat al-Rishq, membre du bureau politique du mouvement.

L’unique ligne électrique entre Israël et Gaza alimente la principale usine de dessalement d’eau du territoire, qui dessert plus de 600 000 personnes. Les Gazaouis dépendent principalement de panneaux solaires et générateurs à essence pour s’approvisionner en électricité.

Une délégation israélienne envoyée à Doha

Cette décision israélienne intervient alors que de nouvelles négociations indirectes sur les modalités de la poursuite du cessez-le-feu doivent s’engager au Qatar.

Après plusieurs réunions au Caire, une délégation du Hamas menée par Mohammed Darwish s’est rendue ce dimanche 9 mars, à Doha, a dit à l’AFP un responsable du mouvement terroriste palestinien. Israël a également annoncé l’envoi, aujourd’hui, lundi 10 mars, d’une délégation à Doha, à « l’invitation des médiateurs soutenus par les États-Unis », afin de « faire avancer les négociations ».

Frappe aérienne israélienne à Gaza

L’armée israélienne a mené, ce dimanche 9 mars, une frappe aérienne contre des terroristes palestiniens qui « tentaient de cacher un engin explosif » dans le nord de Gaza, selon elle, et un nombre indéterminé de terroristes ont été tués.

Arraché par les médiateurs – États-Unis d’Amérique, Qatar, Égypte – après des mois de négociations, l’accord de cessez-le-feu a fait taire les armes après 15 mois de guerre.

Ce dimanche, l’envoyé spécial états-unien pour les otages retenus à Gaza a évoqué un accord sur leur libération « dans les semaines à venir » et a qualifié de « très utiles » ses récentes discussions directes sans précédent avec le Hamas.

Les désaccords portent sur la suite du processus, le Hamas campant sur le passage à la deuxième phase qui prévoit, selon lui, aux termes de l’accord initial, un cessez-le-feu permanent, le retrait complet israélien de Gaza et la libération des otages enlevés le 7 octobre 2023 et encore retenus – 58, dont 34 morts selon l’armée israélienne. « Nous exhortons les médiateurs en Égypte et au Qatar ainsi que l’administration américaine à veiller à ce que l’occupant respecte l’accord, autorise l’entrée de l’aide humanitaire et procède à la deuxième phase », a déclaré à l’AFP le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

De son côté, Israël souhaite une extension de la première phase du cessez-le-feu jusqu’à la mi-avril. Il réclame la « démilitarisation totale » de Gaza, le départ du mouvement terroriste Hamas du territoire palestinien qu’il dirige depuis 2007 (après avoir exterminé les représentants du Fatah – parti de l’autorité palestinienne), et le retour des derniers otages avant la deuxième phase.

Invoquant le refus du Hamas de se plier à ces conditions, l’armée israélienne, qui contrôle les points de passage avec Gaza, a bloqué l’entrée de l’aide humanitaire vitale pour les quelque 2,4 millions d’habitants gazaouis.

Joseph Kouamé

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