Alors que des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas ont débuté à Doha (Qatar) ce mardi 11 mars 2025, l’avenir de la trêve instaurée depuis le 19 janvier de cette année reste incertain. Malgré ces discussions, les frappes israéliennes se poursuivent et la situation humanitaire à Gaza continue de se détériorer, aggravée par le blocage de l’aide humanitaire et la coupure de l’électricité opérées par Israël afin de faire pression pour récupérer les 58 otages restants.
Des négociations complexes sous médiation internationale
Les discussions sont menées par des médiateurs états-uniens, qatariens et égyptiens. Le Hamas espère voir émerger des “progrès tangibles”, comme l’a déclaré Abdel Rahmane Shadid, haut responsable du mouvement terroriste islamiste palestinien.
Cependant, Israël maintient une forte pression sur le Hamas, bloquant depuis dix jours l’entrée de l’aide humanitaire et cessant, depuis ce dimanche 9 mars, la fourniture d’électricité à la principale usine de dessalement d’eau, qui approvisionne au moins 600 000 personnes.
Malgré la trêve, l’armée israélienne poursuit ses frappes aériennes sur Gaza, causant au moins cinq morts ce mardi 11 mars, dont un, au moins, est un terroriste du Hamas tandis que les quatre autres sont indiqués comme tels par l’armée Israélienne (ce qui est fort probable au vu des profils).
“Un nouveau cycle de négociations a commencé, et nous espérons qu’il aboutira à des avancées vers la deuxième phase de l’accord”, a déclaré Abdel Rahmane Shadid. Il a toutefois dénoncé le soutien “illimité” des États-Unis d’Amérique à Israël, qu’il accuse de bloquer tout véritable processus de paix.
Une situation humanitaire critique en plein ramadan
La situation humanitaire à Gaza se dégrade rapidement. Le blocage des convois humanitaires a provoqué une hausse des prix des denrées alimentaires et une pénurie de médicaments. L’Égypte, l’Arabie saoudite, le Qatar et la Jordanie ont condamné ce même mardi la coupure de l’électricité et ont exhorté la communauté internationale à intervenir.
L’accord de trêve, conclu avec l’aide des EUA, du Qatar et de l’Égypte, avait permis un cessez-le-feu après 15 mois de guerre, déclenchée par le pogrom sanguinaire du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Désaccords majeurs sur la deuxième phase de la trêve
Lors de la première phase de la trêve, qui s’est achevée le 1er mars dernier, le Hamas a libéré 33 otages, dont 8 morts, tandis qu’Israël a relâché environ 1 800 détenus palestiniens, tous terroristes, selon les exigences du Hamas.
Les négociations actuelles visent à fixer les conditions de la seconde phase. Le Hamas exige :
• Un cessez-le-feu permanent
• Le retrait complet de l’armée israélienne de Gaza
• La libération des derniers otages
De son côté, Israël veut :
• Une extension de la première phase jusqu’à la mi-avril
• La démilitarisation totale de Gaza
• L’élimination du Hamas du pouvoir
Selon l’armée israélienne, 58 otages restent détenus à Gaza, dont 34 seraient morts.
Une trêve fragile et des violences persistantes
Si les combats terrestres ont cessé à Gaza, l’aviation israélienne continue de mener des frappes régulières.
Toujours ce mardi, quatre jeunes hommes d’une vingtaine d’années, dont deux frères, ont été tués à Gaza-ville, selon la Défense civile palestinienne. L’armée israélienne a confirmé avoir visé plusieurs individus considérés comme une menace pour ses troupes.
“Où est la trêve dont ils parlent ? Ils tuent nos jeunes et parlent d’une trêve !”, a déclaré Oumm Tariq Obaïd, une habitante de Gaza-ville, à l’hôpital Al-Ahli Arab, où les corps de membres de sa famille ont été transportés.
Une autre frappe israélienne a également tué un combattant du Hamas, qui utilisait des appareils de surveillance pour repérer les troupes israéliennes.
Pressions sur Netanyahu en Israël
En Israël, les proches des otages toujours détenus font pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour qu’il accélère leur libération.
Depuis samedi, plusieurs centaines de manifestants campent devant le ministère de la Défense à Tel-Aviv, exigeant une issue rapide aux négociations.
Alors que les tensions restent vives, le sort de la deuxième phase de la trêve dépendra des compromis que chaque camp acceptera de faire dans les prochains jours.
Didier Maréchal & Christian Estevez