Gaza : le Fatah appelle le Hamas à céder le pouvoir pour préserver «l’existence des Palestiniens»

Le porte-parole du Fatah (l’Autorité Palestinienne) à Gaza a demandé, ce samedi 22 mars, au mouvement terroriste Hamas de quitter le pouvoir, afin de préserver la « présence des Palestiniens » sur ce territoire à l’heure où Israël intensifie ses opérations militaires et ses menaces de déplacer la population et d’annexer des pans de la bande de Gaza si les otages restants aux mains du Hamas et des autres mouvements terroristes agissant à ses côtés, ne sont pas libérés. (Source : AFP)

«Le Hamas doit faire preuve de compassion pour Gaza, ses enfants, ses femmes et ses hommes. Nous mettons en garde contre des jours difficiles, rudes et pénibles pour les habitants de la bande de Gaza, » déclare Mounther al-Hayek, porte-parole du parti du président palestinien, Mahmoud Abbas, dans un message envoyé de Gaza à l’AFP.

Le mouvement terroriste islamiste Hamas a pris le pouvoir à Gaza en 2007 en chassant par les armes l’administration de l’Autorité palestinienne, dominée par le Fatah. Depuis lors, toutes les tentatives de réconciliation entre les deux formations ont échoué.

M. Hayek demande au « mouvement islamiste de quitter la scène gouvernementale et [de] prendre pleinement conscience que la bataille qui vient [s’il décide de rester au pouvoir] mènera à la fin de l’existence des Palestiniens à Gaza ».

M. Hayek dit ainsi tout haut ce que certains habitants de la bande de Gaza commencent à oser dire ouvertement, épuisés par les souffrances et les destructions causées par la guerre que mène Israël sur leur petit territoire assiégé en riposte à l’attaque sanguinaire du 7 octobre 2023 lancée par le Hamas.

Après plusieurs semaines de désaccord avec le Hamas sur la façon de poursuivre la trêve entrée en vigueur le 19 janvier de cette année, Israël, qui avait empêché l’arrivée de l’aide humanitaire à destination de Gaza le 2 mars, a rompu le cessez-le-feu mardi 18 mars en reprenant ses bombardements sur la bande de Gaza, avant de renvoyer des soldats au sol dans des zones évacuées pendant la trêve.

Alors que le mouvement terroriste Hamas continue d’exiger l’application de ce qu’il dit être les termes de l’accord de trêve initial conclu en janvier, Israël, dopé par le soutien des États-Unis d’Amérique de Donald Trump, répète qu’il n’en est pas question, durcit ses exigences et menace Gaza des feux de l’enfer si le Hamas ne libère pas la soixantaine d’otages qui y sont encore détenus.

Ces derniers jours, plusieurs ministres israéliens ont exigé à la fois le désarmement du Hamas et la démilitarisation totale de la bande de Gaza. Ils ont également menacé de déporter une partie ou l’ensemble des habitants du territoire et d’annexer des pans entiers de celui-ci.

Le Hamas accuse Washington de déformer la réalité

Le Hamas a accusé, ce samedi 22 mars, Washington, de déformer la réalité en affirmant que le mouvement terroriste islamiste palestinien avait choisi la guerre après la rupture de la trêve par Israël mardi dernier.

«L’affirmation selon laquelle « le Hamas a choisi la guerre plutôt que de libérer les otages » est une déformation des faits. La résistance palestinienne a proposé des initiatives claires pour un cessez-le-feu et un échange global de prisonniers,» affirme le mouvement dans un communiqué.

Mais le premier ministre israélien a rejeté ces initiatives et les a délibérément sabotées pour servir ses intérêts politiques, ajoute le Hamas en référence à des critiques formulées contre le chef du gouvernement au sein même de la population israélienne, notamment parmi les familles d’otages à Gaza.

Le gouvernement israélien soutient vouloir contraindre le Hamas à accepter de relâcher de nouveaux otages à ses conditions et que l’action militaire est indispensable pour obtenir la libération de la soixantaine de captifs morts ou vivants retenus à Gaza. Nombre de familles d’otages appellent au contraire à la poursuite du cessez-le-feu, la grande majorité des otages sortis vivants de Gaza l’ayant été à la faveur de périodes de trêve.

En réaction à la reprise des hostilités par Israël, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale états-unien, Brian Hugues, jugeait, mardi ,que «le Hamas aurait pu libérer les otages pour prolonger le cessez-le-feu, mais il a choisi le refus et la guerre.»

«Le Hamas porte l’entière responsabilité de la guerre et de la reprise des hostilités,» avait renchéri un porte-parole du département d’État états-unien.

Didier Maréchal

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