Les États-Unis d’Amérique déploient des armes face à l’Iran. A cette menace l’Iran envisage l’arme nucléaire et menace d’attaquer les bases aériennes états-uniennes

Les États-Unis d’Amérique ont considérablement renforcé leur dispositif militaire dans le Golfe face à l’Iran. Après avoir déployé plusieurs bombardiers furtifs B-2 sur l’île de Diego Garcia (atoll de l’archipel des Chagos, dans le territoire britannique de l’océan Indien), Washington a acheminé du matériel militaire vers la base aérienne d’Isa, à Bahreïn.

Selon l’analyste TheIntelFrog, « un mouvement important est en cours depuis la base aérienne d’Osan, en Corée du Sud, vers Isa ». Il affirme qu’au moins 13 avions de transport militaire C-17A Globemaster III ont atterri à Osan ces trois derniers jours, et que plusieurs d’entre eux ont déjà atteint leur destination à Bahreïn. Ces avions, capables de transporter jusqu’à 77 tonnes de matériel, pourraient avoir livré des systèmes de défense antiaérienne « Patriot », renforçant ainsi les capacités de défense des bases états-uniennes dans la région.

Ce déploiement massif s’inscrit dans un climat de tensions extrêmes, marqué par les récentes déclarations de Donald Trump. Dans une interview accordée à NBC, le président des États-Unis d’Amérique a averti que « si l’Iran ne signe pas d’accord pour encadrer son programme nucléaire, il y aura des bombardements ».

Téhéran riposte : menace sur les bases états-uniennes et mise en garde nucléaire

Les propos de Trump ont provoqué une réaction immédiate du régime iranien. L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a promis une «riposte ferme » en cas d’attaque des États-Unis d’Amérique. « Ils menacent de faire des dégâts (…), s’ils passent à l’action, il y aura assurément une réponse ferme », a-t-il déclaré ce lundi 31 mars.

Le général Amir Ali Hajizadeh, commandant de la Force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, a averti que les bases militaires états-uniennes situées autour de l’Iran seraient des cibles prioritaires en cas de conflit. « Les États-Unis ont au moins 10 bases dans la région, avec plus de 50 000 soldats. Quelqu’un qui vit dans une maison de verre ne devrait pas jeter de pierres », a-t-il lancé à la télévision d’État iranienne. Parmi ces installations, la base d’Al-Udeid au Qatar, où stationnent près de 10 000 soldats états-uniens, et la base aérienne d’Isa à Bahreïn, récemment renforcée, sont particulièrement vulnérables.

Par ailleurs, la question nucléaire prend une nouvelle tournure. Ali Larijani, proche conseiller d’Ali Khamenei, a déclaré que si l’Iran était attaqué, il « n’aurait d’autre choix que de se doter de l’arme nucléaire ». Jusqu’à présent, Téhéran a toujours affirmé que son programme nucléaire était exclusivement civil. Mais les menaces de Trump semblent pousser la République islamique à revoir sa position. « Lorsque vous mettez un pays sous pression et que vous le menacez, il cherchera à se défendre par tous les moyens. Si l’Iran est attaqué, son peuple demandera naturellement à obtenir l’arme nucléaire pour sa sécurité », a-t-il prévenu.

Une escalade préoccupante pour la communauté internationale

L’ambassadeur iranien à l’ONU, Amir Saeid Iravani, a dénoncé les «provocations bellicistes » des États-Unis d’Amérique dans une lettre adressée au Conseil de sécurité. Il a averti que l’Iran « répondra rapidement et de manière décisive à tout acte d’agression » et a accusé Washington de « porter l’entière responsabilité des conséquences d’un éventuel conflit ».

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump maintient une politique de «pression maximale » contre l’Iran. En plus des sanctions économiques, il a intensifié les frappes contre les Houthis au Yémen, alliés de Téhéran, et promis de durcir encore sa position dans les prochains mois.

Face à cette montée des tensions, les diplomaties européennes et chinoises tentent de relancer le dialogue pour éviter une confrontation militaire qui pourrait embraser tout le Moyen-Orient. Mais avec un Iran menaçant de riposter et un président états-unien prêt à l’affrontement, l’équilibre régional est plus fragile que jamais.

Une méthode de menaces qui explique les comportements de la Russie et de la Corée du Nord

S’il est évident qu’un affrontement est a évité, sa mise en place a au moins le mérite d’être une démonstration par l’exemple du pourquoi aussi bien la Russie a toujours mis comme ligne rouge l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN (ce qui ferait, de fait, de l’Ukraine, un territoire militaire rempli de bases états-uniennes, mais également des autres pays européens de l’idéologie atlantiste, qui, depuis plus d’un siècle, cherchent à démonter la Russie, quelque soit sa forme géographique et politique, et qui pourraient menacer concrètement la sécurité de la Fédération de Russie en mettant Moscou à seulement cinq minutes d’un tir de missile nucléaire occidental – ce qui est trop peu pour pouvoir le détruire avant qu’il ne touche sa cible – au lieu de dix minutes à l’heure actuelle, avec les presque 80 missiles nucléaires encore présents en Turquie.

Mais cela permet d’expliquer, également, l’attitude de la Corée du Nord, depuis des décennies, et sa course à l’armement, particulièrement atomique, puisque des bases états-Uniennes pullulent en Corée du Sud, mais également au japon, et que les armées des trois pays en question sont alliés et pratiquent, depuis la fin des années 1960, des « exercices militaires » à proximité des frontières Nord Coréennes, et tandis que les EUA ont toujours menacé la Corée du Nord de la « vitrifier » (c’est à dire, de la bombarder à un point où la terre se vitrifierait, serait totalement dévastée.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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