Droits de douanes : comment l’Afrique du Sud veut-elle limiter leurs conséquences

Alors que les marchés sont pour la plupart en chute ce 7 avril 2025 face à l’inflexibilité du président états-unien, Donald Trump, sur les droits de taxe qu’il a imposé au reste du monde. Le locataire de la maison blanche reproche aux partenaires économiques de son pays de les « piller ». La mesure passe mal auprès de plusieurs pays qui promettent une réplique. A côté, d’autres – à l’exemple de l’Afrique du Sud -, essaient de s’organiser pour réduire les effets de ces mesures, elle qui fait depuis peu face à une certaine animosité de l’administration Trump.

L’économie du monde est toujours sous le choc des décisions des ÉtatsUnis d’Amérique d’imposer des taxes massives à l’importation à l’ensemble de ses partenaires. Dans le contient africain, l’Afrique du Sud fait partie des pays les plus touchés par ces mesures avec 31% de taxes sur les produits sud africains, 25 % pour le secteur automobile.

« Discuter de leurs intérêts et « s’ouvrir à d’autres partenaires commerciaux » .

D’une seule voix, les ministères sud africain des relations internationales et du commerce ont évoqué des voies de sortie à ces mesures. Il s’agit, de négocier des accords avec les États-Unis d’Amérique, mais aussi d’accentuer les relations commerciales avec d’autres partenaires, notamment dans le continent européen ou encore de s’ouvrir à des nouveaux marchés comme par exemple l’Asie.

Les nouvelles taxes états-uniennes annulent de fait les préférences tarifaires de la loi sur la croissance et les possibilités économiques de l’Afrique pour différents secteurs. Cet accord vieux de 20 ans permettait par exemple à l’Afrique du Sud d’exporter les voitures ou des produits alimentaires sans droits de douanes. Le gouvernement de Cyril Ramaphosa veut donc faire un lobbying pour que cette loi soit renouvelée.

Au cours de sa sortie avec son collègue des relations internationales, Parks Tau, le ministre du Commerce et de l’industrie a souligné que « les états-uniens ont confirmé que le sommet de l’Agoa serait maintenu cette année. Nous allons devoir négocier en prenant compte de l’approche états-unienne qui ne veut plus d’accords qui ne favorisent qu’une seule partie », a-t-il expliqué.

Par ailleurs « comme nous sommes évidemment convaincus que la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique a aussi un intérêt pour eux, l’enjeu sera de leur démontrer. Nous devons vraiment nous adresser aux états-uniens en discutant de leurs propres intérêts» a ajouté Monsieur Parks Tau. Pour autant, les mesures de l’administration Trump semblent avoir sonner le glas de cet accord commercial . Le pays doit penser à d’autres voies et s’inscrire dans une nouvelle perspective. La Chine constitue, à cet effet, un excellent palliatif. «On regarde des nouveaux marchés au Moyen-Orient et en Asie, là ou nous n’avons pas d’accès privilégiés. Il y’a des discussions en cours avec des fabricants chinois pour qu’ils s’implantent chez nous », a indiqué la directrice adjointe du département du commerce, Xolelwa Mlumbi- Peter.

L’Afrique du Sud particulièrement visée : des précédents avec l’administration Trump existent

Premier exportateur africain vers les États-Unis d’Amérique avec près de 15 milliards de dollars de ventes annuelles, l’Afrique du Sud est le pays africain le plus touché par les nouvelles mesures douanières de Donald Trump.

Des précédents entre les deux pays existent et Trump ne cache pas son animosité vis-à-vis du gouvernement de Pretoria. En février dernier,
il avait accusé l’Afrique du Sud de traiter « très mal certaines catégories de personnes ». Le président des États-Unis d’Amérique faisait
référence à la loi sur l’expropriation, soit la privation d’une propriété à son propriétaire foncier, contre son grès. Cette loi veut réparer les torts de l’apartheid en réattribuant certaines terres sans compensation, qui sont inutilisées ou laissées à l’abandon. Toute une frange des propriétaires fonciers blancs ont contesté la
décision du gouvernement. Trump leur a emboîté le pas en dénonçant de confiscation des terres comme au Zimbabwe.

En effet l’ancien président Robert Mugabe avait conduit une réforme agraire sur fond de
violence dans les années 2000. La mesure qui ayant exacerbé les tensions raciales s’était soldé par un échec. Pretoria, en réaction aux accusations de Trump, avait assuré qu’il s’agit
d’une « procédure légale qui garantit l’accès à la terre d’une manière juste et équitable, conformément à la constitution ».

Pas suffisant pour rassurer le président républicain qui, début février, annonçait la création d’un statut de réfugié pour cette minorité dont la partie nationaliste fut
l’architecte de l’apartheid.

Plus d’un mois après, les autorités sont passées à la première étape annoncée par Trump en déployant « des équipes pour convertir les bureaux commerciaux à Pretoria, la capitale de l’Afrique du Sud, en « centre de réfugiés adhoc » selon des documents consultés par le « New York Times ». « Mission South Africa » (en français « Mission Afrique du Sud »), toujours selon la même source, est le nom de ce programme élaboré par l’administration états-unienne dans le but d’accélérer l’accueil de « réfugiés» sud- africains issus de la minorité blanche afrikaner et « victimes de discriminations raciales injustes», selon le département d’État états-unien.

Le Président des EUA s’en prend aussi à l’Afrique du Sud pour son rôle dans la guerre entre Israël et le mouvement terroriste Hamas. Au cours des mois passés, elle s’est activée pour qualifier la guerre de Gaza de « génocide » et a saisi la Cour Pénale internationale (CPI) contre Israël.

Un déploiement pas du tout au goût de Donald Trump, indéfectible soutien du gouvernement hébreux et son premier ministre, Benjamin Netanyahou. Le vendredi 7 février, le président états-uniens a signé un décret exécutif visant à réduire l’aide financière à l’Afrique du Sud. Ce décret gèle toute aide ou assistance à l’Afrique du Sud, impactant des programmes pour la santé, la recherche ou le développement agricole.

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